Par Gérard Collard, Valérie Expert
Le coup de coeur des libraires
Ce dimanche, Valérie Expert et Gérard Collard sont revenus notamment sur "Trois noyaux d'abricot", un roman de Patrice Guirao et sur "Superhôte", un roman de Amélie Cordonnier.
Retranscription des premières minutes :
- Sud Radio, le coup de cœur des libraires. Valérie Expert, Gérard Collard.
- Bonjour Gérard. Bonjour.
- Pollenne, c'est ça ? Ah, je hais les arbres. Si avec moi je coupe toute le bois de Vincennes, il n'y a plus rien, plus un brin d'herbe, plus une pollen, plus rien, rien, rien.
- Et ouais, c'est la saison. C'est la saison. Vous n'avez pas un joli livre sur les arbres ? Bah si, tiens, vous en avez un devant vous, c'est votre coup de cœur, mais ça n'a rien à voir.
- Non.
- Alors, on commence par quoi ? Alors ça, c'est vraiment une découverte. Je suis tombé dessus. C'est un de mes gros trucs de cette rentrée, de ce début d'année.
- C'est Patrice Guirao, G-U-I-R-A-O. Ça s'appelle « Trois noyaux d'abricot aux éditions au vent des îles ».
- C'est magnifique.
- C'est magnifique. Et regardez la couverture. Vous nous regardez en podcast, d'ailleurs, vous êtes de plus en plus nombreux.
- La couverture est absolument sublime. Alors, c'est l'histoire d'un petit garçon.
- J'essaye de ne pas trop pitcher le début du truc parce qu'en fait, ça n'a pas grand-chose.
- Chose à voir avec le roman. Le vrai roman, c'est-à-dire qu'en fait, il se passe un drame.
- Quand il est en France, il y a sa directrice d'école. Il va lui arriver quelque chose.
- Et le petit garçon est accusé de ce quelque chose. Et là, il va avoir des flashs. Il va se remémorer son enfance.
- Alors, son enfance, elle est très particulière. C'est un fils de pieds noirs. Il est tout petit.
- Il est en Algérie. Et là, il va vous parler de l'Algérie, des pieds noirs, mais au quotidien.
- Et c'est une clé pour rentrer dans l'enfance.
- C'est-à-dire, il a ce don absolument incroyable. Vous êtes dans la tête de ce petit garçon.
- Il va vous raconter. C'est un monde qui est fait de tatas, de tontons, qui racontent des histoires, des grands-mères.
- Il y a la nature. Il y a les moutons. Il y a le soleil. C'est vraiment alors complètement d'une sensualité incroyable.
- C'est cette Algérie qu'on a complètement oubliée parce que les pieds noirs, mine de rien, ils disparaissent.
- Petit à petit.
- Et cette mémoire.
- Elle disparaît aussi.
- Et c'est... J'ai été touché, mais c'est vraiment... Et puis chaque mot est là pour vous toucher.
- Et puis, il y a aussi... On sent qu'il est dans cet univers où il est heureux.
- Il est avec ses parents, ses copains et tout.
- Et puis, il y a les événements qui vont commencer à arriver.
- Et là, on voit comment ce petit garçon, comment les enfants sont confrontés à l'incompréhensible.
- C'est-à-dire qu'il ne comprend pas ce qui lui arrive.
- Il y a des morts qui vont commencer à apparaître dans sa famille.
- Il y a des drames.
- Et puis, il y a la fuite.
- C'est-à-dire qu'ils partent, ils laissent tout, ils vont se retrouver en France.
- On ne peut pas parler de ce bouquin parce que c'est d'une intensité absolument incroyable.
- Et vous y êtes vraiment... Et j'ai trouvé que c'était aussi dans les parfums.
- Parce qu'il parle beaucoup de ces odeurs.
- Et vous les ressentez profondément quand vous lisez...
- L'odeur du vent, quand il parle des brebis, quand il parle...
- Et puis, il y a le côté de ces gens burinés par le soleil qui sont proches de leur terre.
- Ils parlent de la nature comme pas...
- Et puis, il y a aussi la description de ces villes et de ces villages.
- C'est-à-dire qu'il y a l'hypocrisie, tout le monde se connaît.
- Il y a les mensonges, il y a plein de choses.
- Puis, d'un autre côté, il y a une chaleur humaine absolument incroyable.
- Baignée par ce soleil absolument aussi, qui est partout, c'est luminé.
- C'est ce que vous dites, il y a plein d'odeurs.
- Il y a plein d'odeurs.
- Et puis, sa plume est à la fois...
- C'est parfois très dur, par moments très noir.
- Mais il y a toujours de la poésie.
- C'est épanonneux, comme vous dites.
- C'est épanonneux du tout, c'est au contraire...
- C'est très beau, très beau.
- Ah oui, psychologiquement, c'est...
- Et quand je dis que c'est de la poésie, alors ce n'est pas...
Transcription générée par IA