Retranscription des premières minutes :
- « Sud Radio, le grand matin week-end, 7h-10h, Laurence Perrault. » « Et on continue évidemment de parler de l'actualité dans ces grands matins week-end de Sud Radio.
- Je vous rappelle qu'à 8h37, nous allons refaire un retour sur l'affaire Jubilard en compagnie de Dominique Rizet qui est journaliste expert justice à BFM TV.
- Mais tout de suite, on va parler de ce prix de l'électricité qui va encore augmenter au 1er août.
- Thierry Bross, bonjour. » « Bonjour. » « Je vous en prie. » « Vous êtes spécialiste de l'énergie et vous êtes également professeur à Sciences Po.
- Je voulais vous avoir sur ce sujet, le prix de l'électricité qui va augmenter de 2,5% en août, au 1er août.
- Concrètement, ça va toucher tout le monde en fait ? Tous les consommateurs vont être touchés, y compris les professionnels, y compris les bandes de recharge pour les voitures ? » « Et oui, malheureusement, tout le monde va être touché directement ou indirectement.
- Et vous savez que nous avons besoin de pousser l'électrification dans notre pays.
- Nous avons besoin d'essayer d'enclencher cette transition énergétique vers plus d'électrification.
- Je vous rappelle qu'avant 2021, la France était le premier pays au monde qui avait le plus d'électrification dans son mix énergétique.
- Aujourd'hui, c'est malheureusement la Chine.
- Et donc, ça donne un très mauvais signal.
- Et vous voyez, vous l'évoquiez, pendant ces quelques premiers mois où il y a eu cette crise à Hormuz, les Français se sont massivement tournés vers la voiture électrique.
- Et aujourd'hui, ils se disent « Eh bien, finalement, on m'a menti, puisque l'électricité, qui est un bien de première nécessité, son prix augmente. » « Et comment est-ce qu'on explique cette nouvelle hausse, Thierry Bross ? » « Alors, vous savez que dans le prix de l'électricité, vous avez trois composantes.
- La première, c'est le prix de l'électron.
- C'est lié à l'offre et la demande, et je reviendrai sur cela.
- La deuxième, c'est...
- Le prix du transport et de la distribution.
- Et la troisième, ce sont les taxes, les assises, etc.
- Alors, je rappelle toujours que quand vous regardez les taxes sur l'électricité, on est à plus de 20%, toutes taxes comprises, c'est-à-dire plus que de la TVA sur un produit normal.
- Donc, vous voyez, c'est loin d'être un produit de première nécessité.
- C'est considéré par le gouvernement plutôt comme un produit de luxe.
- Aujourd'hui, ce qui a augmenté, ce sont le coût du réseau.
- Et ça, c'est...
- C'est inacceptable.
- Il faut bien comprendre que lorsque, dans les années 70-80, on a mis en place au Royaume-Uni et aux États-Unis la libéralisation du secteur de l'électricité et du gaz, les figures historiques qui avaient imaginé cela, c'est-à-dire Reagan et Thatcher, le voulaient pour générer de la croissance et générer du pouvoir d'achat auprès de leurs électeurs.
- Ils ont d'ailleurs été réélus, ces politiques-là.
- Et ils ont décidé de...
- Eh bien, il y a une partie du système qui est en concurrence.
- Et c'est ça, l'idée.
- On va laisser la concurrence s'établir, c'est-à-dire produire de l'électricité.
- Et puis, il y a une partie qui est un monopole, c'est-à-dire le transport.
- Et il faut cadrer le monopole.
- Parce que autrement, si vous ne cadrez pas un monopole, il va toujours avoir tendance à essayer de surfacturer les consommateurs.
- Et pour...
- Oui, excusez-moi, vous êtes en train de nous expliquer, Thierry Brosse, vous qui êtes spécialiste de l'énergie, entre autres que, déjà, il y a une chose qui m'a choquée, c'est que vous dites que l'électricité est considérée par nos dirigeants comme étant un produit de luxe.
- Et vous êtes en train de nous dire que cette augmentation est due au transport essentiellement, qui reste un monopole.
- Oui, et c'est là où je voulais en venir.
- La commission de régulation de l'énergie, qui est normalement censée défendre les consommateurs, ne fait rien d'autre que d'accepter les demandes d'augmentation du transport et de la déforestation.
- Et c'est là la grande erreur.
- Cette commission de régulation ne sert à rien et ne sert pas les intérêts des Français.
- Voilà où nous en sommes.
- Je suis assez d'accord avec vous.
- J'ai demandé à tous les auditeurs de réagir sur la...
Transcription générée par IA