Retranscription des premières minutes :
- Le Grand Matin Sud Radio, 7h-10h. Patrick Roger.
- Il est 8h09. Soyez libres, Elisabeth Lévy. Bonjour.
- Bonjour Patrick. Bonjour à tous.
- Alors nous revenons sur Donald Trump. Et puis il y a un sondage assez intéressant que vous allez justement nous donner.
- Est-ce qu'il faut résister à la volonté de Donald Trump d'accaparer le fameux Groenland ? Eh oui, parce que c'est pour son anniversaire à la Maison-Blanche, c'est aujourd'hui.
- Ah oui, d'accord.
- Oui, c'est aujourd'hui, ça fait un an. Donald Trump veut s'offrir le Groenland.
- Et d'après ce sondage IFOP, eh bien 70% des Français veulent que la France s'y oppose.
- Et 63% sont favorables à ce qu'on participe à une mission militaire européenne dans le territoire arctique.
- Bon, c'est pas encore l'envoi de nos canonnières.
- Les moins interventionnistes, curieusement, ce sont les électeurs du RN, qui sont tout de même pour une...
- Une réaction à 60%, ce qui est paradoxal, puisqu'ils sont souverainistes.
- Mais au-delà du RN, on a vu beaucoup de...
- On a entendu beaucoup de commentateurs et d'experts qui invoquent le gaullisme à tout bout de champ général, aveuglés par leur tropisme trumpiste, qui préfèrent ricaner, regarder ailleurs le Groenland.
- Ha ha ! C'est loin, c'est froid.
- Et puis, qu'est-ce qu'on en a à faire de 35 000 habitants qui ne veulent pas être américains ? On ne va pas mourir pour Kiev, braillait-il hier.
- On ne mourra pas pour nous, disent-ils aujourd'hui.
- Et qu'ils se rassurent, personne ne leur demande ce sacrifice.
- Alors, les stratèges en chambre expliquent pour leur part que, de toute façon, c'est beaucoup mieux que le Groenland.
- Soit américains que chinois, en réalité, cela revient à accepter le partage du monde entre grandes puissances et le chantage de Trump, qui se comporte avec ses alliés, comme Poutine, avec les pays frères.
- Vous savez, comme on disait en Union soviétique.
- Alors, les Français, peut-être, sont-ils plus courageux que leurs...
- ou que cette partie de leurs élites qui est pour se soumettre ? Mais ces Français ne veulent pas être les dindons de la farce impériale.
- Et, à mon avis, ils ont raison.
- Bon, d'accord. Mais est-ce qu'on a les moyens, entre guillemets, de nos ambitions ? C'est-à-dire de résister, comme ça ? Eh bien, soyons clairs, non.
- Enfin, on n'a pas, disons, on n'a pas tous les moyens qu'on voudrait.
- Mais est-ce qu'on avait les moyens d'être à la table des vainqueurs en 1945 et de résister, d'ailleurs, aux Américains à plusieurs reprises, comme de Gaulle dans les années 60 ? Bon, d'accord.
- D'accord, on n'a pas de Gaulle.
- C'est vrai, on attaque beaucoup Macron, et c'est Emmanuel Macron, pardon.
- Et c'est 15 soldats, ils sont conçus là.
- Mais, bon, c'est toujours mieux que de ne rien faire du tout.
- Et puis, nous avons des atouts, on en parlera peut-être dans le débat.
- Mais, enfin, je veux dire, l'Europe est un marché indispensable pour l'Amérique.
- Donc, on n'est pas non plus rien.
- Et pourtant, pourtant, la crise groenlandaise montre que l'Europe est vassalisée.
- Les Américains ne sont plus un allié, ce sont un maître.
- Et je pense qu'il faut tirer deux leçons de cette crise.
- D'abord, si nous voulons retrouver notre indépendance face aux Américains, il faut oublier l'Union Européenne, qui est une machine à fabriquer de l'impuissance, puisque nous n'avons pas tous les mêmes idées, les mêmes intérêts.
- On ne fera rien à 27, dont une bonne partie, d'ailleurs, d'Anne-Marc en tête, dépend des Américains pour son armement.
- Et deuxièmement, il faut arrêter de faire croire aux Français, en tous les cas, il faut arrêter, ils doivent arrêter de le croire, qu'ils peuvent avoir l'indépendance, la souveraineté, l'éthique, l'état social et la puissance militaire.
- Nous avons eu 50 ans de paix, et au lieu d'en profiter pour nous réarmer, nous avons tout claqué à l'ombre du parapluie américain.
- Alors nous commençons à comprendre que le droit sans la force, c'est un rêve d'enfant.
- Il reste à faire entendre à Donald Trump que la force sans le droit, c'est un rêve de tyran.
- Oui, et vous avez entendu sa dernière sortie, bien sûr.
- Nous allons en parler tout à l'heure, Elisabeth Lévy, juste après l'invité politique.
- Petite précision, vous avez...
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