Retranscription des premières minutes :
- Sud Radio, l'invité politique, Jean-François Aquili. Jean-François Aquili, votre invité politique, l'invité politique de Sud Radio qui reste avec nous jusqu'à 9h.
- Et les auditeurs, d'ailleurs, pourront lui poser des questions. C'est le général Pierre de Villiers avec ce livre, notamment pour le succès des armes de la France, aux éditions Fayard.
- Bonjour, général Pierre de Villiers. Bonjour, monsieur. Nous allons voir avec vous la vision que vous développez dans ce tout dernier livre sur ces nouvelles menaces qui pèsent sur le monde et la capacité de la France à y faire face. Que dites-vous ce matin du coup de force de Donald Trump ? Écoutez, c'est la réalisation concrète de ce que j'écris dans mon livre. Ce monde est dérégulé sous le coup des États-puissances et du terrorisme islamiste radical.
- C'était à l'origine de mon désaccord avec le président Macron en juillet 2017, car je sentais bien monter les choses et je voyais un réarmement poussif à l'horizon.
- Il faut changer notre vitesse de réarmement, changer la nature de réarmement et prendre enfin conscience que l'histoire s'écrit sous nos yeux et que ce monde est en train de changer en profondeur.
- Oui. Ça, vous avez mis en garde Emmanuel Macron à ce sujet. On va y revenir.
- On va y revenir longuement, le général Pierre de Villiers. C'est une action légitime de la part des États-Unis à vos yeux ? Écoutez, c'est une action qui ne respecte pas, j'allais dire, les anciens codes mis en place à la fin de la Seconde Guerre mondiale.
- Mais on a changé d'époque. Il faut en prendre conscience. Il faut être pragmatique. Et puis je vais pas pleurer sur le président Maduro, qui a quand même martyrisé son peuple.
- C'est quoi ? C'est le narco ? Le narcotrafic prétexte, comme on dit certains, pour s'emparer du pétrole vénézuélien. Il y a de cet ordre-là dans la décision de Trump ? Oui. C'est-à-dire que dans la décision de Trump, il y a la mise en place, la mise en œuvre de sa nouvelle stratégie qui a été écrite, publiée et qui est claire.
- C'est un mélange d'America first et de la doctrine de Monroe. Je règne autour dans ma zone.
- Il va en être ainsi, à mon avis, de beaucoup de puissances régionales, de ces États-puissances dont je parle déjà depuis 10 ans, 2015.
- Et c'est la matérialisation concrète de sa stratégie. Vous voyez, il y a une différence entre les États-puissances et nos démocraties singulièrement européennes.
- C'est que nous, nous parlons. Eux, ils parlent et ils agissent. Et ils agissent en cohérence entre ce qu'ils disent et ce qu'ils font.
- C'est la loi du plus fort.
- C'est la loi du plus fort. C'est vieux comme le monde. Et si vous voulez, le faible attire le fort. Le faible attire le fort.
- Et nous sommes en Europe aujourd'hui, dans le monde, les faibles.
- Général Pierre de Villiers, vous avez vu ce qu'a dit Donald Trump sur ses dernières déclarations. Parmi elles, le Groenland est nécessaire pour la sécurité des États-Unis.
- Le Danemark est un membre de l'OTAN. Qu'est-ce que nous faisons demain si Trump décide de s'emparer du Groenland ? Alors ça, c'est une question éminemment politique. Mais moi, ce que je demande dans mon livre, c'est qu'on change de nature, de stratégie.
- Il faut penser l'impensable. Et ce scénario que nous avons vécu, qui a l'air de mettre un peu chaos debout toutes les démocraties européennes, mais il était parfaitement imaginable. Et ce n'est que le début. Ce n'est que le début de la dérégulation de notre monde.
- Alors vous débarrez pour le succès des armes de la France avec le rappel de votre démission.
- Vous avez démissionné à l'époque. C'était juillet 2017 de votre poste de chef d'état-major des armées.
- Vous aviez mis en garde donc Emmanuel Macron sur ces nouvelles menaces. Le président ne vous a pas écouté.
- Le président a fini par réarmer, mais à un rythme qui n'est pas suffisant. Moi, j'estime qu'il faut, d'ici 2035, avoir une vraie vision à 10 ans.
- Parce que reconstruire un modèle d'armée, c'est 10 ans. Nous faisons de l'approche budgétaire annuelle. Voilà.
- Alors en plus, on est quand même dans...
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