Retranscription des premières minutes :
- Sud Radio, les clés d'une vie, Jacques Pessis.
- Les clés d'une vie, celles de mon invité.
- Avoir connu la lumière ne vous a pas empêché de conserver une partie d'ombre.
- Vous avez choisi de la mettre enfin en plein jour en nous éclairant sur un jardin secret.
- Vous avez mené des combats en verre, mais jamais contre tous.
- Bonjour Serge Lamarre.
- Bonjour.
- Alors, double événement.
- D'abord, le fait de vous retrouver aujourd'hui au micro Sud Radio pour cette émission exceptionnelle et ce CD poète qu'on va évoquer.
- Et puis en même temps, c'est la 1600e émission des clés d'une vie déjà.
- Et bien voilà, je suis très heureux de participer à cet événement.
- Alors, c'est un événement parce qu'effectivement, vous avez réalisé cet album poète qu'on va évoquer dans l'émission avec des extraits, qui est quelque chose d'important parce que c'est un album, je crois, auquel vous rêviez depuis vos jeunes années.
- Oui, oui, oui.
- Je rêvais ça.
- Au départ, je voulais faire un baudelaire, c'est-à-dire les fleurs du mal.
- Je voulais découper comme ça les fleurs du mal en changeant les poèmes, en les découpant, en les accolant les uns aux autres.
- Et puis au fil du temps, je me suis dit, mais pourquoi pas faire tous les grands poètes de l'histoire ? Et là, ça m'a demandé un sacré travail parce que je voulais quand même que les trucs sonnent.
- Alors, il fallait que ça sonne par rapport au verre d'avant, qui n'était pas du même, de la même époque, ni du même poète, ni du même...
- Alors, c'est un travail considérable qui a été unifié magnifiquement, parce qu'alors, il faut vraiment le dire, par la musique d'Augustin Charné qui a su exactement faire le plâtrage de tous ces morceaux dispersés qu'il fallait mettre ensemble.
- C'est une sorte de... Je ne sais pas comment dire.
- C'est une sorte d'explosion de poèmes.
- Et lui, il a réussi à mettre une musique planante qui fait qu'on peut s'étendre tranquillement, même...
- Il ne faut pas que le public essaie de comprendre les poèmes, parce que de toute façon, ils ne sont pas entiers, ils ne sont pas en fraction.
- Il ne faut pas... La poésie, ce n'est pas... Ça se reçoit.
- Alors, il faut qu'ils se laissent prendre, qu'ils reçoivent ça, et puis qu'ils s'étendent et qu'ils écoutent.
- Et je pense que s'ils font ça, ça sera un moment merveilleux.
- En tout cas, on va avoir un moment merveilleux en évoquant ce CD.
- Et surtout, on va, selon le principe des clés d'une vie, revenir aux sources avec des dates précises.
- Car j'ai choisi des dates en rapport avec votre album.
- La première ne vous concerne absolument pas.
- C'est le 7 janvier 1864.
- Parce que ce jour-là, c'est la première trace d'un poème dont un extrait fait partie du morceau qui ouvre la lune.
- C'est l'album L'Éternel Azur.
- De l'éternel azur, la sereine ironie, accable, belle, indolemment comme les fleurs.
- Le poète impuissant qui maudit son génie à travers un désert stérile de douleurs.
- Éternel Azur, ce jour-là, à Tournon.
- Je crois que Stéphane Barnet est un jeune professeur d'anglais et il a écrit à l'un de ses amis, Henri Casali, ce qui est poète, en lui disant j'ai écrit un poème qui s'appelle Azur.
- Et il lui envoie.
- C'est la première trace de ce poème.
- Ah oui, c'est formidable.
- Même des chansons, ce sont toujours des histoires abracadabrantesques parce que c'est pas ce qu'on croit.
- C'est pas ce qu'on...
- Les gens essaient, les gens font des...
- Ils sont pas sûrs d'eux, se sont fondés.
- Alors qu'ils sont...
- On dit mais qu'est-ce que c'est profond ? Qu'est-ce que c'est bien foutu ? Qu'est-ce que c'est...
- Et...
- Et des fois, ils en font des vers comme ça ou des beautés qu'ils ont collées parce que c'était mieux.
- Et c'est pas toujours ce qu'on croit.
- Et Malarmé, c'est quelqu'un qui vous a marqué dès vos jeunes années, Serge Lama ? C'est Baudelaire qui m'a marqué dès mes jeunes années.
- Et Malarmé fait partie de ces poètes plus abstraits, plus complexes pour un jeune garçon que j'étais, que j'ai...
- que j'ai appréhendé un peu plus tard et que j'ai aimé alors dès...
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