Retranscription des premières minutes :
- Brigitte Lae, Sud Radio, le sexo-conseil.
- Alors Joseph Agostini, le désir, c'est quelque chose d'assez complexe et ce n'est pas toujours facile de savoir si on est dans le désir ou pas.
- Et je crois que c'est quand même en revenant au corps qu'on peut s'aider à faire renaître le désir ou en tout cas à comprendre ce que c'est que le désir.
- Parce que si on attend que ça vienne du cerveau, on risque d'avoir un petit peu du mal.
- Et on voit bien que les personnes qui sont bien dans leur corps, qui sont des personnes qui ont un rapport au corps assez sain, et je pense par exemple notamment aux sportifs, et bien curieusement ils ont moins de panne de désir.
- Donc ça montre bien que le corps est un moteur pour le désir.
- Donc je vous conseille vraiment d'écouter un peu plus votre corps, de ressentir un peu plus vos émois, les petits moments où vous pourriez être un tout petit peu excité par, parfois c'est quelqu'un qui passe, on le voit et puis on n'a pas envie de lui sauter dessus.
- Ce n'est pas ce que je veux dire, mais il y a une sorte de petit éveil.
- D'émondation.
- On pourrait dire ça absolument.
- Et c'est vraiment important de bien comprendre que le désir c'est quelque chose qui est très fugace et qui peut en même temps se cultiver à condition de bien s'occuper de son corps et de se reconnecter avec le désir que le corps parfois nous signale.
- Donc vous voyez bien aussi les moments où vous avez eu des vraies fulgurances de désir, parce que ça, ça parle aussi de vous.
- Qu'est-ce qui à un moment donné a pu vous mettre beaucoup dans le désir et à ce moment-là, vous essayez de revenir à la source.
- Et c'est vrai, vous avez raison, assumer son désir, c'est quand on a un problème avec son corps, un problème avec son image, c'est beaucoup plus épineux.
- C'est compliqué.
- On se retrouve aussi souvent prisonnier de son désir.
- On peut éprouver des désirs très violents, très forts pour les êtres et ne pas pouvoir les assumer parce qu'on manque de confiance en soi-même.
- Je crois que la confiance en soi, effectivement, c'est la condition sine qua non pour aller vers l'autre.
- C'est extrêmement difficile de se sentir engrossé dans son corps, d'assumer un désir sexuel.
- Et vous, Joseph Agostini, qui êtes psychanalyste, vous le savez bien, par exemple, il y a des hommes qui peuvent avoir tout d'un coup une érection et tout d'un coup ils se disent, mais pourtant je suis fidèle à ma femme, pourquoi j'ai une érection ? Parce que je vois entrer cette femme qui est une bombe sexuelle dans ce café.
- Mais en fait, c'est juste son corps qui manifeste un désir, une excitation.
- Ce n'est pas grave.
- Ce qui serait grave, c'est le passage à l'acte éventuel si on se met sur le plan de la morale.
- Je crois que sur le plan de la culpabilité, c'est vrai que c'est toujours.
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- C'est même douloureux, je vais vous dire, pour un psychanalyste d'entendre des gens être à ce point-là culpabilisés de leur désir.
- Parce que c'est quelque chose qui ne peut pas, justement.
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- Et c'est heureux, justement, qui ne peut pas être contrôlé, maîtrisé.
- C'est justement ça qui est fabuleux.
- C'est l'inmaîtrisable.
- Heureusement qu'on ne bande pas sur commande, il manquerait plus que ça.
- Ce serait un monde désolant, désolé.
- Justement, bander, c'est précisément bander quand on ne s'y attend pas.
- C'est ça qui fait la magie de l'excitation sexuelle.
- Et on vit dans un monde, justement, où la libido, parfois, elle est emprisonnée dans les carcans moraux.
- Et c'est peut-être, je vais vous dire, ce qui rend les gens profondément dépressifs, malheureux et avec des idées bizarres.
- Donc, ressentez votre corps et laissez vos désirs vous envahir.
- Et puis après, vous en ferez ce que vous voulez.
- ...
Transcription générée par IA