Retranscription des premières minutes :
- Bonjour à tous, nous allons passer ces deux heures ensemble sur Sud Radio, nous allons parler de notre enfance, on sait qu'elle joue un rôle essentiel dans notre construction, notre manière de nous aimer, de chercher l'amour et bien sûr ça joue aussi un rôle dans notre rapport plus tard à la sexualité.
- Du coup on comprend tout à fait que les abus sexuels durant l'enfance vont perturber énormément la sexualité, notamment au moment de l'adolescence et parfois durant toute notre vie d'adulte.
- Nous sommes aujourd'hui avec Gaël Lacheret, il travaille sur ce sujet et j'apprécie beaucoup son approche un peu complexe mais pourtant très juste.
- Et oui, il nous dit que les prédateurs repèrent leurs victimes et ils choisissent un enfant qui est plus désarmé, souvent parce que la famille n'a peut-être pas assez su.
- Lui, le protéger, lui expliquer que son corps lui appartenait, bref, accepter cette part en soi un peu fragile, et bien ça fait partie aussi de la reconstruction d'une victime.
- Alors si vous avez envie de mieux comprendre comment vous pouvez aller mieux malgré des abus sexuels, et bien on peut en parler ensemble et vous pouvez donc nous appeler au 0 826 300 300.
- Vous pouvez également envoyer un SMS, vous envoyez Brigitte au 7 20 18.
- Bonjour Gaël Lacheret.
- Bonjour Brigitte.
- Alors vous avez la dure tâche de remplacer Bruno Clavier qui malheureusement actuellement ne peut plus venir parler de ce sujet qui nous tient tous à cœur parce que c'est tellement important.
- Donc merci d'être là d'abord.
- Avec grand plaisir.
- Vous avez écrit un manuscrit qui n'est pas encore tout à fait édité et j'espère que vous allez trouver très vite un éditeur, en tout cas on y travaille.
- Ça s'appelle les quatre lois de l'abus.
- Donc le titre déjà il est clair, vous parlez bien de l'abus et on va parler peut-être durant toutes ces deux heures des quatre lois.
- Et vous-même vous avez été abusé quand vous étiez enfant et c'est un peu de là que part d'ailleurs votre manuscrit puisque vous racontez à quel point quand on a été abusé on peut être parfois très perdu finalement dans ses fantasmes, dans ce qu'on ressent.
- Oui tout à fait.
- Et qu'il est resté non conscient pendant 40 ans.
- Ce qui est souvent le cas d'ailleurs.
- Ce qui est très souvent le cas pour les abus de l'enfance avec ce fameux phénomène d'amnésie post-traumatique pour se protéger en fait.
- Et contrairement aux abus conscients où il y a des images très claires, il y a de la matière entre guillemets sur laquelle travailler et du coup on peut mettre en place tout un tas de techniques pour gérer cette matière.
- Là la difficulté quand il y a une amnésie c'est qu'on a l'impression que la maison...
- La maison qu'on habite entre guillemets est normale.
- Ou en tout cas vu de l'extérieur et même quand on se regarde de nous on a l'impression qu'on est normal, qu'on est normaux.
- Sauf que les fondations de cette maison n'ont jamais eu le temps de s'établir correctement.
- C'est un peu comme si à peine vous commenciez à creuser pour les fondations, il y a quelque chose qui arrive, qui détruit tout.
- Et derrière la maison se construit tant bien que mal sans avoir conscience...
- Un peu sur des sables mouvants quoi.
- Exactement.
- Sans avoir conscience qu'il s'est passé quelque chose.
- Et du coup quand on arrive à l'âge adulte, il y a une espèce de paradoxe de se dire j'ai une vie finalement à peu près normale, je crois être à peu près normale, sauf que dans le monde intérieur il n'y a rien qui est normal.
- Et on ne sait pas d'où ça vient.
- C'est toute la différence avec un abus conscient.
- Là on ne sait pas d'où ça vient.
- Et on ne peut que constater que tiens c'est bizarre, j'ai régulièrement des cambrioleurs qui passent par la porte de la cuisine alors que les autres ils n'ont pas ça.
- Parce que la porte de la cuisine elle est correcte en fait.
- Sauf qu'elle n'est pas correcte.
- Elle n'est pas comme les autres en fait.
- Et ça petit à petit on...
Transcription générée par IA