Retranscription des premières minutes :
- 14h-16h, Brigitte Lahaye, Sud Radio.
- Frères et sœurs ou encore entre belles familles.
- Et puis, c'est peut-être là où c'est le plus compliqué, c'est lorsqu'il s'agit de familles recomposées.
- On va parler de tout ça avec Hélène Vecchiali, qui est mon invitée aujourd'hui.
- Et elle pourra vous aider à mieux comprendre ce qui se joue si vous êtes en difficulté envers un membre de votre famille.
- Alors que faire ? Est-ce qu'il faut systématiquement couper définitivement les ponts ? Ou au contraire, tenter une réconciliation ? Parce que rompre...
- Avec un membre de sa famille, c'est toujours quelque chose de douloureux, qui laisse des traces.
- Et on va parler de tout ça ensemble.
- Donc, quel que soit le sujet ou la personne de votre famille, et vous avez envie d'en parler, vous avez envie de témoigner, vous pouvez nous appeler au 0 826 300 300.
- Merci d'être avec nous, Hélène Vecchiali.
- C'est un vaste sujet qu'on aborde aujourd'hui.
- Merci Brigitte pour cette invitation.
- Oui, c'est un vaste sujet.
- Et quand vous me l'avez proposé, j'ai tout de suite pensé, à une patiente que j'avais eue en psychanalyse il y a de nombreuses années, une femme qui avait une soixantaine d'années, et qui était mariée avec trois enfants, trois enfants qui avaient bien plus de 30 ans.
- Et cette patiente venait parce qu'elle n'allait pas bien, elle se sentait dépressive, enfin voilà.
- Mais elle n'arrivait pas à trop me parler, elle était un petit peu mutique.
- Et donc, pour relancer la conversation, à un moment, je lui dis, parlez-moi de votre famille.
- Et là, cette femme me dit, mon papa était directeur de banque et ma maman était femme au foyer.
- Et je suis restée en arrêt un petit moment en me disant, ben oui, ma question était tout à fait innocente, mais là, j'avais une explication à sa façon dont elle vivait sa vie à 60 ans.
- Elle était toujours la petite fille de son papa et la petite fille de sa maman.
- Donc, on voit bien combien la famille, la famille d'origine est présente, parfois même pesante, dans la vie d'un adulte.
- Et par la suite, grâce à cette expérience, j'ai posé régulièrement ces questions à des patients.
- Cette fois, ce n'était plus du tout innocent, c'était orienté pour savoir si ces patients et patientes s'étaient émancipés de leur famille d'origine ou s'ils étaient encore dans un rôle d'enfant par rapport à leur père, à leur mère, que ce soit leur âge.
- Alors, j'ai eu envie d'aborder ce sujet parce qu'il y a deux moments où on est à nouveau confronté à sa famille.
- C'est évidemment la période de fin d'année et notamment de Noël, surtout dans la culture judéo-chrétienne.
- Et puis, il y a les vacances, parce que c'est souvent pendant les vacances qu'on se sent plus ou moins obligé ou qu'on est heureux de retrouver sa famille, éventuellement, parfois la belle famille.
- Et ça se passe bien.
- Ça se passe parfois très, très bien.
- Et puis, parfois, ça ne se passe pas très bien, quoi.
- Oui, c'est difficile parce que lorsqu'on est adulte, donc si je reprends l'exemple que j'ai donné tout à l'heure, lorsqu'on est adulte, eh bien, son conflit avec son père ou sa mère ou son frère et sa sœur est la plupart du temps un conflit avec le père ou la mère qu'on a eu enfant, le frère et la sœur qu'on a eu enfant.
- Ce n'est pas du tout un conflit d'adulte entre adultes.
- C'est un conflit de petits garçons ou de petites filles qui réclament encore quelque chose ou qui a souffert de quelque chose et qui attend réparation.
- Et sauf que cette réparation, elle ne viendra jamais ou exceptionnellement.
- Il arrive qu'il y ait des parents qui soient capables de se remettre en question et de réaliser qu'ils n'ont pas été parfaits et qu'ils vont s'excuser.
- Et là, tout va bien.
- Mais très souvent, les parents sont drapés dans leur dignité de parents et dans leur respectabilité, voire un peu d'orgueil et n'ont pas du tout envie d'être confrontés.
- Et là, il y a un malentendu.
- Il y a une confusion des places parce que l'adulte qui se...
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