Retranscription des premières minutes :
- « Midi 14h, Sud Radio, la France dans tous ses états, le fait du jour. » Les accords du Mercosur signent-ils l'affaiblissement définitif de la France dans une Union européenne fracturée ? La France a voté non vendredi avec la Pologne, la Hongrie, l'Irlande, l'Autriche, la Belgique, une minorité.
- L'accord entre le Mercosur et l'Union européenne doit donc être signé aujourd'hui, actant la création de la plus grande zone de libre-échange au monde.
- Alors que pèse la voix de la France ? On en parle avec l'eurodéputé du Rassemblement national, Pascal Piera. Bonjour.
- Bonjour, merci pour votre invitation.
- Bonjour Pascal Piera, merci. Merci à vous d'être sur Sud Radio aujourd'hui.
- Nous sommes dans la tourmente du Mercosur et finalement nous constatons que la République française, unie et indivisible, République laïque et sociale, se laisse dicter, malgré qu'elle n'envoie pas sa conduite par les institutions européennes.
- On va rentrer dans le détail parce que j'ai cru comprendre que l'Allemagne et l'Espagne s'étaient débrouillés pour que la procédure ne passe pas devant le Parlement européen.
- Mais enfin, somme toute, Madame la députée, est-ce que c'est désormais la Commission de Bruxelles qui gouverne la France ? Écoutez, cette situation est le fruit d'une diablerie européenne, il n'y a pas d'autre mot, et d'une complicité abjecte du gouvernement français depuis des années déjà.
- Alors, diablerie européenne, pourquoi ? Je vous rappelle que depuis plusieurs mois, la Commission a scindé l'accord en deux.
- Et ça, c'est une façon de passer en force.
- Mais l'histoire n'est pas terminée, on y reviendra après.
- Donc l'accord a été scindé en deux et ce que nous propose maintenant le ministre de l'Agriculture française, Annie Gennevard, que j'entendais encore ce matin, c'est de ne pas passer devant le Parlement européen, alors que c'est parfaitement obligatoire, et d'exécuter provisoirement cet accord, intérimaire, avant qu'on en vienne au vote de l'accord définitif.
- Donc, vous voyez là qu'il y a vraiment une diablerie, parce que de toutes les manières possibles, le schéma législatif, la procédure, est faite pour éviter que la voix des opposants ne compte.
- Et je dirais que, dans cette optique, nous sommes parfaitement desservis, les agriculteurs sont parfaitement desservis par notre gouvernement.
- Enfin, il faut quand même rappeler ici que Emmanuel Macron, depuis 2019, a indiqué que ces accords étaient bons.
- Ensuite, il a menti.
- Il a indiqué, en 2023, que la France s'opposerait à la scission de l'accord.
- Il a menti, puisqu'on est obligé de prendre acte que la France ne s'est jamais opposée à la scission de l'accord.
- Il n'a jamais cherché à construire une minorité de blocage.
- Il n'a jamais cherché à exercer des pressions, il n'a jamais cherché à exercer des pressions diplomatiques.
- Et je vais vous dire pourquoi.
- Parce que ce que fait le mieux Emmanuel Macron, c'est de suivre l'agenda de la Commission européenne.
- Voilà. Et ça dans tous les domaines.
- Vous pouvez le décliner sur le DSA, vous pouvez le décliner sur n'importe quel domaine.
- Ce que fait le mieux Emmanuel Macron, c'est de suivre aveuglément la Commission européenne.
- Pourquoi ? Parce que lui et son gouvernement n'en ont que faire des intérêts de la France.
- J'apprends d'ailleurs par le monde, j'apprends d'ailleurs par le monde, vous dites qu'il s'est opposé dans le cadre de la réunion des 27 qu'il s'est opposé à la mise en œuvre de l'accord intérimaire.
- J'ai appris par le monde ce week-end qu'en réalité, il avait hésité à s'abstenir.
- Il faut le savoir.
- Pascal Pira, comment se fait-il pour que nos auditeurs comprennent bien, comment se fait-il que le Mercosur soit adopté non pas à l'unanimité des 27 États de l'Union, mais à la majorité qualifiée ? Quel est le traité qui a permis à ce que ce genre de conventions puisse être adopté uniquement à la majorité qualifiée ? C'est précisément la scission de l'accord qui est intervenu au mois de décembre.
- C'est précisément la scission de l'accord qui permet cela.
- Parce qu'en effet, au départ, il fallait obtenir une unanimité.
- En scindant l'accord en deux, tous les accords intérimaires évitent la majorité qualifiée.
- Voilà pourquoi on en est là aujourd'hui.
- On fait tranche par tranche de façon à ce que ça échappe au vote...
Transcription générée par IA