Retranscription des premières minutes :
- Le Grand Matin Sud Radio, 7h-10h, Patrick Roger.
- Il est 7h13, 7 à la 1 sur Sud Radio, le nouveau coup de pression des agriculteurs au Parlement européen.
- Nous sommes avec Gérard Lorbert, qui est président de la FDSEA du Barin, agriculteur, producteur laitier, de betteraves, de céréales, une exploitation familiale avec sa femme, son fils, et un salarié, un apprenti.
- Donc c'est une ferme quand même très structurée. Bonjour Gérard Lorbert.
- Bonjour. Merci d'être avec nous.
- Donc vous allez à Strasbourg ce matin, devant le Parlement, c'est ça ? C'est ça. Bon, avec d'autres agriculteurs. Je crois qu'ils viennent de toute l'Europe, en fait.
- De partout. En fait, ils viennent de toute l'Europe. Il y a une délégation italienne assez importante, d'ailleurs.
- Il y a quelques 800 Italiens qui sont arrivés hier déjà en avion pour certains. D'autres sont en train d'arriver en bus.
- Il y a des Belges qui seront là. Il y a des Roumains qui seront là. Enfin ça vient de tous les pays européens.
- Oui, c'est ça. Parce que demain, il va y avoir la signature du Mercosur.
- Non, la signature a eu lieu samedi. La signature a eu lieu...
- Au Parlement. Je veux dire au Parlement, en fait. C'est ça.
- C'est ça. Non mais bien sûr, elle a eu lieu ce week-end.
- On a entendu Wanderleyen. Vous l'avez entendu, Wanderleyen, quand elle s'est exprimée, justement, lors du signe de la signature.
- Oui, oui, oui, oui. On l'entend, on l'entend, on l'entend. C'est la même Wanderleyen qui est déjà aux manettes depuis un petit bout de temps.
- C'est la même Wanderleyen qui a réussi à mettre à genoux l'ensemble de l'industrie automobile allemande qu'il faut sauver maintenant avec le Mercosur, quoi.
- Oui. Alors c'est ça. Vous pensez qu'effectivement, c'est une forme de compensation d'ouvrir le marché sud-africain.
- Américain pour l'industrie, notamment allemande. Et puis tant pis pour l'agriculture, quoi.
- Ben c'est pas qu'on le pense. Sauf que c'est presque une certitude. Parce qu'en fait, l'accord sur nous, il y a un certain nombre de produits agricoles qu'on va sacrifier.
- Permettre à de la viande brésilienne d'entrer sur notre marché européen sans taxes douanières ni quoi que ce soit, alors qu'ils n'ont pas du tout le même standard de production que nous.
- Ils utilisent encore des hormones. Moi, j'ai 40 ans de carrière.
- J'ai utilisé des hormones dans ma vie. Chez nous, c'est interdit depuis 50 ans. En 40 ans sûr, 40 ans sûr, eux, ils utilisent encore ça.
- Alors on nous dit qu'on va contrôler ça. Mais bien sûr qu'on va le contrôler. Mais c'est comme quand vous avez un taux d'alcoolémie dans le sang.
- Si je vous contrôle 3 jours après avoir eu 2 grammes, je trouverai rien du tout. Les Brésiliens, ils vont arrêter de mettre des hormones de croissance 3 semaines avant de les exporter.
- Alors vous trouverez rien du tout. Oui. Vous avez l'impression que ces contrôles ne seront pas efficaces. Sur le principe, vous êtes plutôt d'accord.
- Mais vous avez des doutes.
- Sur le principe, on dit depuis longtemps qu'il faut contrôler ce qui rentre plutôt que d'enquiquiner nos agriculteurs.
- Parce que nous, on est enquiquinés avec toutes ces normes et renormes. Et encore, c'est la même Europe qui nous a mis à traquer de normes dans la dernière mandature de Green Deal et de tout ce que vous voulez.
- Et là, on va pactiser avec des gens qui font de la déforestation sur un maïs, par exemple. Nous, eux, ils ont une centaine de molécules qu'ils utilisent encore, que nous, on n'utilise plus, etc., etc.
- On compare deux choses différentes. Si l'Europe, aujourd'hui... Alors c'est ce qui me fait rire. Ils ont pris toutes les mesures nécessaires et imaginables pour détruire l'industrie automobile et permettre aux Chinois de vendre de l'électrique parce que nous, on n'était pas prêts. Et ils veulent refaire la même chose avec l'agriculture.
- Oui. Alors il y a certains secteurs de l'agriculture, Gérard Lorbert, il faut reconnaître les choses, qui, eux, attendent cette ouverture quand même aussi du marché Mercosur pour pouvoir exporter certains fromages, produits laitiers, des vins, surtout quand on entend les nouvelles taxes, le nouveau wagon de taxes que veut...
Transcription générée par IA