
- Nom complet : Raphaël Glucksmann
- Date de naissance : 15 octobre 1979
- Professions : Essayiste, réalisateur, homme politique
Jeunesse et origines
Raphaël Glucksmann naît le 15 octobre 1979 à Boulogne-Billancourt, dans les Hauts-de-Seine. Il est le fils du célèbre philosophe et essayiste André Glucksmann, issu d'une famille juive ashkénaze, et de Françoise Glucksmann, elle-même fille de la philosophe Jeannette Colombel. Interrogé sur son origine sociale, il s'est décrit comme issu d'un milieu « aisé » et « mondialisé ».
Son histoire familiale est marquée par son grand-père paternel, Rubin Glucksmann, militant sioniste puis espion soviétique qui opéra en Allemagne nazie, en Angleterre et en Espagne aux côtés du camp républicain, avant d'être arrêté à Londres et de mourir au large de l'Irlande en 1940 lors du torpillage de son navire par un U-Boot allemand.
Études et formation
Il effectue ses études secondaires à Paris au lycée Lamartine, puis intègre une classe préparatoire littéraire (hypokhâgne-khâgne) au lycée Henri-IV. De 1999 à 2003, il étudie à l'Institut d'études politiques de Paris (Sciences Po), dont il ressort diplômé.
Vie privée
En 2009, il épouse Eka Zgouladze, femme politique géorgienne et ukrainienne ayant occupé des postes de vice-ministre de l'Intérieur dans ces deux pays, avec qui il a un fils né en 2011. Depuis 2015, il est en couple avec la journaliste et animatrice de télévision Léa Salamé, rencontrée sur le plateau de l'émission On n'est pas couché. Ensemble, ils ont un fils prénommé Gabriel, né en 2017.
Premiers engagements et débuts professionnels
Raphaël Glucksmann débute par le journalisme et la réalisation, effectuant un stage de sept mois en Algérie pour le quotidien Le Soir d'Algérie. En 2003, il fonde l'association Études sans frontières pour venir en aide aux étudiants de Tchétchénie souhaitant étudier à Paris.
Il réalise ensuite plusieurs documentaires géopolitiques : Tuez-les tous ! (2004) sur le rôle de la France dans le génocide des Tutsi au Rwanda, et un film sur la révolution orange en Ukraine (2004-2005). Entre 2006 et 2008, il contribue à la revue pro-américaine Le Meilleur des Mondes aux côtés de son père.
Plus tard, il collabore comme chroniqueur à l'émission dominicale Questions politiques sur France Inter (2017-2018) et prend la direction de la rédaction du Nouveau Magazine littéraire (2017-2018), d'où il est licencié après avoir ouvertement critiqué Emmanuel Macron. Il publie parallèlement plusieurs essais engagés sur le réveil citoyen et la crise démocratique.
Carrière politique
- 2006-2007 : Court rapprochement avec le parti Alternative libérale, qui l'annonce sur ses listes pour les législatives de 2007 avant qu'il ne se retire pour désaccord d'idées.
- 2009-2012 : Conseiller spécial auprès de la présidence de la Géorgie, sous le mandat de son ami Mikheil Saakachvili.
- 2013-2014 : Engagement en Ukraine lors du mouvement Euromaïdan à Kiev, où il conseille bénévolement le politicien Vitali Klitschko.
- Depuis 2018 : Cofondateur et coprésident du parti politique Place publique.
- Depuis 2019 : Député européen (réélu en 2024 en tant que tête de liste d'alliance avec le Parti socialiste).
- 2020-2024 : Président de la Commission spéciale sur l'ingérence étrangère et la désinformation au Parlement européen.
- 23 août 2026 : Annonce sa candidature à l'élection présidentielle de 2027 via la primaire interne du Parti socialiste.
Temps forts de son parcours
- Polémique sur la stratégie électorale (2026) : En mai 2026, la fuite d'une note confidentielle de son équipe suscite des remous. Intitulée « Les trois publics cibles », elle suggérait d'exclure les banlieues, les classes populaires et les jeunes des efforts prioritaires pour se recentrer sur les CSP+ et les retraités aisés. Raphaël Glucksmann a fermement récusé ce document de travail qu'il a qualifié de note volée sans valeur politique.
- L'affirmation d'une force électorale à gauche : Après une liste européenne créditée de 6,2 % en 2019, il mène la campagne de 2024 avec une dynamique forte, obtenant 13,8 % des suffrages exprimés et hissant son alliance avec le PS à la troisième place nationale.
- Combat pour les Ouïghours et sanctions de Pékin : Très engagé au Parlement européen sur les droits de l'homme, il orchestre une vaste campagne de sensibilisation face au génocide culturel des Ouïghours. En représailles, il est placé sur liste noire par les autorités chinoises et banni du territoire en 2021.
- Positionnement ukrainien intransigeant : Se qualifiant autrefois de « consultant en révolution », il plaide dès le début du conflit pour un soutien militaire accru à l'Ukraine, réclamant l'arrêt des importations d'hydrocarbures russes et estimant que la France doit passer en « économie de guerre ».
- Rupture totale avec la ligne de La France insoumise : S'il rallie le Nouveau Front populaire en 2024 pour contrer l'extrême droite, il pose des conditions fermes et exclut tout gouvernement mené par Jean-Luc Mélenchon. Il milite pour que la gauche s'émancipe de LFI, allant jusqu'à refuser des alliances locales pour les municipales de 2026.