Retranscription des premières minutes :
- Sud Radio, l'invité politique, Jean-François Akili. Et Jean-François Akili, votre invité politique ce matin sur Sud Radio, c'est Nathalie Loiseau, députée européenne, secrétaire nationale de l'International au groupe Horizon. Bonjour, Nathalie Loiseau. Bonjour.
- Le régime iranien a choisi la répression. La République islamique des mollahs fait tirer à balles réelles sur les manifestants.
- J'ai envie de vous poser une question ce matin. Pourquoi la France est totalement muette ? Alors d'abord, solidarité totale avec ce peuple, ce très grand peuple qui n'en peut plus de ce régime atroce et qui, à intervalles réguliers, descend dans la rue.
- On se souvient du mouvement Femmes, Vie, Liberté. On se souvient de la contestation du résultat des élections.
- Ceux qui nous disent aujourd'hui que c'est un mouvement social dû à la situation économique...
- Je n'ose pas dire « se voile la face » quand il s'agit d'islamistes, mais on a du mal à dire que c'est un régime islamiste oppresseur.
- Alors ensuite, est-ce que la France officielle doit être dans le commentaire ou est-ce qu'on doit être dans l'action ? Moi, j'en peux plus des gens qui parlent. Je préfère les gens qui agissent. Ce serait quoi, l'action ? Et je vais proposer au Parlement européen que l'UE déclare les gardiens de la révolution, donc les milices du régime qui sont en train de massacrer les manifestants, les manifestants comme groupe terroriste. C'est pas purement symbolique. Ça a des conséquences sur le business des gardiens de la révolution.
- Et les gardiens de la révolution, ce ne sont pas seulement des milices, ce sont des mafias qui tiennent le pays et qui s'enrichissent.
- Donc les déclarer groupe terroriste, c'est rendre leurs affaires à l'international beaucoup plus difficiles et augmenter la pression sur le régime.
- C'est ce que je vais proposer. C'est une proposition que pourrait porter le président Emmanuel Macron au nom de la France.
- C'est une proposition à faire au nom de l'Europe.
- Et je voudrais qu'Emmanuel Macron, comme les autres, s'y rallie.
- La France qui a accueilli l'ayatollah romainiste, une vieille histoire, en octobre 1978, est-ce qu'elle a une dette envers les Iraniens en ce sens ? Écoutez, c'est pas la France qui a décidé que l'Iran serait gouverné par des mollahs répressifs. Et on se souvient qu'avant même le retour de l'ayatollah romaini en Iran, il y avait un régime répressif dans le pays.
- Oui.
- Non. C'est aux Iraniens de décider qui ils veulent pour leur avenir, s'ils en ont la capacité. J'entends aujourd'hui des commentaires très savants nous dire par exemple que Reza Pahlavi...
- Que vous connaissez.
- Que je connais. Que je connais. Pas bien, mais que je connais, parce que j'ai vécu aux États-Unis en même temps que lui, et je l'ai revu par la suite. Certains nous disent que le fils de l'ancien chat d'Iran ne peut pas revenir en Iran et ne peut pas être une solution.
- Sommes-nous pour le dire ? C'est un homme mesuré, c'est un homme posé. Est-ce qu'il va être capable de fédérer les oppositions ? Je n'en sais rien. Mais je trouve certains commentaires bien prétentieux de ceux qui ont fait bien peu pour aider le peuple iranien.
- Trump dit que l'Iran serait en train de négocier avec lui. Vous le croyez ? J'allais dire je le crains. Trump nous a dit l'autre jour dans une interview au New York Times qu'il n'avait d'autre morale que la sienne. Ça n'était pas complètement une surprise, mais c'était un aveu.
- Je crains deux choses. Soit une tentative de renversement du régime par l'extérieur. Et à chaque fois que les États-Unis ont voulu faire ça, ça a été une catastrophe. On se souvient de l'Irak.
- Mais je crains aussi « a beautiful deal ». Je trouve que Donald Trump s'intéresse au pays surtout quand ils ont du pétrole et surtout quand il peut faire des affaires. Donc je suis inquiète.
- Vous êtes inquiète parce que ça veut dire quoi ? Vous vous écrasez la révolution et on deal ? Tout est possible avec Donald Trump. On l'a vu sur le Venezuela. En tout cas, il n'y a pas eu de changement de régime.
- Il a enlevé Nicolas Maduro, qui ne fera pleurer personne....
Transcription générée par IA