Retranscription des premières minutes :
- Le Grand Matin Sud Radio, 7h-10h. Patrick Roger.
- C'est à la une. Ça fait beaucoup causer, évidemment, ce matin et depuis hier. Un baron de la drogue, un détenu considéré comme dangereux à Vendin-le-Vieil, a obtenu une permission de sortie aujourd'hui pour rechercher du travail, alors qu'il ne doit sortir que dans quelques années, puisqu'il espère une libération conditionnelle avant 2029. Nous sommes avec un surveillant de prison à Vendin-le-Vieil, justement, porte-parole de l'UFAP Unsa Justice. Bonjour à vous. Bonjour.
- Bon. On dit que beaucoup des surveillants de prison sont en colère après avoir appris cette décision de ce week-end. Quelle est votre réaction, justement ? Oui, c'est une décision incompréhensible.
- Ça débilise totalement le régime des quartiers de lutte contre la criminalité organisée.
- Oui. On approuve publiquement qu'on incarcère les 100 plus grands narcotrafiquants à Vendin-le-Vieil. C'est un peu contradictoire d'appliquer de telles décisions au sein de cet établissement.
- Oui. Alors c'est une décision légale, mais évidemment controversée, qui pose des questions sur la sécurité et la justice. Est-ce que vous avez eu des explications, de la part des autorités ? Oui. Effectivement, on se rend bien compte que le droit commun vient se heurter au régime des QFCO. Donc c'est un problème. Et le législateur doit prendre en compte ce nouveau régime.
- Oui. Parce que l'avocat, alors, de son côté, dit que le détenu a un comportement exemplaire par une rédemption qui a été examinée et vérifiée.
- Vrai ou pas ? Soit on considère qu'il est dangereux pour la société, ce qu'on pensait jusqu'à actuellement, puisqu'il a été incarcéré et affecté dans ce quartier.
- Soit on le considère comme plus dangereux. Et il n'a rien à faire au sein des quartiers de lutte contre la criminalité organisée.
- Quand on voit les escortes qui ont été mis en place très renforcées pour le transfert des détenus en juillet, on se dit que 4 mois plus tard, ils sortent seuls dehors.
- Il y a une incohérence totale.
- Oui. C'est ça. Alors je rappelle que la décision... Le directeur de la prison, lui, avait donné un avis défavorable.
- Le parquet de Béthune et le parquet général de la cour d'appel de Douai étaient également contre ça.
- Mais il y a la chambre d'application des peines de la cour d'appel de Douai.
- Qu'est-ce que vous dites à la justice et aux personnes qui ont pris cette décision aujourd'hui ? Je pense que, comme je vous l'ai dit précédemment...
- Le législateur doit revoir les choses.
- Et une personne affectée en QLCO ne doit pas obtenir une permission de sortie 4 mois après son arrivée au sein de ce régime, qui, je vous le rappelle, a été créé pour couper tout contact avec l'extérieur afin d'éviter de commanditer tout acte depuis l'intérieur de la prison.
- Oui.
- Donc maintenant, si on le laisse dehors au bout de 4 mois, il y a un réel souci.
- C'est totalement incohérent.
- Oui. Est-ce que vous estimez qu'il y a du laxisme ? Un petit peu, la semaine dernière, on a appris... Il y a eu cette histoire de Rennes, d'une sortie encadrée, certes, mais d'un détenu qui venait d'être condamné quelques mois plus tôt et qui s'est fait la belle également en allant visiter un planétarium.
- Donc là, il y a cette permission. On voit qu'il y a beaucoup de choses qui circulent, en fait, dans les prisons.
- Est-ce qu'il y a une forme de laxisme qui n'est pas due à vous, mais peut-être à l'ensemble de l'institution ? Écoutez, je dirais tout simplement que le système présente des failles.
- On s'en rend bien compte avec cet événement. Et c'est totalement absurde.
- Oui. Vos collègues et vous, surveillants de prison, quand vous voyez ça, ce genre de choses, ça suscite quoi chez vous ? De l'incompréhension totale, de la colère, ou finalement, vous êtes résigné ? Écoutez, oui, on est en colère, forcément. Le régime a été créé sur l'idée d'un régime ultra-renforcé avec beaucoup de sécurité pour couper tout contact avec l'extérieur. Et on comprend pas pourquoi, là, aujourd'hui, ils sortent seuls, sans surveillance.
- Ouais. Et l'avocate a dit un dernier mot. Elle a dit que les syndicats pénitentiaires s'occupent des conditions de travail.
- Et...
Transcription générée par IA