Retranscription des premières minutes :
- « Sud Radio, le grand matin week-end, 7h-10h, Jean-François Killy. » « Allez, il est 8h et presque 12 minutes, bonjour à vous et bienvenue Philippe Charlez. » « Bonjour. » « Experts en questions énergétiques, ceux qui nous écoutent, celles et ceux qui nous écoutent vous connaissent, vous êtes une vraie voix à Sud Radio.
- Vous êtes là ce matin pour nous éclairer les prix, c'est pas qu'ils grimpent mais ils restent très élevés à la pompe.
- Peut-être que nous pourrions rappeler un peu les moyennes nationales. » « Oui, alors on va dire pour faire simple qu'on est un peu au-dessus de 2,20 pour le gasoil, le diesel et on est au-dessus de 2 pour le SP95. » « Alors une augmentation qui tombe mal à quelques jours de la rentrée alors que de nombreux Français aujourd'hui sont sur le retour des vacances.
- Il y aura un deuxième chassé-croisé la semaine prochaine. Pourquoi ce prix des carburants reste aussi élevé ? » « Alors on va rappeler à nos auditeurs qu'il y a en fait 4 grandes composantes dans le prix des carburants.
- Donc il y a d'abord le prix du baril évidemment, donc prix du baril brut.
- Ensuite il y a ce qu'on appelle, et je vais y revenir, la marge de raffinage.
- C'est-à-dire, alors c'est pas le prix du raffinage mais c'est le prix des produits raffinés sur les marchés des produits raffinés qui sont cotés à Rotterdam.
- Ces deux premières composantes sont tout à fait dépendantes des marchés mondiaux et donc on n'a absolument aucune action dessus.
- Après il y a la marge dite de distribution qui inclut le transport et la distribution.
- Et enfin il y a les taxes.
- Et donc quand on regarde ces trois composantes, pour faire simple, aujourd'hui le baril sur l'augmentation par rapport au 31 janvier de cette année, donc avant le conflit du Moyen-Orient, le baril joue sur 25%.
- Les marges de raffinage jouent sur 60% et le reste c'est les taxes.
- Il faut rappeler que dans les taxes il y a une partie fixe qui n'a pas changé qu'on appelle la TICPE.
- Puis il y a la TVA qui est de 20% sur le prix hors taxes donc qui mécaniquement a augmenté.
- Mais finalement l'augmentation des taxes a joué très peu.
- Contrairement à ce qui est véhiculé d'ailleurs sur certains plateaux, on explique que finalement ce ne sont que les taxes qui expliquent le prix élevé des carburants.
- Ça c'est une lecture qui est biaisée.
- Ah la lecture est complètement biaisée.
- Aujourd'hui la composante essentielle qui joue sur le prix c'est...
- C'est vraiment la marge de raffinage, le prix du produit raffiné.
- Et ce pour plusieurs raisons.
- D'abord parce qu'on a fermé énormément de raffineries en Europe.
- Alors c'était un choix, un mauvais choix puisqu'en fait on a considéré dans les années 2015-2020 que raffiner en Russie c'était beaucoup moins cher que de raffiner en France.
- On a délégué notre raffinage à la Russie et puis la Russie est devenue persona non grata.
- Donc on ne veut plus des produits raffinés russes.
- Et aujourd'hui...
- Il y a deux facteurs qui jouent sur la raréfaction des produits raffinés, notamment du diesel.
- D'un côté la fermeture du détroit d'Ormuz joue puisque non seulement le Moyen-Orient produit du pétrole brut mais produit aussi des produits raffinés.
- La deuxième chose c'est que les raffineries russes ont été fortement endommagées récemment par les attaques ukrainiennes.
- D'ailleurs on a vu dans certains reportages qu'en Russie pour avoir de l'essence on faisait la queue pendant...
- plusieurs heures.
- Donc la raréfaction des produits raffinés et notamment du diesel fait que ces produits raffinés atteignent des marges absolument démentielles.
- Ce qu'on appelle la marge brute de raffinage est de l'ordre normalement de 30 euros la tonne et aujourd'hui elle dépasse les 300 euros la tonne.
- C'est considérable.
- Ah oui c'est absolument considérable.
- Et donc il faut bien se focaliser sur cette partie raffinage qui est fondamentale.
- Quelques questions annexes, enfin complémentaires.
- Pourquoi ce choix d'avoir délégué...
- Notamment la Russie, le raffinage, c'est un choix des pétroliers ou c'est un choix gouvernemental ? On va dire que c'est quand même un choix politique.
- C'est-à-dire que globalement...
Transcription générée par IA