Par Jacques Pessis avec Amanda Sthers
Les clefs d'une vie avec Amanda Sthers
La romancière est aussi la femme d’une lettre, la lettre C. Le titre mystérieux de son nouveau roman qu’elle a commencé à écrire au lendemain du 7 octobre 2023.
Retranscription des premières minutes :
- Sud Radio, les clés d'une vie, Jacques Pessis.
- Les clés d'une vie, celles de mon invité.
- Quand vous prenez la plume, ce n'est paradoxalement jamais pour traiter des sujets légers, même si vous savez parfaitement faire rimer humour avec amour.
- Pour votre nouveau roman, inspiré par l'actualité, la femme de lettres que vous êtes s'est transformée en femme d'une lettre.
- Bonjour, Amanda Sters.
- Bonjour.
- Alors, ce nouveau roman, c'est C, en expliquera tout à l'heure pourquoi, chez Grasset, un titre tout à fait étonnant.
- Je crois que c'est la première fois que je vois un livre avec un titre de ce genre.
- Le principe des clés d'une vie, vous le savez, vous êtes déjà venu, c'est d'évoquer votre parcours à travers des dates clés.
- Et la première que j'ai trouvée, c'est le 28 mars 2001, où vous présentez au Festival des Films de Paris un court-métrage qui s'appelle L'Arme de Sang.
- Ah oui, c'était mon tout premier court-métrage.
- Un film de neuf minutes.
- Oui, alors je ne l'ai pas présenté, j'ai été sélectionnée au Festival de Paris pour un scénario que j'avais écrit de l'ombre, et donc j'en ai profité pour montrer ce court-métrage que j'avais réalisé un peu avant.
- Ce Festival des Films de Paris qui, au départ, était destiné aux collégiens ou lycéens, et qui est devenu pendant des années un rendez-vous de présentation de films en exclusivité.
- Exactement.
- Et vous avez obtenu un prix pour un scénario.
- Oui, le meilleur scénario junior.
- J'étais donc encore un jeune auteur, et ils avaient récompensé ce premier scénario, qui était une adaptation de Nouvelles de Borgès, que j'adore, qui s'appelle « L'Évangile selon Matthieu ».
- Et c'est encore un de mes rêves de réussir à faire ce film qui coûterait assez cher, mais il faudrait que je trouve un producteur argentin, ça se passe en Argentine.
- Mais le scénario est déjà écrit.
- Le scénario est déjà écrit, je pense qu'il mériterait un peu de retravail, même s'il y avait une promesse dans ce scénario, puisqu'ils ont vu, en tout cas, un jeune talent en moi.
- Exactement.
- Et à l'époque, ce court-métrage, vous l'aviez réalisé, d'ailleurs sous le nom d'Amandine, de Marouani.
- Oui, qui est mon vrai nom, qui est le nom de famille de mon papa, Marouani.
- Et puis, avec le temps, assez rapidement, j'ai pris un pseudo pour plein de raisons.
- D'abord, parce que mon père, qui est psychiatre et psychanalyste à l'époque, continue à pratiquer.
- Je trouvais ça compliqué pour lui d'avoir une sorte d'intrusion de sa vie privée dans l'espace public.
- Et puis aussi, parce que quand on écrit, j'ai l'impression qu'il faut rester très libre.
- Et être libre, ça veut dire ? Ça veut dire être la femme de personne, la fille de personne, la mère de personne.
- Et donc, il n'y a que moi qui est ce nom de famille que je me suis offert.
- Qui est venu comment ? C'est mon deuxième prénom, qui est aussi celui de ma grand-mère, Esther, que j'ai transformé.
- Voilà, j'ai enlevé un E, j'ai ajouté un S.
- Exactement.
- Alors, il se trouve que ce court-métrage, il est annoncé sur Internet, mais il n'y a pas la moindre trace.
- Non, mais je l'ai moi encore.
- Mais c'était à l'époque où vous faisiez des courts-métrages en pellicule.
- Moi, j'ai commencé à réaliser des films.
- Et mon premier film, d'ailleurs, était en pellicule.
- À l'époque, il n'y avait pas encore de numérique.
- Vous voyez, j'étais dans les derniers dinosaures à faire ça.
- Et donc, c'est toujours compliqué de numériser les choses.
- Et ensuite, je ne l'ai pas mis en ligne.
- Donc, j'ai encore les bandes chez moi que je garde vraiment précieusement.
- À côté de mon premier film aussi, dont j'ai les bandes.
- Je trouve ça assez émouvant d'avoir la pellicule.
- C'est vraiment une autre sensation.
- Exactement.
- Et puis, l'expression « larmes de sang », au départ, c'est une métaphore puissante pour l'intensité de son angoisse et de sa souffrance.
- Oui, alors, c'était un film d'anticipation, de science-fiction, dans lequel l'amour avait disparu.
- Et une légende circulait en disant que si l'amour revenait sur Terre, la personne qui le ressentirait aurait une larme de sang qui coule sur sa...
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