Retranscription des premières minutes :
- Le Grand Matin Sud Radio, 7h-10h, Patrick Roger. 8h09, soyez libres, Françoise Degoy. Bonjour.
- Bonjour, mon chat Patrick. Le bout du tunnel pour le budget de la France. Enfin, normalement, hein, dénouement aujourd'hui, puisque le Cornu va trancher 49.3 ou ordonnance. Oui. Alors excusez-moi, ça va être un peu technique ce matin.
- Mais on a décidé, Philippe David et moi, de faire dans le fond aujourd'hui. Fond de l'Europe pour lui, fond de l'Assemblée pour moi.
- C'est un choix entre deux mauvaises solutions, hein, Patrick. Car il n'y en a pas d'autre. Impossible de voter ce budget par les parlementaires, là où le budget, je le rappelle, de la Sécurité sociale a été voté. Il faut donc trancher sur le budget de l'État.
- Le 49.3, vous le savez, c'est devenu un épouvantail depuis la réforme des retraites, le symbole de l'autoritarisme macronien, a fortiori depuis la dissolution où cet exécutif est minoritaire. C'est d'autant plus négatif que Sébastien Lecornu, vous le savez, s'est engagé à ne pas l'utiliser. Et c'est l'unique raison pour laquelle il est toujours en fonction, Sébastien Lecornu.
- On sent bien que tout le monde nous vend du 49.3. Alors Matignon se défausse, vous savez, fait un peu la danse du ventre en expliquant que nous sommes rentrés dans une nouvelle séquence. Vous savez, cette expression complètement bidon de communicant fédéant, la nouvelle séquence, la story, l'histoire. Voilà, on a changé de séquence, nous dit Matignon, pour justifier.
- Les socialistes, Olivier Faure en tête, préparent aussi la piste d'atterrissage en disant pourquoi pas, mais avec des conditions très strictes, c'est-à-dire obtenir des mesures sociales concrètes. La question est simple. Est-ce que le symbole, l'épouvantail, sera plus fort que le contenu négocié par rapport à l'électorat de gauche qui sera évidemment chauffé à blanc par la France insoumise ? On en parlera évidemment avec Éric Coquerel, l'invité de Jean-François Aquilie, tout à l'heure.
- Le PS va-t-il donner le sentiment d'échanger sa censure contre un plat de lentilles ? Ça, c'est une vraie question.
- Il y a aussi les ordonnances. Deuxième mauvais choix. Ce serait inédit pour un budget. C'est plus périlleux parce que dans ce cas, le budget initial serait adopté par ordonnance et le gouvernement pourrait introduire un projet de loi rectificatif pour inclure des mesures sociales.
- En fait, chacun, ce matin, fait le pari de l'usure et de l'impatience de l'opinion.
- Il dit qu'importe le véhicule, pourvu qu'on ait un budget.
- Alors un budget qui serait trop à gauche pour la droite.
- Oui, alors Sébastien Lecornu est accusé d'avoir tout cédé au PS.
- Il est vrai que le Premier ministre et le Premier secrétaire du PS, Olivier Faure, ont travaillé ensemble, chacun dans son couloir, mais avec un intérêt bien compris pour l'un et l'autre, éviter une dissolution et stabiliser la situation pour pouvoir, quoi, aborder les municipales de façon sereine.
- Alors oui, il y a bien sûr la patte socialiste dans ce budget.
- Impôts pour les étudiants, la non-augmentation des impôts, l'augmentation de la prime d'activité, le fonds vert et l'impôt sur les sociétés qui est maintenu à 8 milliards.
- Mais non, ça n'est pas vraiment un budget socialiste ni de gauche.
- Sinon, il y aurait la taxe Zucman, un rétablissement du fonds vert, par exemple, au-delà du milliard.
- Disons que c'est un budget légèrement rosy.
- Oui, bon, c'est la condition pour ne pas censurer le gouvernement, pour ne pas qu'il chute.
- Non, quel que soit le véhicule choisi, on sent bien que le PS, qui est la clé de ce budget depuis le début, ne censurera pas et donnera le droit à Sébastien Lecornu de continuer à jouer.
- Au risque de déplaire à un électorat plus radical, ça c'est véritablement le risque avant les municipales.
- Au risque aussi, Patrick, attention, de transformer Sébastien Lecornu en homme providentiel de la Macronie.
- Celui qui réussit là où tout le monde a échoué.
- Et pour le moment, écoutez, ça marche plutôt bien pour Sébastien Lecornu.
- Mieux que pour le parti socialiste.
- Il grimpe, il grimpe, plus 2, plus 3, plus 4, plus 5 dans les sondages.
- Avec son petit pull de laine et sa bonhomie apparente.
- Je dis bien apparente.
- Absolument.
- Tiens, on y reviendra...
Transcription générée par IA