Retranscription des premières minutes :
- « Midi 14h, Sud Radio, la France dans tous ses états, le face-à-face. » « Sur Sud Radio, la France dans tous ses états, le face-à-face reçoit aujourd'hui Alexandre Devecchio.
- Moi, Péricot-Légas, je suis très fier de recevoir Alexandre Devecchio, qui est un... » « Il n'était pas Péricot-Légas, ça commence bien cette émission. » « Le grand Alexandre Devecchio. Vous publiez « Nous vivions côte à côte », itinéraire d'un petit blanc de banlieue chez Fayard.
- C'est le témoignage, Alexandre Devecchio, de 30 ans de désintégration, à vos yeux, de la société française.
- Vous racontez comment, dans votre jeunesse, vous étiez à Saint-Denis. Vous avez vu cet univers où on vivait côte à côte.
- Et vous redoutez, comme l'avait un peu prédit Gérard Collomb lorsqu'il fait sa passation de pouvoir avec le Premier ministre Édouard Philippe sur le perron du ministère de l'Intérieur.
- Est-ce que le côte à côte va finir dans un... » « Face à face, c'est un peu ce que vous craignez. Alors bon, l'ouvrage est un document politique vraiment passionnant.
- C'est bouleversant. Vous écrivez avec le cœur. Il n'y a pas d'a priori. Or, vous serez récupéré forcément.
- Et il y a peut-être un petit peu de programme politique dans votre livre. On va en discuter.
- Qu'est-ce qui vous a conduit à porter ce témoignage aujourd'hui ? Vous êtes le petit-fils de Mario, qui est italien, de Joao, qui est portugais.
- Pourtant, comme dans la chanson, vous êtes un parfait Français, un Français exemplaire.
- À un moment donné, vous avez senti qu'il y avait une fracture qui était en train de se créer dans ce pays.
- Et vous avez eu le besoin de dire « Attention, on va dans le mur ».
- « Oui, en fait, j'ai écrit ce livre, pas tant pour dénoncer la fracture, parce qu'en réalité, je ne suis pas le premier à l'avoir.
- Et je crois que le constat, maintenant, est largement partagé.
- Je parle de la phrase de Gérard Collomb.
- Gérard Collomb, qui est plutôt un homme de gauche et qui, avant de quitter...
- Le ministère de l'Intérieur, son testament a été plutôt un constat très inquiétant.
- Donc, les constats ont été beaucoup faits.
- Et donc, moi, j'ai préféré passer par le récit, faire un livre à la première personne.
- Parce que, justement, je crois que, pour aller au-delà du constat, il faut parfois décrire les choses avec chair, donner à voir pour mieux donner à comprendre.
- Et particulièrement pour ce qui est d'une partie des élites politiques ou médiatiques.
- Qui restent malgré tout aveugles à cette question-là.
- Je voulais qu'ils se mettent un peu à la place de ceux qui habitent en banlieue.
- Je trouvais que l'histoire des banlieues avait souvent été racontée du point de vue de ceux qui cassent, de ceux qui brûlent des voitures, qu'on les avait victimisés.
- Et qu'on ne s'était pas assez intéressés à tous ces Français ordinaires qui vivent en banlieue, qui subissent l'insécurité physique et culturelle.
- Donc, je voulais raconter la banlieue de leur point de vue.
- Alors, ça s'appelle « Itinéraire d'un petit blanc ».
- Mais je précise qu'à l'intérieur du livre, je parle plutôt de gens ordinaires.
- Et j'y mets également des gens de toutes les origines et de toutes les couleurs.
- Je rappelle que vous êtes journaliste au Figaro.
- Vous êtes rédacteur en chef du Figaro Box.
- À ce titre, vous avez rencontré des personnalités qui se sont des spécialistes, des sociologues, des historiens, des politologues qui se sont penchés sur la question.
- Notamment Jean-Christophe Guilly, Jérôme Fourquet, bien sûr.
- Gilles Kepel, Michel Onfray et même Laurent Bouvet, qui est le concepteur de l'insécurité culturelle.
- Vous dites bien, voilà.
- On a vécu ensemble.
- Ça allait à peu près bien jusqu'à ce que...
- Alors, vous citez quelques dates qui auraient pu être des...
- J'en discutais d'ailleurs avec Jean-Marie Bordry.
- Est-ce que le 11 septembre 2001 a bien été un tournant ? Il y a eu d'autres dates à un moment donné.
- Oui, il y a plusieurs dates.
- Est-ce qu'à un moment donné...
- Parce que moi, le 11 septembre 2001, il y a des gens qui sont venus me voir, des musulmans français.
- Nous n'avons rien à voir avec...
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