Retranscription des premières minutes :
- Sud Radio, ça va mieux en le disant, Jean Dorido.
- Bonjour Jean.
- Bonjour Jean-François, bonjour à tous.
- Docteur en psychologie, créateur du site hypnoseparis.com.
- Jean, ce samedi, des lycéens, donc des organisations syndicales, vous avez entendu Christine Bouillaud sur le terrain, des étudiants qui envisagent une convergence des luttes, convergence des luttes.
- Quelles sont pour la psychologie les conditions nécessaires pour faire cause commune ? Alors, du point de vue de la psychologie, Jean-François, le fait de partager une même colère, c'est un très bon point de départ pour réunir.
- Et c'est un fait, l'exécutif atteint ces derniers temps un niveau record d'impopularité.
- Écoutez typiquement vos confrères de 20 minutes à propos de la cote de popularité de notre président le 29 septembre.
- Résultat, avec seulement 18% des sondés qui considèrent qu'il est un bon président, sa popularité a atteint son plus bas historique.
- Son plus bas historique, fin septembre, et depuis, Jean-François, le baromètre Ipsos BVA, publié le 10 octobre par vos confrères de la tribune, annonce un président à seulement 15% d'opinion favorable, 82% d'avis négatifs.
- Ça continue de dégringoler.
- Alors oui, l'hypothèse d'une colère qui pourrait rassembler largement des Françaises et des Français qui en ont assez et qui veulent coûte que coûte se faire entendre, semble tout à fait réaliste.
- Et pourtant, Jean-François, pourtant, rien n'est moins sûr.
- Alors pourquoi, Jean, la colère partagée ne suffit pas à rassembler ? Eh bien, ça ne suffit pas parce que la psychologie nous apprend que pour qu'une action collective soit possible, il faut qu'il existe un sentiment de proximité entre les potentiels manifestants.
- Ce sont les travaux du psychologue Henri Tachefel qui montrent que seul un groupe social constitué peut agir collectivement de façon cohérente.
- Or, la condition sine qua non à la naissance d'un groupe, c'est le sentiment d'appartenance à un groupe qui peut se concrétiser soit à travers un statut social, c'est le cas par exemple des lycéens ou des étudiants, à travers une organisation syndicale, en l'occurrence aujourd'hui la CGT, à travers une profession, les taxis, les agriculteurs.
- Ou encore, à travers un symbole unificateur, en l'espèce le fameux gilet jaune.
- Eh oui ! Alors, effectivement, chacun de ces petits groupes peut engendrer une action collective de son côté.
- En revanche, pour qu'une convergence se manifeste, il faudrait que se constitue une espèce de supra-groupe, un groupe de groupes en quelque sorte.
- Et ça, ça n'est pas gagné, même au sein d'un seul et tout petit même groupe social, le plus élémentaire de tous, en l'occurrence la famille.
- La communication est parfois très difficile.
- Écoutez typiquement ceci.
- Madame, j'ai plus de chaussettes dans mon tiroir.
- Vous n'avez même plus le temps de me faire hésiter maison, ni de me faire un bouffet.
- Ça vous est bien égal de savoir si je suis heureuse ou malheureuse ? Mais qu'est-ce qu'elle a ? 13 ans.
- Oui, Vic, Sophie Marceau, la boum de Claude Pinotto, ça ne nous rajeunit pas.
- Non.
- Jean, si même au sein de la famille, on peine à se comprendre, comment des groupes aussi différents peuvent-ils converger ? Eh bien, il est nécessaire, Jean-François, de réussir à définir une cause commune.
- Parce que la poursuite d'un même objectif peut suffire à rassembler.
- Cela peut être possible.
- Par exemple, vivre dignement de son travail ou encore protester contre la vie chère.
- Encore reste-t-il à bien définir tous ces termes.
- Et puis, autre point essentiel, ces rassemblements doivent réussir à s'entendre sur les moyens.
- Parce que si certains viennent manifester pacifiquement, tandis que d'autres ne croient qu'en la violence, le rassemblement risque alors de se fracturer.
- D'où l'importance majeure d'un encadrement suffisamment fort, capable d'assurer la non-violence.
- Car sur ce point, Jean-François, la psychologie est formelle.
- Plus un mouvement revendicatif est violent, moins il est soutenu par l'opinion publique.
- Croisons donc les doigts, tout et tous, ce matin, pour que tout se passe aujourd'hui dans la paix.
- Allez, give peace a chance, donnez une chance à la paix.
- John Lennon, 1969, merci Jean Dorido.
- Je rappelle votre livre, Pratiquer l'auto-hypnose au quotidien, chez Interédition.
- Nous vous retrouvons la semaine prochaine, Jean Dorido.
- Avec joie, Jean-François.
- Allez, Mathias Léridon, tout de suite.
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Transcription générée par IA