Retranscription des premières minutes :
- Le Grand Matin Sud Radio, 7h-10h. Patrick Roger.
- Soyez libres, Elisabeth Lévy, comme chaque matin. Bonjour, Elisabeth.
- Bonjour, Patrick. Bonjour à tous.
- Bon, on l'a entendu ce matin déjà et dans le journal encore à l'instant. Le ton monte entre Donald Trump et Emmanuel Macron.
- Oui, oui. Alors susceptible comme une jeune fille est conduite, Donald Trump n'a pas apprécié qu'Emmanuel Macron décline son invitation à intégrer, vous savez, son onubis, le Conseil de la paix. C'était apparemment une proposition qu'on ne peut pas refuser.
- Alors aussi sec, il a donc diffusé un message privé où Macron lui donne du « mon ami » et lui dit qu'il ne comprend pas ce qu'il fait au Groenland et l'invite à Paris pour en parler.
- Alors donc Trump a répondu hier pendant sa conférence de presse assez baroque. Il a dit qu'il n'irait pas et il a ironisé sur le fait qu'il aime bien Emmanuel mais que celui-ci n'est plus...
- Il n'est plus là pour longtemps. Traduction cause toujours. Bon, ce n'est pas la première fois que Donald Trump se moque de notre président.
- C'est d'ailleurs énervant. Sa fixette sur Macron donne envie quand même de penser que la fermeté du président serait-elle seulement verbale, la gasse prodigieusement, ou alors il pense que la France ne compte pas. En tous les cas, Patrick, ce n'est pas un scoop.
- Trump n'a pas de « sur moi », pas de fil, comme l'a dit Régis Maillot.
- Il insulte ses alliés, il fait des caprices, comme on l'a vu avec cette lettre folle au Premier ministre norvégien dont vous avez parlé, et il pratique le rapport de force brute façon mafieux.
- Oui. Mais tout de même, la diffusion de messages semi-privés, c'est ça, avec le SMS, c'est un nouveau cap, non ? Vous ne trouvez pas, Elisabeth ? Oui. Alors on pourrait appeler ça un « revenge poll ». Vous savez, il y a des « revenge poll ». Maintenant, c'est un « revenge poll ».
- Même si, en fait, ce n'est pas très mauvais pour l'image de Macron. C'est même plutôt pas mal.
- La nouveauté, en réalité, ça n'est pas vraiment... Ce n'est même pas ça. Ça, c'est encore une petite entorse.
- Ce n'est pas non plus que le pouvoir se mette en scène. Ça, c'est vieux comme les Ray-Bans du président.
- C'est l'effacement total chez Trump de la barrière entre public et privé.
- L'homme le plus puissant du monde s'exprime publiquement comme Madame Michu ou comme n'importe quel ado accroché à son écran.
- Alors, vous connaissez certainement la théorie des deux corps du roi.
- Un mortel, un corps mortel, un corps éternel. L'homme est la fonction.
- Pour résumer, chez Trump, ils ne font qu'un. Et, dans le fond, Emmanuel Macron, dans une moindre mesure, efface aussi cette distinction.
- Par exemple, quand il se trémousse avec des youtubeurs ou des rappeurs.
- Mais, Patrick, le poisson ne pourrit pas seulement par la tête, contrairement à ce qu'on dit dans le petit livre rouge.
- En réclamant la transparence à tous les étages, nous contribuons, nous aussi, tous, à l'entreprise de désacralisation. Le programme, c'est exhibition pour soi, dévoilement pour les autres.
- Nous avons le droit de savoir et, surtout, maintenant, nous avons le droit de voir, de voir la vie de notre voisin et celle de notre président.
- Le pouvoir doit donc s'exercer en pleine lumière, sous surveillance constante du projecteur de l'opinion.
- Ce qui est caché, c'est suspect. Eh bien, ça, ça dessine un rêve totalitaire, car, comme l'amour et comme la vie elle-même, le pouvoir a besoin de secrets.
- Oui.
- En tout cas, on vous invite aussi, justement, à nous en parler. Est-ce que Trump est trop provocateur, va beaucoup trop loin ou pas ? Ou alors, est-ce que, finalement, il donne des leçons d'un certain, quoi, réalisme, réel politique, quoi, c'est ça, géopolitique ? J'aimerais vous entendre, 0826...
- Vous aimez les Westerns, hein ? Non, ben oui, oui, oui, ben c'est ça. C'est un petit peu, évidemment, cette tradition.
- Est-ce que l'Europe, aussi, est prête à une guerre économique contre les États-Unis ? Parce qu'il faut s'attendre.
- En fait, quand même, aussi, à cela. Ça, c'est assez intéressant. Nous en parlerons...
Transcription générée par IA