Retranscription des premières minutes :
- Akéna, la reine des vérandas et des pergolas vous présente Sud Radio La planète demain, Christophe Debian Bienvenue dans La planète demain sur Sud Radio, l'émission où le futur commence dès maintenant avec des idées qui changent le monde, des solutions qui existent déjà, des femmes et des hommes qui créent, inventent et innovent.
- Ici, on ne va pas vous parler du monde dont on rêve, mais de celui qu'on est déjà en train de construire.
- Et justement, pour en parler aujourd'hui, j'ai le plaisir de recevoir dans les studios de Sud Radio Alexandre Rigal, qui est directeur général de Junia, la grande école d'ingénieurs généralistes qui forme aux grandes transitions depuis 1885 et Mathieu Rochard, qui est directeur général et fondateur de Symphonix, une scale-up française innovante spécialisée dans le pilotage intelligent des équipements de stockage et de consommation d'électricité.
- Bonjour Alexandre, on va commencer avec vous, si vous le voulez bien.
- Rattaché à l'université catholique de Lille, Junia est une grande école d'ingénieurs qui forme aux transitions.
- Alors, le monde se transforme évidemment à une vitesse sans précédent et avec lui, les métiers, les technologies et les attentes sociétales.
- Dans ce contexte, avec ces cycles de formation, Junia accompagne les transformations du monde.
- On va commencer par un chiffre.
- 88% des lycéens pensent que la science peut répondre aux grands défis de la science.
- Est-ce pour vous une bonne nouvelle ? C'est une bonne nouvelle, mais je la mets en perspective avec un autre chiffre.
- 46% d'entre eux considèrent que la science apporte autant de problèmes que de solutions.
- Et je pense que dans un sujet comme celui des transitions, et a fortiori dans une école d'ingénieurs spécialisés en sciences et technologies comme la mienne, c'est surtout ce deuxième chiffre qui m'interpelle.
- Sans les sciences, on n'arrivera pas à trouver ces innovations technologiques dont on a besoin pour engager ces transitions, et en particulier la transition environnementale.
- C'est bien là qu'on a raté quelque chose, finalement, sociétalement parlant, et je pense que c'est là-dessus que nous, en tant qu'acteurs de l'enseignement supérieur, on a quelque chose à apporter.
- Alors, les jeunes veulent évidemment innover, créer des solutions, résoudre des problèmes très concrets du monde.
- Est-ce finalement cela, être ingénieur aujourd'hui ? Oui, moi j'ai l'habitude de dire aux étudiants chez Junia, quand je les accueille à la rentrée, et on est en période de rentrée, que finalement, un ingénieur n'est pas un scientifique comme les autres.
- Pour moi, un ingénieur, c'est un passeur d'innovation, c'est-à-dire cette personne, scientifique de formation, certes, mais qui doit être capable de comprendre les besoins exprimés par la société, et d'apporter, en mobilisant des connaissances scientifiques très abstraites, des réponses concrètes à des besoins dont on voit bien qu'ils sont devenus de plus en plus complexes, finalement.
- Alors, finalement, comment les ingénieurs développent-ils les solutions durables de demain ? Je pense qu'il n'y a pas d'autre solution que déjà comprendre l'environnement, et je ne parle pas forcément de l'environnement au sens où ça nous intéresse ici, mais l'environnement dans lequel on vit.
- Un ingénieur, s'il n'est que scientifique, il passe à côté de l'essentiel.
- Finalement, un ingénieur doit aussi avoir ce bagage en humanité, ce bagage en science.
- Une science humaine, de façon plus générale, qui lui permet de comprendre les grands enjeux du monde, des enjeux socio-économiques, mais aussi des enjeux géopolitiques. On voit bien qu'une solution technologique qu'on apporterait en Afrique n'aura aucun impact sur le continent européen parce que les marqueurs géopolitiques, les marqueurs environnementaux ne sont pas les mêmes. Et former un bon ingénieur, c'est aussi le rendre capable de comprendre ces aléas qui s'imposent à lui pour arriver à adapter les sciences, finalement, aux besoins.
- Pour moi, un ingénieur, ça doit donner du sens aux sciences, avant tout.
- Alors, vous êtes aussi en train de nous dire que, les ingénieurs doivent être des changemakers.
- Ça veut dire quoi, concrètement, selon vous ? Changemakers, c'est le vocable qu'on utilise chez Junia pour expliquer notre projet pédagogique vis-à-vis des ingénieurs.
- En fait, moi, je suis frappé de voir de plus en plus de jeunes arriver dans l'enseignement supérieur en ayant une vision très théorique, finalement, du...
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