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La biographie et le CV de Clémentine Autain

Jeunesse et origines

Clémentine Autain naît le 26 mai 1973 à Saint-Cloud, dans les Hauts-de-Seine. Elle est la fille du chanteur Yvan Dautin (de son vrai nom Yvan Autain) et de la comédienne Dominique Laffin. Son histoire familiale réunit des trajectoires politiques très contrastées : son grand-père maternel, André Laffin (1922-1966), chirurgien-dentiste issu d'une famille aisée de Haute-Savoie et ancien praticien militaire en Indochine, fut député d'extrême droite de l'Yonne et cofondateur du Front national pour l'Algérie française aux côtés de Jean-Marie Le Pen. À l'opposé, son oncle paternel François Autain (1935-2019) était un homme politique engagé à la gauche de gouvernement.

Elle grandit à Paris, boulevard des Batignolles. À l'âge de 4 ans, elle interprète le rôle de Pamela au cinéma aux côtés de sa mère dans le film Les Petits Câlins de Jean-Marie Poiré. À 10 ans, passionnée par le chant, elle intègre le groupe d'enfants Abbacadabra et reprend des titres du groupe ABBA sur les plateaux de télévision. Elle perd sa mère en 1985, alors qu'elle n'a que 12 ans.

Études et formation

Clémentine Autain effectue son cursus universitaire à l'université Paris-VIII Vincennes-Saint-Denis. Elle y obtient une maîtrise d'histoire consacrée à l'Algérie française, puis un diplôme d'études approfondies (DEA) dont le mémoire porte sur le Mouvement de libération des femmes (MLF) et la législation relative au corps des femmes entre 1967 et 1982.

Vie privée

Clémentine Autain est mère de deux enfants (un fils et une fille) nés de son union passée avec Mikaël Garnier-Lavalley. Depuis 2012, elle vit au sein d'une famille recomposée, pacsée avec un professeur exerçant en Seine-Saint-Denis et père de deux enfants.

À l'âge de 23 ans, elle subit un viol sous la menace d'une arme blanche aux abords de l'université Paris-VIII. Elle choisit d'en faire part publiquement dix ans plus tard, en 2006, afin de briser le tabou entourant le viol et d'imposer la question des violences faites aux femmes au cœur du débat public.

Premiers engagements et débuts professionnels

Son engagement militant débute à la fin des années 1990 au sein du syndicalisme étudiant (UNEF-SE), de l'Union des étudiants communistes et du Collectif féministe contre le viol. En 1997, elle fonde le mouvement féministe Mix-Cité, dont elle devient coprésidente. En 1998, elle participe à la création du cercle de réflexion antilibéral la fondation Copernic.

Sur le plan professionnel, elle travaille d'abord comme collaboratrice parlementaire du sénateur socialiste Georges Mazars, puis de la conseillère de Paris Cécile Silhouette. En 2001, elle mène la liste soutenue par le PCF aux municipales dans le 17e arrondissement de Paris face à Françoise de Panafieu. Battue au second tour, elle est nommée adjointe au maire de Paris Bertrand Delanoë chargée de la Jeunesse (2001-2008), mandat au cours duquel elle développe les Conseils de la jeunesse de Paris.

Elle mène parallèlement une activité médiatique et éditoriale : elle devient directrice de la publication du magazine Regards, intervient comme chroniqueuse à la télévision et publie de nombreux essais engagés (Alter égaux, Banlieue, lendemains de révolte, Dites-lui que je l'aime, Assemblées).

Carrière politique

  • 2001-2008 : Conseillère de Paris et adjointe au maire de Paris (Bertrand Delanoë) chargée de la Jeunesse.
  • 2008-2013 : Cofondatrice et porte-parole de la Fédération pour une alternative sociale et écologique (FASE), mouvement membre du Front de gauche.
  • 2012 : Porte-parole de Jean-Luc Mélenchon durant la campagne présidentielle.
  • 2013-2023 : Dirigeante du mouvement Ensemble ! au sein du Front de gauche.
  • 2014-2020 : Conseillère municipale de Sevran.
  • 2015-2017 et 2021-2023 : Conseillère régionale d'Île-de-France.
  • Depuis 2017 : Députée de la 11e circonscription de la Seine-Saint-Denis (réélue en 2022, puis dès le premier tour en 2024).
  • 2018-2021 : Secrétaire du Bureau de l'Assemblée nationale.
  • Depuis juillet 2024 : Cofondatrice du mouvement L'Après et députée siégeant au groupe Écologiste et Social.

Temps forts de son parcours

  • Combats féministes et victoire parlementaire : Figure du féminisme contemporain, elle lance en 2012 le « Manifeste des 313 » (« Je déclare avoir été violée ») dans L'Obs. En janvier 2022, sa proposition de résolution visant à inscrire l'endométriose sur la liste des affections de longue durée (ALD) est adoptée à l'unanimité par l'Assemblée nationale. Elle est favorable à la PMA mais s'oppose fermement à la GPA.
  • Rupture progressive et fracassante avec La France insoumise : Porte-parole de Jean-Luc Mélenchon en 2012 puis élue députée LFI en 2017 et 2022, elle émet dès 2018 des réserves sur le manque de pluralisme interne. Elle fustige la gestion de l'affaire Adrien Quatennens, critique le « rétrécissement » du parti et se voit accusée de « sabotage » par Jean-Luc Mélenchon début 2024. Elle consomme la rupture définitive en juillet 2024 en quittant LFI après l'éviction des députés frondeurs aux législatives.
  • Cofondation de L'Après et travail parlementaire : En juillet 2024, elle cofonde avec d'autres anciens frondeurs insoumis (Alexis Corbière, Danielle Simonnet) le mouvement L'Après pour cimenter le Nouveau Front populaire. Membre du groupe Écologiste et Social, elle défend à l'Assemblée la proposition de loi « taxe Zucman » créant un impôt plancher sur les ultra-riches.
  • Engagements internationaux (Ouïghours et Palestine) : Très investie sur la défense du peuple ouïghour, elle co-préside le groupe d'études Ouïghours à l'Assemblée nationale avec Olivier Faure à partir de fin 2022. Elle s'engage également pour les droits des Palestiniens, ce qui lui vaut d'être interdite d'entrée sur le territoire israélien lors d'un déplacement d'élus en 2017.
  • Débats et controverses : Son parcours comprend plusieurs controverses, dont sa signature de l'appel des Indigènes de la République en 2005 (retirée après la signature de Tariq Ramadan), un tweet sur les agressions sexuelles de 2016 à Cologne vivement critiqué par ses détracteurs, ainsi que des tensions autour de la gestion en interne de l'affaire Taha Bouhafs en 2022.

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Crédit photos : ©Sud Radio / Pierre Olivier

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