Retranscription des premières minutes :
- Sud Radio, l'invité politique, Jacques Cardoze.
- Au cours de cette matinée spéciale, et d'ailleurs, c'est une antenne spéciale que l'on vous propose depuis les événements et depuis samedi, nous sommes ce matin avec le porte-parole du ministère de la Justice, Sacha Stropkan. Bonjour.
- Bonjour. Merci d'avoir accepté notre invitation dans ce studio.
- On a besoin d'y voir clair sur les chiffres à la suite de l'intervention du ministre de la Justice, Gérald Darmanin, hier.
- D'abord, les premières comparutions immédiates ont eu lieu ce lundi au tribunal judiciaire. Quel est le bilan ? Alors effectivement, vous avez eu une première vague lundi. L'immense majorité des dossiers vont être jugés aujourd'hui et demain, puisque le temps de la garde à vue fait que la plupart des gardes à vue se sont terminées hier soir ou se termineront aujourd'hui dans la journée.
- En gros, vous avez 2 500 gardes à vue depuis samedi qui sont gérées par la police et par la justice.
- Et vous avez ce matin environ 123 personnes déjà qui dorment en prison pour les faits qu'ils ont commis, soit samedi, soit dans la journée de dimanche.
- Donc vous avez une partie, c'est de la détention provisoire, c'est-à-dire c'est des gens qui attendent d'être jugés et condamnés éventuellement pour les faits qu'ils ont commis.
- Et puis vous avez une partie, c'est effectivement les premières condamnations qu'on a vues hier à de la prison ferme.
- Ça va jusqu'à plusieurs années de prison dans certains cas.
- Alors le ministre, et ça, c'est très important.
- A demander une qualification spéciale qui pourrait permettre donc de poursuivre, de prolonger les gardes à vue.
- Mais on est bien d'accord que le ministre, il peut donner des indications, il peut orienter, il peut formuler des souhaits.
- Mais la justice est indépendante.
- Tout à fait, la justice est indépendante.
- Et en gros, c'est très important que vos auditeurs le comprennent.
- Le ministre peut donner ce qu'on appelle des... prendre des circulaires de politique pénale générale.
- C'est-à-dire, dans ce cas d'espèce, dire au vu de ce qui s'est passé ce week-end, de façon dont je vous invite ou dont je vous suggère à gérer les dossiers.
- Évidemment, dans chaque dossier individuel, les magistrats qui ont à les gérer restent indépendants.
- Il n'empêche que ce que vous évoquez sur la criminalité organisée, en gros, ça a deux objectifs.
- Un, prolonger les gardes à vue, parce que face à un afflux de gardes à vue, on peut avoir besoin d'un peu plus de temps que 24 ou 48 heures pour les gérer, pour mener les investigations.
- Et ensuite, la deuxième chose, c'est que ça permet, c'est un peu technique, mais ce qu'on appelle des techniques spéciales d'enquête, c'est-à-dire typiquement faire de la géolocalisation, exploiter aussi les téléphones portables, tout un tas d'actes d'enquête qui peuvent ensuite permettre de caractériser les infractions.
- C'est très intéressant, ça, Sacha Strobskan, parce que ça veut dire que s'il n'y a pas ce qualificatif de criminalité organisée, alors on ne peut pas utiliser les outils numériques ? Non, ce n'est pas impossible, c'est juste que ça simplifie, là, pour le coup, le travail des enquêteurs.
- Et en plus, ça correspond aussi à une forme de réalité, c'est-à-dire que c'est aussi envoyer un message que quand vous, demain ou moi, ça ne nous viendrait pas à l'idée, mais on va casser une vitrine dans Paris, à 9h du matin, tout seul, on voit bien que ça n'a pas du tout la même portée que si on est au milieu d'une bande de 200-300 personnes qui, au cœur de la nuit ou au cœur de l'après-midi samedi, déferlent dans un centre-ville.
- On voit bien qu'il y a une forme d'organisation, une volonté de s'organiser pour commettre des infractions.
- C'est typiquement ce qu'on appelle la qualification de bande organisée qui relève d'une forme de criminalité organisée.
- Est-ce que vous avez des retours déparqués à ce sujet sur la demande ou le vœu du ministre ? Oui, c'est utile.
- C'est utilisé par certains parquets.
- Alors, pour certains faits très graves, vous parliez de la mairie de Limoges, tout le monde comprend bien pourquoi.
- Mais ensuite, vous avez d'autres types de faits.
- Je tiens quand même à dire...
Transcription générée par IA