Retranscription des premières minutes :
- Le Grand Matin Sud Radio, 7h-10h. Patrick Roger.
- Il est 7h14 sur Sud Radio. C'est à la une, la grève des médecins. Un mouvement d'une ampleur unique, inédite, qui est annoncé.
- Nous sommes avec Franck Devulder, qui est gastro-entérologue et président de la Confédération des syndicats médecins médicaux français.
- Bonjour, Franck Devulder. Bonjour, Patrick Roger.
- Bon, merci d'être avec nous. Rappelons... Alors évidemment, parce qu'il y a beaucoup de revendications, mais les principales qui vous conduisent à ce mouvement de grève à partir d'aujourd'hui.
- Je dis grève, mais on appelle ça grève, même si ce n'est pas le véritable terme, d'ailleurs.
- Si, je pense que c'est le véritable terme. C'est une grève. C'est une grève qui se situe entre le 5 et le 15 janvier prochain.
- Tout le monde n'a pas fait grève pendant 10 jours d'affilée.
- Le taux de suivi est...
- ...excessivement important et va être très important. Ça va concerner l'ensemble des cabinets de ville, des spécialistes en médecine générale et d'autres spécialités, mais également les internes, les étudiants en médecine et l'hospitalisation privée. Les médecins travaillant dans les cliniques privées, dans les établissements de santé privée s'arrêteront définitivement dans 100 % des établissements, quasiment 100 % des établissements entre le 10 et le 14.
- Voilà, c'est ça. Bon, donc c'est un mouvement évidemment tournant par endroits.
- Franck Devulder, pourquoi donc, je le disais, cette grève, en quelques mots ? Pourquoi cette grève ? Parce que le gouvernement, certains parlementaires ont décidé d'en découdre avec la médecine libérale.
- On connaît tous les difficultés auxquelles sont confrontés nos concitoyens dans l'accès aux soins.
- C'est complexe, c'est multiple. Il faudrait revenir sur le remplacement et la formation des médecins.
- Il y a maintenant quelques dizaines d'années où on a décidé de diminuer fortement...
- le nombre d'étudiants en médecine. Et on paye aujourd'hui les conséquences de ces choix politiques.
- Mais regardons devant nous. Aujourd'hui, le gouvernement a décidé, par des mesures fortes, de nous attaquer.
- Ces mesures fortes consistent par exemple à donner la possibilité au ministère de la Santé de baisser d'autorité la valeur de certains actes médicaux, la valeur expertale de certains actes, mais également, pour un autre exemple, de mettre nos médecins dans un projet de loi, concernant la fraude, au même titre que ceux qui fraudent le fisc ou ceux qui fraudent par le trafic de substances illicites.
- Ce projet de loi anti-fraude vise à restreindre la prescription d'arrêt de travail, dans la durée notamment.
- Parce qu'il y a peut-être aussi eu des abus, Franck de Bulder, non ? Je ne dis pas qu'il n'y a pas de temps en temps, de façon assez rare, des abus. Je dis que le problème est complexe.
- Je dis que ça fait quatre ans...
- que l'assurance maladie, son directeur général, mène des campagnes pour inciter les médecins à prescrire moins d'arrêt de travail.
- On sait que la situation est difficile, qu'il y a plus d'arrêt de travail, parce que finalement, et on ne peut que s'en réjouir, il y a une plus grande partie de la population qui est au travail.
- Regardons, le taux de chômage a diminué, on sait qu'il y a plus d'arrêt de travail, parce que les effets du post-Covid, le président de la République lui-même l'a signalé sur son plan sur la santé mentale, a créé des dégâts sur notre psychisme, et ça conduit à une augmentation des arrêts de travail.
- Simplement, je vous partage, il y a une dynamique importante, il y a une dynamique de la progression des indemnités journalières et des arrêts de travail importantes.
- Moi, ce que je dis, avec force, c'est quand on en est à la quatrième campagne qui ne vise que les médecins, il est temps de changer son fusil d'épaule.
- Les usagers, ceux qui bénéficient des arrêts de travail de longue durée, doivent être accompagnés, doivent de façon systématique être pris en charge par le service du contrôle médical de l'assurance-maladie afin de trouver une solution, de vérifier si cet arrêt doit être poursuivi et trouver une solution pour leur cas particulier.
- On ne s'en sortira pas autrement.
- Franck De Bulder, président de la Confédération des syndicats médicaux français, avec d'autres syndicats, vous avez des rencontres...
Transcription générée par IA