Retranscription des premières minutes :
- Sud Radio, l'invité politique, Jean-François Aquili. Jean-François Aquili est votre invité politique. Et ce matin, Manon Aubry, députée européenne de la France insoumise.
- Bonjour, Manon Aubry. Bonjour. C'est une terre que vous connaissez bien, la Corse. Que dites-vous, ce matin, de l'assassinat d'Alain Orson, ancienne figure historique du FLNC, hier lors des obsèques de sa mère dans son village natal de Vérault ? Ça nous rappelle aux heures noires de la Corse, une terre que je connais bien, en effet, puisque ma famille vient de Corse.
- Et je me souviens, quand j'étais petite, des règlements de comptes au sein du FLNC. Et j'ai l'impression d'être revenue 30 ans en arrière.
- Il y a quelque chose d'assez sacré.
- En Corse, c'est une pensée importante. Les moments de recueillement autour de décès sont des moments qui sont en général assez protégés.
- Et on voit qu'ils, même ceux-là, ne sont plus protégés. Pour le reste, l'enquête démarre à peine. Donc c'est difficile de commenter à chaud.
- C'est ce qui choque. L'assassinat à distance, une seule balle tirée en plein cœur. Chirurgical, hein.
- Pendant les obsèques à Vérault, c'est à une trentaine de kilomètres d'Ajaccio, pendant les obsèques de sa mère.
- Après, un assassinat et potentiellement un règlement de comptes, ce qui semble être, c'est jamais une bonne chose, a fortiori, quand ça se déroule, en effet, pendant des obsèques.
- Et donc j'espère que la justice... J'ai entendu que le tout nouveau parquet qui était créé en Corse était saisi du dossier. J'espère que la justice pourra faire le plus rapidement possible son travail.
- La colère agricole.
- ... entre les Champs-Élysées et l'Assemblée nationale. Pendant ce temps, des centaines de gendarmes qui démantèlent le barrage des... Vous savez, les ultras de l'A64 de Jérôme Baye.
- La carbone, c'est près de Toulouse. Que dites-vous, ce matin ? C'est une reprise en main ? Pensez qu'on va régler la colère agricole en démantelant des barrages. Je pense que le gouvernement se trompe royalement. On est cette semaine la semaine de tous les dangers, puisque l'accord de libre-échange avec le Mercosur va être officiellement signé.
- Ce samedi par la présidente de la Commission européenne, qui passe littéralement en force. En force parce qu'elle contourne les parlements nationaux. En force parce qu'elle veut...
- Il n'y a pas de minorité de blocage.
- Alors, pour aller jusqu'au bout de la démonstration, la Commission européenne passe aussi en force parce qu'elle veut mettre en œuvre de manière provisoire cet accord, alors que le Parlement européen est co-décisionnaire en matière commerciale et n'a toujours pas voté sur cet accord.
- Donc il ne devrait pas être mis en œuvre de manière provisoire. Et je rappelle sur le fond que cet accord est le pire accord de libre-échange qui ait jamais signé l'UE. C'est des centaines de milliers de tonnes de bœufs, de volailles, de maïs, de soja qui va être importé de l'autre bout du monde avec des normes sanitaires et environnementales qui n'ont rien à voir avec les nôtres, qui vont littéralement nous empoisonner.
- Je vous donne un seul exemple ce matin. Un tiers des pesticides qui sont autorisés au Brésil sont interdits dans l'UE. Donc évidemment que la colère agricole est légitime.
- Elle ne va pas s'arrêter. Il y aura une mobilisation aussi la semaine prochaine devant le Parlement européen, le 20 janvier à Strasbourg.
- Parce qu'il y a la séance parlementaire plénière. Est-ce que ça n'est qu'une étape, Manon Aubry, ou est-ce que ce recours que vous avez initié, il faut le dire, devant la Cour de justice de l'UE peut aboutir, c'est-à-dire retarder l'accord ? Je le souhaite. Ce recours devant la Cour de justice de l'UE est important parce qu'il a une vocation suspensive.
- Si le Parlement européen saisit la Cour de justice de l'UE et vote la résolution que je propose, alors cet accord ne pourra pas être appliqué.
- Et on attendra le vote final du Parlement européen et l'avis de la Cour de justice. Initialement, on était juste une poignée de députés à saisir la Cour de justice.
- Il a été finalement signé par 145 députés issus de cinq groupes politiques différents, de 21 nationalités différentes. Donc ce sera un premier moment de vérité...
Transcription générée par IA