Retranscription des premières minutes :
- 14h-16h, Brigitte Lahaye, Sud Radio.
- Bonjour à tous, nous allons passer ces deux heures ensemble sur Sud Radio et nous allons continuer à parler de violence.
- Alors c'est un sujet qui était prévu depuis pas mal de temps mais ça tombe peut-être très bien, cette synchronicité dont je ne suis pourtant pas la cause.
- On va parler de violence conjugale parce que c'est vrai que ça commence souvent de manière très silencieuse et c'est peut-être pour ça qu'elle est difficile à reconnaître, à accepter.
- C'est d'abord des mots blessants, une attitude qui est peu en corrélation avec les sentiments qui ont été annoncés au départ.
- Alors c'est vrai, c'est plutôt les femmes qui subissent de la violence conjugale mais attention, les hommes aussi subissent cette violence conjugale.
- Elle est certainement très silencieuse parce qu'il y a rarement de la violence physique, forcément.
- Néanmoins, elle est tout aussi inacceptable.
- Alors pourquoi on accepte ? Pourquoi on accepte cette violence conjugale ? Alors j'entends souvent que c'est au nom de l'amour.
- Or l'amour n'a rien à voir avec la violence.
- Je crois que, et là j'insiste parce que je crois que ce que je vais dire est important quand on parle de violence, c'est souvent le manque d'amour de soi qui autorise d'être violent ou d'accepter d'être maltraité.
- C'est ce qu'on va voir avec Sarah Barou qui est avec nous.
- On va essayer de décoder tous ces mécanismes de violence dans le couple et puis bien sûr on compte sur vos témoignages puisque vous le savez, on aime bien parler avec vous parce que ça vaut tous les grands discours.
- Donc n'hésitez pas de venir nous rejoindre.
- Pour ça, vous composez le 0 826 300 300.
- Vous pouvez également envoyer un SMS.
- Vous envoyez Brigitte au 7 20 18.
- Bonjour Sarah Barouk.
- Merci d'être avec nous.
- Bonjour Brigitte.
- Vous travaillez depuis longtemps et je dirais que vous travaillez de manière très très efficace.
- Vous avez terminé un documentaire qu'on verra bientôt sur Canal+.
- Avec des femmes qui agissent sur...
- sur le terrain pour libérer les femmes et pour les rendre responsables de leur vie.
- Vous avez également ce site, 125etaprès.org où toute femme ou homme d'ailleurs qui subit de la violence peut aller voir et chercher des conseils.
- Et puis surtout vous avez créé cette société, un mouvement Safe Place dans laquelle vous faites beaucoup de choses, notamment avec les entreprises pour qu'on puisse se libérer de la violence conjugale.
- La violence, je disais, c'est souvent quelque chose qui ne va pas en soi, qui nous rend violent.
- Et on peut imaginer que tout ce qu'on a vu ce week-end, ça montre plutôt des gens qui sont loin d'eux-mêmes, j'ai envie de dire.
- Parce que sinon, je ne vois pas pourquoi on pourrait être aussi stupide.
- Et puis, accepter la violence de l'autre, c'est aussi un manque de confiance en soi, un manque d'amour de soi.
- Vous êtes d'accord avec ça ? Je suis totalement d'accord.
- Alors, je ne suis pas...
- spécialiste des violences sociales, des casseurs, etc.
- Il n'empêche que lorsqu'on prend le temps d'interroger toutes ces personnes qui commettent des actes violents dans la société, qui se radicalisent d'une manière ou d'une autre, en général, ça n'exige pas un temps extrêmement long avant de se rendre compte qu'il y a une fracture chez eux, qu'ils ne s'aiment pas énormément, qu'ils n'ont pas reçu l'amour, la sécurité, la protection dont ils avaient besoin quand ils se dessinaient.
- Donc, une minute de psychologie à part.
- Évidemment qu'il y a une communication entre failles narcissiques.
- Que finalement, le couple d'une personne maltraitante et d'une personne maltraitée, déjà, ça fonctionne à deux.
- Il n'y a pas de victime sans bourreau, il n'y a pas de bourreau sans victime.
- Et pourquoi ces personnes-là se rapprochent ? Tout simplement parce que leurs douleurs se font écho.
- Et que dans le quotidien d'une relation toxique, on se rend compte qu'on passe, de manière assez régulière, de l'envie de sauver quelqu'un, de l'envie d'endosser le rôle de sauveur, à un rôle de victime, quelque part.
- Et celui qu'on veut sauver devient notre bourreau.
- Exactement. Et inversement.
- Et je vais donner... Alors moi, j'aime bien partir d'exemples...
Transcription générée par IA