Par Cécile de Ménibus et Philippe David avec Philippe Moreau Chevrolet
Abrogation du délit d'apologie du terrorisme souhaitée par LFI : est-ce une course à la provocation ?
Les condamnations pleuvent de gauche à droite après la proposition LFI d’abroger le délit d’apologie du terrorisme. Le député LFI du Nord, Ugo Bernalicis, dénonce une "instrumentalisation politique" de ce délit créé en 2014. Il propose de revenir à la loi qui s’appliquait avant, celle de 1881. On en parle avec Philippe Moreau Chevrolet, consultant en communication politique !
Retranscription des premières minutes du podcast :
- Les vraies voix Sud Radio, le coup de projecteur des vraies voix.
- Les Insoumis ont donc soulevé une polémique avec une proposition de loi déposée à l'Assemblée Nationale qui vise à abroger la loi de 2014 sur l'apologie du terrorisme, proposition déposée mardi.
- Comment justifie-t-il cette proposition de loi ? Alors il cite plusieurs exemples des gens qui notamment défendent la cause palestinienne.
- Le cas le plus emblématique c'est celui de Mathilde Pannot.
- Dans quelle démocratie une présidente de groupe parlementaire d'opposition est-elle convoquée devant la police pour répondre de ses opinions politiques ? Et de Rima Hassan, l'eurodéputée insoumise, qui ont été entendues dans le cadre d'enquêtes pour apologie du terrorisme.
- Ça n'a rien à voir avec nos intérêts personnels, ça a un rapport avec la défense de l'état de droit.
- Et les condamnations pleuvent de gauche à droite après la proposition LFI d'abroger le délit d'apologie de terrorisme.
- Le député.
- LFI du Nord, Hugo Bernalicis, dénonce donc une instrumentalisation politique de ce délit créé en 2014.
- Il propose de revenir à la loi qui s'appliquait avant, celle de 1881.
- Alors parlons vrai, est-ce que cette politique du clash systématique est calculée ? Est-ce qu'elle peut porter ses fruits dans les urnes ? Et à cette question, abrogation du délit d'apologie du terrorisme, est-ce une course à la provocation ? Vous dites oui à 85%, vous voulez réagir ? On attend vos appels au 0826 300 300.
- Et Philippe Moreau-Chevrolet.
- Nous consultons en communication politique, professeur à Sciences Po et senior partner chez Iconic.
- Merci d'avoir accepté notre invitation.
- Est-ce que c'est une proposition, Philippe Bilger, qui vous ulcère ? Je la trouve absurde.
- Alors, j'ai bien compris que le député Bernalicis, qui n'est pas le plus chaud à LFI, et Mathilde Panot ont cherché à rattraper le coup en disant qu'ils voulaient simplement sortir l'infraction du droit ordinaire pour la mettre dans le droit de la personne.
- C'est-à-dire que le député Bernalicis, qui n'est pas le plus chaud à LFI, mais il me semble que c'est un sophisme.
- En réalité, autant je conçois qu'on puisse discuter parfois judiciairement le délit d'apologie terrorisme, parce que parfois, il paraît constitué et il ne l'est pas.
- Autant je trouve très dangereuse cette attitude en ces temps troublés de laisser croire qu'il ne peut pas y avoir un départ, entre un verbe critique, même vigoureux, et une apologie de terrorisme.
- Je vois derrière tout cela une volonté perverse de la part de LFI pour tenter de démontrer que l'outrance, en réalité, peut avoir droit de citer.
- François Zewa.
- En réalité, c'est une stratégie qui est extrêmement classique.
- Moi, j'ai connu ça vraiment avec Beppi Grillo en Italie.
- C'est-à-dire, on fait la montée aux extrêmes.
- C'est-à-dire que, d'ailleurs, c'était très...
- Très évident quand...
- Il organisait même des soirées Vafanculo, ce qui veut vraiment tout dire.
- Beppi Grillo, c'était l'ultrache.
- Bien sûr, c'était pire que ça, parce qu'il mélangeait tout.
- Le complotisme, enfin...
- Ce que je veux dire par là, c'est qu'on...
Transcription générée par IA