Retranscription des premières minutes :
- Artisans, porteurs de projets, apprentis, les chambres de métiers et de l'artisanat vous accompagnent.
- La CMA, artisans de la nouvelle économie, présente...
- Sud Radio C'est ça la France, Nathalie Schrengerma.
- Bonjour à tous et bienvenue dans C'est ça la France, l'émission du savoir-faire français.
- Le 6 octobre, c'est la journée nationale des aidants.
- Ils sont des millions de français à accompagner leurs proches au quotidien, à proches âgés, malades, en situation de handicap.
- Et parmi les gestes qui peuvent devenir compliqués, il y en a auxquels on ne pense pas spontanément.
- S'habiller, boutonner une chemise, enfiler un pantalon, lever les bras...
- Avec l'âge ou la maladie, ces gestes très simples peuvent devenir difficiles.
- On va en parler justement car c'est de ce constat qu'est née Forestim, une marque française qui imagine des vêtements adaptés, faciles à enfiler, mais avec une conviction, ce n'est pas parce qu'on perd en autonomie qu'on doit renoncer à être élégant.
- Des vêtements, bien évidemment, qui sont fabriqués sur le territoire.
- On en parle avec sa fondatrice, la fondatrice, de cette belle marque, Caroline Forest.
- Bonjour Caroline.
- Bonjour Nathalie.
- Caroline Forest, vous avez créé, non pas Forestime, mais Forestim, ce petit jeu de mots.
- Vous avez travaillé pendant 25 ans dans le textile.
- Qu'est-ce qui vous a poussé un jour à utiliser cette expérience pour vous intéresser aux vêtements des personnes âgées ? En fait, j'ai deux expériences qui m'ont poussé.
- Tout d'abord, j'étais vraiment marquée par la dernière étape de vie de mes grands-parents qui étaient en EHPAD et notamment sur la perte de dignité.
- Donc ça, c'était il y a plus de 20 ans et sur les problématiques qu'on avait quand on devenait dépendant.
- Et puis, plus récemment, j'ai rencontré une relation qui était directrice d'EHPAD et qui savait que je travaillais en textile, dans le textile, et qui m'a fait part justement de la difficulté qu'elle avait à la fois à contenter les familles et ses équipes, qui avaient du mal à habiller les seniors et qui se retrouvaient toujours confrontées dans le choix de soit du beau, soit du pratique.
- Mais jamais les deux en même temps.
- Mais alors, qu'est-ce que vous aviez observé justement chez eux, chez vos grands-parents ? Qu'est-ce qui avait été le plus marquant ? C'est vraiment ces scènes de devoir renoncer à l'élégance, la difficulté de s'habiller.
- C'est vraiment chez eux, au quotidien, que vous avez vu ça ? Alors, je l'ai vu dans l'EHPAD.
- J'avais une grand-mère qui avait toujours été très coquette et elle se trouvait confrontée à cette problématique-là.
- Et puis, même si elle avait été très coquette, elle avait toujours été très coquette.
- Et puis, même au-delà de ça, c'était vraiment la perte de dignité.
- Quand vous voyez les bavoirs, tout est infantilisant.
- Alors que, c'est ce que m'avait expliqué mon grand-père, je me souviendrai toujours de la discussion que j'ai eue avec lui, en me disant, j'ai toute ma tête et j'ai l'impression d'être considérée comme un bébé.
- Et c'est cette perte de dignité qui m'avait beaucoup frappée chez eux, parce que ça avait été des personnes qui étaient très charismatiques.
- Et ils se retrouvaient à un âge où, d'un seul coup, on les exclut de la société.
- Et voilà, ils étaient très infantilisés.
- Et ce sont ces témoignages qui sont revenus le plus souvent quand vous êtes allée à la rencontre de ces responsables d'EHPAD.
- Alors, on parle beaucoup de mobilité, d'alimentation lorsqu'on évoque la perte d'autonomie, mais beaucoup moins de l'habillement.
- Donc, c'est vrai que ne plus parvenir à s'habiller seule, c'est vrai que c'est difficile à vivre pour une personne qui vieillit.
- C'est très difficile à vivre.
- Et le fait de ne plus tout fermer les boutons, ou de mettre 20 minutes à fermer des boutons.
- Ma première cliente, j'étais à un salon, et je me souviendrai toujours de son expression, elle m'a dit « Ah, vous me sauvez la vie, j'ai mis 20 minutes ce matin à m'habiller. » Et le système avec l'ouverture aimantée est tellement pratique qu'en un clic, c'est fini.
- Et ça reste une chemise élégante.
- Et pour moi, c'était vraiment de concilier l'élégance et la praticité sur la collection.
- Alors, expliquez-nous comment...
Transcription générée par IA