Retranscription des premières minutes :
- Le Grand Matin Sud Radio, 7h-10h, Patrick Roger.
- Il est 7h12, c'est à la une, l'assassinat du frère d'Amine Keïssassi, le militant écologiste à Marseille.
- Est-ce que c'est un point de bascule effrayant pour la France qui va vers la mexicanisation ? En tout cas, c'est ce qu'a déclaré le ministre de la Justice Gérald Darmanin.
- Nous sommes avec Saïd Amada, qui est ancien député de Marseille, président du Conseil National de Démocrates et Progressistes.
- Bonjour Saïd Amada.
- Bonjour.
- Merci d'être avec nous ce matin en direct sur Sud Radio.
- Vous connaissez très bien Amine Keïssassi, le frère de Mehdi.
- Comment lui va-t-il aujourd'hui, ce week-end ? Écoutez, comme toute sa famille, il est effondré, mais il reste solide.
- Il reste engagé, extrêmement motivé évidemment, combatif, et c'est tout lui, c'est son caractère, c'est ce qui le caractérise.
- Son frère sera enterré, vous le disiez, cette semaine.
- Donc aujourd'hui, tout le monde est concentré là-dessus, et puis le reste suivra.
- Le reste suivra évidemment.
- Amine Keïssassi s'est engagé, on le sait, politiquement contre le trafic de drogue.
- Ça ressemble à une forme d'assassinat politique, Saïd Amada, ou pas ? Évidemment.
- Je ne sais pas ce que seront les conclusions de l'enquête, mais ce que je peux vous dire, c'est qu'à Marseille, pas une personne ne doute qu'il s'agisse d'un assassinat politique.
- Lorsque vous êtes protégé par la police, exfiltré de Marseille pour avoir écrit un livre, lorsque votre frère assassiné n'a absolument aucun lien avec la paix marseillaise, avec les trafics, qu'il préparait même le concours gardien de la paix, il est évident que le crime a été perpétré pour des raisons politiques, pour des opinions politiques, ce qui est une première à Marseille.
- C'est une première en tout cas depuis le juge Michel, vous le rappelez sur votre antenne.
- Donc c'est une vraie bascule qui n'a pas de précédent dans l'histoire du narcotrafic à Marseille et qu'il faut prendre à sa juste mesure.
- Je salue d'ailleurs la réaction de Ramana.
- Honnêtement, c'est à l'aune de cela qu'il faut mesurer ce qui vient de se passer.
- On arrive pas à pas depuis des décennies maintenant vers ce qu'on connaît aujourd'hui en Amérique du Sud, des États voyous tenus par les narcotrafics.
- Et ces étapes, on les franchit régulièrement.
- Et à ce qui nous attend, on le sait.
- On le sait aujourd'hui.
- Personne ne peut dire qu'il ne sait pas ce qui se passera.
- Oui, qu'est-ce qui nous attend, Saïd Hamada, selon vous justement, avec ce qui ressemble à une forme de prise de pouvoir des narcotrafiquants ? C'est-à-dire qu'ils font peur à tout le monde, ils imposent le silence et ils font régner les balles pour ce silence.
- En fait, tout dépendra de notre réaction.
- Aujourd'hui, la démocratie vacille.
- C'est-à-dire que si à Marseille, pour être très clair, des personnes comme moi, des engagés politiques comme vous, etc.
- , lorsqu'on s'exprime à la radio, on réfléchira à deux fois lorsqu'on devra parler de narcotrafic.
- Et c'est là où il ne faut pas les laisser gagner.
- Je parle pas tant pour moi, parce que vous me connaissez, moi j'essaie de prendre des positions quand je peux le faire, quand je dois le faire, mais évidemment que je réfléchirai parce que j'ai une famille et toutes celles et tous ceux qui aujourd'hui ont un engagement politique à Marseille devront réfléchir.
- Et c'est là où la démocratie vacille, c'est là où je dis qu'il faut qu'on réagisse de manière extrêmement forte.
- Moi, je me souviens, il y a quelques années, y compris sur votre antenne, je disais attention, le narcotrafic à Marseille, on ne l'appelait pas encore comme ça, ne se cantonne pas à Marseille, il va se répandre.
- Parce que tout le monde pensait que les problèmes marseillais de meurtre à répétition étaient des problèmes qui ne concernaient que Marseille.
- On voit aujourd'hui que ce n'est pas le cas.
- On le sait.
- Ce trafic s'est étendu et il se passera la même...
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