Retranscription des premières minutes :
- Le Grand Matin Sud Radio, 7h-10h, Patrick Roger.
- C'est à la une des médecins libéraux spécialistes qui s'exilent symboliquement, évidemment, à Bruxelles pendant 3 jours pour, eh bien, alerter sur la situation de la médecine libérale.
- Nous sommes avec Philippe Cuc, qui est chirurgien à Toulouse, coprésident du syndicat Le Bloc.
- Bonjour, Philippe Cuc. Bonjour, bonjour.
- Vous êtes parti donc avec d'autres collègues à Bruxelles. Vous êtes plusieurs centaines, entre 1 000 et 2 000, c'est ça ? Oui, on était 1 900 exactement inscrits pour le voyage à Bruxelles. Nous sommes un peu moins à cause de réquisitions importantes.
- Seule réponse que la ministre de la Santé a apportée aujourd'hui au problème de la médecine libérale.
- Oui, parce que si vous êtes parti...
- En Belgique, là, c'est pour échapper, entre guillemets, aux réquisitions, à partir du moment où vous êtes en grève.
- Oui, c'est-à-dire que c'est un exil symbolique. C'est-à-dire qu'on voulait démontrer... Cette affaire, quand même, date depuis août 2025.
- Nous avons averti en août 2025. Et depuis, nous n'avons eu aucune réaction du gouvernement.
- Et nous voulons démontrer notre rôle aujourd'hui dans le système de santé français, en particulier au bloc opératoire.
- Nous opérons aujourd'hui 60% de la population française, dans des conditions qui sont reconnues dans le monde entier, et avec des conditions financières qui sont exceptionnelles, avec un reste à charge pour les patients, c'est-à-dire ce qui reste à payer après les assurances maladies obligatoires et les assurances complémentaires le plus bas d'Europe.
- Et on veut alerter sur ce sujet parce que, bien entendu, le projet de loi de financement de la Sécurité sociale n'a pas arrêté de taper, de taper sur la médecine.
- Oui. Et la médecine libérale, vous sentez qu'elle est véritablement en danger ? Parce que certains, j'aime faire l'avocat des autres, disent « Mais attendez, les médecins, globalement, y compris dans les cliniques, ils gagnent plutôt bien leur vie ». Qu'est-ce que vous répondez à ces gens-là qui peuvent critiquer votre action ? Si vous voulez, d'abord, ce sont des métiers extrêmement difficiles, de haute responsabilité.
- Ces médecins spécialistes travaillent souvent 60 heures, 70 heures par semaine, avec des conditions d'astreinte, de garde.
- Voilà. Donc ça, c'est une certitude. Et puis ensuite, nous avons un problème.
- C'est que les tarifs Sécurité sociale de nos actes sont probablement les plus bas d'Europe.
- Il y a des actes en chirurgie et en anesthésie qui n'ont pas été réévalués depuis 1990, ce qui impose à ces médecins de prendre des complémentaires.
- Des compléments d'honoraires. Alors certains disent « dépassement d'honoraires ».
- Oui, c'est ça, oui. Nous, nous parlons de compléments d'honoraires.
- Pourquoi ? Parce que vous avez des tarifs aujourd'hui qui sont extrêmement bas de remboursement des actes.
- Et donc pour pouvoir exercer dans de bonnes conditions, avec les règles de condition, des exigences de qualité, des exigences de sécurité, de l'innovation thérapeutique, nous sommes obligés de prendre des compléments d'honoraires.
- Bon.
- D'une façon générale, les médecins libéraux, aujourd'hui, vous vous sentez vous-mêmes maltraités.
- Et maltraités en quoi, alors ? Regardez, depuis le mois d'août, nous avons alerté de cet exil symbolique.
- Oui.
- Six mois. Il n'y a pas eu un coup de téléphone du ministère, pas eu un coup de téléphone de Matignon.
- Nous sommes près de 2 000 spécialistes du bloc opératoire.
- Nous avons quitté le territoire sans aucune réaction du gouvernement.
- Hum.
- Voilà. Alors je sais bien que M. Lecornu est très occupé. Il a beaucoup de problèmes à régler.
- Oui, il y a des changements en permanence de ministres de la Santé.
- Bien sûr. Bien sûr. Nous avons une conjoncture politique très complexe.
- Nous avons une conjoncture économique très complexe. Mais quand même, voyez, les agriculteurs sont reçus par M. Lecornu.
- Oui.
- Les agriculteurs que nous soutenons.
- Soutenons. Nourrissent la France. Les médecins soignent les Français, quand même.
- Oui, oui. Bon. Donc alors, vous êtes parti.
- Et certains aussi qui critiquent votre action, la manière en tout cas dont vous l'amenez, disent « Mais ce n'est pas dangereux, quand même, d'échapper à ces réquisitions ».
- Et à un moment donné, où dans les systèmes, dans les cliniques, comme dans les hôpitaux, d'ailleurs, il y a une surcharge en...
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