Retranscription des premières minutes :
- « Midi 14h, Sud Radio, la France dans tous ses états, le fait du jour. » Tandis que l'Elysée réfléchit à la création d'un haut commissariat à la diversité et aux diasporas, on en parlait hier, visant à fédérer toutes les diasporas de France sur tous les diasporas africaines pour contrer la vision trumpienne de l'Europe et la guerre des civilisations qui se préparent.
- De son côté, le président algérien Tebboune appelle tous ces ressortissants en situation illégale ou précaire éparpillés dans les pays étrangers à revenir en Algérie, tous, sauf les délinquants et les criminels.
- On en parle avec le rédacteur en chef de la revue politique et parlementaire, Arnaud Benedetti. Bonjour.
- Bonjour.
- Bonjour Arnaud Benedetti. Merci d'être sur Sud Radio aujourd'hui avec nous.
- Je voulais vous poser la question, est-ce que la fermeté dont la France a pu faire preuve, parfois, pas toujours, a porté ses fruits ? Et le président de la République algérienne, M. Tebboune, suggère à ses ressortissants, va faire un décret disant qu'ils peuvent revenir en Algérie dans certaines conditions.
- Il parle des délinquants qui n'ont pas commis des choses trop graves, les autres non.
- Est-ce que, pour autant, c'est un signe que vous considérez comme un signe d'apaisement, un signe d'ouverture, je ne veux pas dire un signe de soumission ? Il faut l'interpréter comme ça ou c'est tout simplement une forme de provocation ? C'est un piège. C'est un piège.
- Parce que d'abord, il faut rappeler que le Parlement algérien a voté, il y a de cela 15 jours, une loi qui criminalise la colonisation française.
- Donc on voit bien que l'état d'esprit de l'État algérien n'est pas manifestement à l'apaisement puisqu'il fait déjà de l'enjeu mémoriel un enjeu de conflictualité avec l'État français, avec la France.
- Évidemment, le président de la République, lorsqu'il était candidat, avait malheureusement ouvert une boîte de Pandore dans laquelle se sont largement engouffrées les autorités algériennes.
- Après, il faut vraiment lire cette...
- Cette disposition qu'a proposée le président Tebboune à l'aune, finalement, de la stratégie qui est la sienne.
- Parce que ces gens qui ont traversé la Méditerranée et qui n'ont pas de papier sont venus en France pour trouver une vie meilleure.
- Et leur intention n'est certainement pas de revenir en Algérie.
- Le ministre de l'Intérieur Bruno Rotaillot, lorsqu'il était ministre de l'Intérieur, avait souligné qu'un certain nombre de consulats algériens fournissaient des passeports algériens à des personnes qui étaient...
- en situation irrégulière en France.
- Alors, vous savez que les accords de 68 permettent à qui dispose de papier algérien, visa et évidemment passeport algérien, de pouvoir, par exemple, ouvrir une entreprise.
- En France, en France, en France.
- En France, évidemment, en France.
- Donc, ce qui est vraisemblable, et il suffit de lire, par exemple, ce que dit Xavier Driancourt, il a publié dans l'entrevue, dans la nouvelle revue politique, un papier très intéressant hier sur le sujet, c'est que, vraisemblablement, les consulats vont pouvoir délivrer à ces gens qui n'ont pas de papier, qui n'ont pas de passeport algérien, en l'occurrence des passeports algériens, que ces passeports algériens leur permettront éventuellement d'ouvrir la voie à une éventuelle régularisation en France, voire, en tout cas, en la matière, par exemple, en effet, d'ouvrir une entreprise pour s'installer définitivement en France.
- Donc, il n'y a aucune raison pour eux, en l'occurrence, de revenir en Algérie.
- D'autant plus qu'il y a une clause, je rappelle, importante, qu'a indiqué le président algérien, c'est qu'ils ne pourront pas, il y a une clause de non-récidive, c'est-à-dire qu'il ne faut pas qu'ils puissent, en effet, une fois qu'ils sont revenus en Algérie, repartir en France.
- Donc, si vous voulez, on est là plutôt dans un jeu qui consiste vraisemblablement du côté du pouvoir algérien, mais il a l'habitude de cela, d'instrumentaliser justement ces personnes en situation irrégulière pour, finalement, les ériger en levier de tensions vis-à-vis des autorités françaises.
- Je crois que c'est comme ça qu'il faut lire l'initiative du président Tebboune.
- Donc, Arnaud Benedetti, ça ne peut être en aucun cas une idée politique algérienne de faire revenir des gens qui pourraient manquer au pays, parce que ce ne sont pas forcément des talents, ce ne...
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