Par Benjamin Glaise avec Dr. Jérôme Marty
Grève des médecins : "un mouvement historique par son ampleur et sa durée"
Une mobilisation "jamais vue" : les médecins libéraux sont appelés à faire grève dès ce lundi et pour dix jours
Retranscription des premières minutes :
- « Le petit matin Sud Radio, 5h-7h, Benjamin Gleize. » « 6h40 Sud Radio, la vie en vrai. Attention, si vous aviez un rendez-vous médical aujourd'hui, les médecins de ville et les cliniques privées sont en grève à partir d'aujourd'hui.
- Le mouvement s'annonce particulièrement suivi, il devrait durer au moins jusqu'au 15 janvier.
- Bonjour docteur Jérôme Marty. » « Bonjour. » « Médecin généraliste, président de l'Union française pour une médecine libre.
- Un grand merci d'être avec nous ce matin sur Sud Radio.
- Alors vous-même, vous avez décidé de fermer votre cabinet médical pour les dix prochains jours.
- Vous confirmez la grève, elle sera massivement suivie partout en France, docteur ? » « Elle va être massivement suivie, elle est historique, elle est historique en plusieurs titres.
- Elle est historique parce que c'est toutes les composantes de la médecine libérale qui débutent ce mouvement de grève aujourd'hui.
- Les externes, les étudiants de médecine, les internes, les chefs de clinique, les médecins seniors, les médecins retraités actifs, les cliniques privées, et ça dans tout secteur d'activité, en médecine de ville ou en clinique. » « On parle de 80 à 85% des praticiens qui sont prêts à prendre part à cette mobilisation, à cette grève.
- Mouvement inédit, historique, vous l'avez dit, docteur Jérôme Marty.
- Contre quelles mesures vous avez décidé de vous mobiliser ? » « Contre énormément de mesures, en fait.
- Contre la loi de finances de la Sécurité sociale, qui a été construite absolument sans nous et sans les alertes que nous avons lancées, et une loi de finances qui s'attaque au fondement même de la médecine, puisqu'elle s'attaque à la fois à l'indépendance professionnelle, à la liberté de prescription, au secret médical, à la liberté d'installation, enfin toutes choses qui font que, sans celle-ci, la médecine libérale n'existe plus.
- Donc vous comprenez aisément que nous ne pouvons pas accepter cela. » « Concrètement, ça veut dire quoi quand on dit que ce projet de loi de finances, cette loi de finances de la Sécurité sociale qui a été adoptée, elle met en péril votre liberté d'exercice ? Concrètement, ça veut dire quoi ? » « Je vous donne quelques exemples.
- Par exemple, sur les arrêts de travail, vous savez que les parlementaires ont décidé de, limiter les arrêts de travail, la durée des arrêts de travail, ce qui veut dire que ce sont des non-médecins qui décident de la pratique des médecins, ce n'est pas la moindre des violences faites à la médecine.
- Vous savez que les médecins qui vont sortir des algorithmes de l'assurance maladie vont se retrouver obligés de faire 20 à 30% d'arrêts de travail en moins.
- Qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire que si c'est votre médecin traitant qui est touché et que vous êtes du mauvais côté des algorithmes, du mauvais côté des cotants, en quelque sorte, le médecin vous dira « Désolé monsieur, je ne vais pas vous faire votre arrêt de travail. » Et vous allez lui dire « Mais qu'est-ce que ça veut dire ? » « Qu'est-ce que je fais docteur ? » « Il vous faut trouver un autre médecin. » « Ah oui, mais il n'y a pas d'autre médecin. » « Vous n'aurez pas votre arrêt de travail. » Ce qui veut dire que les parlementaires ont décidé de priver d'un traitement, parce qu'un arrêt de travail c'est un traitement, des Français partout sur le territoire.
- Autre exemple, vous savez que ce projet de loi donne un pouvoir discrétionnaire au directeur de l'assurance maladie qui peut tout seul décider de la modulation des tarifs des médecins et donc mettre en péril un certain nombre de cabinets, faire fermer un certain nombre de cabinets.
- Or vous savez les difficultés qu'ont les Français à trouver des médecins.
- On ne peut pas accepter tout ça.
- Alors sur ce dernier point, la ministre de la Santé, Stéphanie Harris, a dit qu'elle souhaitait renouer le dialogue et elle annonçait l'ouverture d'un chantier sur les modes de rémunération.
- Ça c'est de nature à vous rassurer, non ? Non, mais les modes de rémunération, on est payé à l'acte et on entend garder le paiement à l'acte.
- Les...
Transcription générée par IA