Par Benjamin Glaise avec Serge Deschamps
Cet éleveur de vaches démarre une grève de la faim pour dénoncer la décision d’abattre son troupeau touché par la tuberculose
Serge Deschamps, éleveur de vaches à Eyzerac, a démarré une grève de la faim pour dénoncer la décision de faire abattre son troupeau
Retranscription des premières minutes :
- « Le Petit Matin Sud Radio, 5h-7h, Benjamin Gleize. » « Il est 6h40, Sud Radio, la vie en vrai. Ce matin, je reçois un agriculteur qui a quasiment tout perdu, Serge Deschamps. Bonjour. » « Bonjour. » « Et merci d'être avec nous ce matin. Vous êtes éleveur bovin d'Ordogne, à Esrac. Vous avez dû faire abattre la moitié de votre troupeau à cause de 3 cas de tuberculose.
- Vous dénoncez une injustice ce matin sur Sud Radio. Pourquoi dénoncez-vous une injustice, Serge Deschamps ? » « Alors, tout d'abord, c'est que les tests ne sont pas vraiment fiables déjà. Et surtout, je trouve injuste de s'attaquer à des troupeaux qui respectent une biodiversité, puisque je suis en production en vaches allaitantes.
- C'est une conduite biologique. Donc, je trouve que c'est une mascarade. » « Est-ce que pour vous, vos vaches n'avaient pas la tuberculose ? » « Pas vraiment, parce qu'il y a des soucis avec les... Il y a des incohérences entre l'abattoir qui a abattu les vaches et les services sanitaires dans la région.
- En fait, ça se passe sur deux régions différentes. C'est le Limousin et la Dordogne.
- Donc, voilà. Et j'ai eu des soucis avec les dires de l'abattoir de Limoges qui disaient que les dernières vaches qui avaient été tuées sur les 18, où ils ont trouvé soi-disant des lésions, alors qu'à l'abattoir, ils ont simplement dit que c'était une simple infiltration séreuse du tissu conjonctif avec des lésions, mais sans rapport avec la tuberculose.
- Donc, dans la journée même, je reçois un appel téléphonique de la DDE-TSPP de Périgueux qui me dit qu'il y a des lésions fortement excrétrices de tuberculose.
- « Et vous avez dû faire abattre la moitié de votre cheptel ? Pourquoi pas l'intégralité dans ce cas-là, s'il y avait ce risque de contagion avéré ? » « Alors, parce que j'ai demandé de faire l'abattage sélectif.
- C'est toujours de trop, puisque vous m'avez abattu à l'époque, en novembre dernier, toutes les principales mères, les meilleures reproductrices.
- C'est les plus vieilles, de 12 ans en descendant jusqu'à un homme.
- Et après, on a recommencé l'abattage des autres bêtes à leur demande.
- Donc, là, il y a eu...
- Il y a eu une intervention musclée, le 23 mai dernier, où ils ont tenté, donc, d'enlever le reste de mon troupeau.
- « Les gendarmes qui sont venus chez vous, c'est ça ? » « Oui, c'est ça. Il y a eu, au départ, près d'une trentaine de gendarmes avec les services sanitaires, le sous-préfet de Nantron.
- Il y avait aussi le maire, mais juste de passage.
- Et voilà.
- J'imagine que ça a été d'une violence inouïe, quoi, pour vous.
- Oui, parce qu'en fait, on se croirait dans un film de science-fiction.
- Et surtout, on a tendance à être pris pour un terroriste.
- Parce que c'est inimaginable, dans le monde agricole, de voir une telle intervention.
- Surtout qu'on en souffre, déjà. Alors, pourquoi une telle intervention ? Serge Deschamps, vous avez entamé une grève de la faim ? Oui, tout à fait.
- Parce qu'à la suite de ça, il y a eu une nouvelle intervention, le 5 juin dernier, où ils sont intervenus avec beaucoup plus de moyens.
- Et il y a une vade qui s'est installée dans mon terrain, sachant qu'ils allaient revenir.
- Des gens se sont investis dans mon terrain pour protéger mes vaches, ce qu'ils trouvent intolérable.
- De s'en prendre à des vaches saines, quoi.
- Que demandez-vous aujourd'hui, Serge Deschamps ? Qu'on vous laisse tranquille ? Oui, tout à fait. Déjà, j'ai demandé à ce qu'on me rende les vaches qui ont été enlevées.
- Donc, 13 bêtes qui m'ont été enlevées le 5 juin dernier.
- Donc, je suis allé devant l'abattoir de Limoges pour entamer une grève de la faim.
- En leur demandant à ce qu'on me rende mes vaches.
- Et surtout, de me laisser les vaches que j'ai encore en possession.
- J'ai 14 bêtes avec les veaux.
- Aujourd'hui, il ne me reste que 14 bêtes.
- Serge Deschamps, merci d'avoir été avec nous ce matin sur Sud Radio.
- Je rappelle, vous êtes éleveur bovin à Esraq.
- C'est en Dordogne.
- C'était important de vous entendre ce matin sur...
Transcription générée par IA