Retranscription des premières minutes :
- « Le Grand Matin Sud Radio, 7h-10h, Patrick Roger. » « Allez, soyez libres, Elisabeth Lévis est avec vous. Bonjour Elisabeth. » « Bonjour Patrick, bonjour à tous. » « Bon, vous revenez sur un festival, non pas de canne, mais plutôt des postures, parce qu'en dépit de l'opposition française, vous dites que le traité du Mercosur sera signé. » « Eh ben oui, c'est donc, comme vous l'avez dit, un impayable festival de postures.
- Parce que, comme l'a dit le Premier ministre en réponse aux motions de censure, enfin en réponse anticipée aux motions de censure RN et LFI, eh bien tout le monde est contre en France, y compris tous ceux qui l'ont soutenu.
- À l'exception de quelques éditorialistes courageux qui sont évidemment traités de libéraux, ce qui est une insulte suprême en France, tout le monde est vraiment vent debout.
- Il y a une unanimité absolue contre un traité négocié depuis 30 ans.
- Les européistes, hein.
- Tous ceux qui nous expliquaient qu'être contre l'UE ou une quelconque de ces décisions, c'était fasciste.
- Ils découvrent que dans l'Europe à 27, eh bien, il y a très peu de décisions prises à l'unanimité, que donc, eh bien, l'opposition de la France peut être surmontée.
- Oui, Patrick, si le Mercosur peut exister, peut-être voter, malgré le non-français, parce qu'en plus la France est isolée, eh bien, c'est parce que le traité de Lisbonne a fait revenir par la fenêtre la constitution chassée par la porte du référendum.
- Mais ça, ça fait quand même une trentaine d'années.
- Donc, ce n'est pas neuf.
- Les libre-échangistes, ceux qui éructaient, qui nous traitaient de populistes, autres insultes, dès qu'on parlait de protectionnisme, alors tout d'un coup, ils découvrent les vertus des frontières.
- Alors ça, c'est merveilleux.
- Ils n'aiment plus le libre-échange.
- Et même Emmanuel Macron, président qui assume normalement son européisme et un peu son libre-échange, eh bien, il renonce à défendre les améliorations qu'il a obtenues dans la négociation pour aller dans le sens de l'opinion.
- Le résultat, Patrick, c'est que le Mercosur, c'est le...
- Le bouc émissaire idéal, le nouveau diable, Goldstein, de 84, sur lequel tout le monde crache comme sur le bodé de la fontaine.
- Oui, mais Elisabeth, on peut comprendre la colère d'agriculteurs.
- D'abord, on peut et on doit la comprendre.
- Mais vous savez, comprendre, ça ne va pas forcément avec les torrents d'émotions et de pleurnicheries.
- Et ça ne signifie évidemment pas que les agriculteurs...
- D'ailleurs, les agriculteurs, ça ne veut rien dire.
- Ils ne disent pas tous la même chose.
- C'est vrai.
- Aux raisons surtout.
- Or, comme les...
- Les gilets jaunes, à leur début, leur colère est sanctifiée.
- Les agriculteurs sont nos nouveaux saints.
- On pleure sur leur sort.
- Et pendant ce temps-là, bien sûr, on achète de la sauce tomate made in China ou des ananas en décembre.
- Oui, parce que j'ai appris que la sauce tomate, chez nous, était faite avec des tomates chinoises.
- Oui, Patrick.
- Oui, oui, oui.
- Tu reviens quand même.
- Voilà.
- Si des paysans se suicident, et là, évidemment, ce n'est pas non plus un mince problème, si les exploitations disparaissent, si leurs enfants abandonnent, à cause du Mercosur, puisqu'il n'est pas entré en vigueur, la concurrence intra-européenne, donc voire chinoise, les pénalise beaucoup plus, ainsi que la balance de normes européennes, parfois alourdie, par la France.
- En plus, alors...
- Et puis, si vous voulez, il y a tout un système.
- Cette agriculture s'est déployée à l'ombre de l'Europe, aussi.
- Il ne faut pas non plus l'oublier.
- Et puis, le Mercosur devrait quand même être bénéfique, non seulement pour l'industrie, enfin, on espère, mais aussi pour certains secteurs agricoles.
- Il faut aussi le dire.
- Ça ne veut pas dire que...
- Il ne faut pas applaudir, mais il faut le dire.
- Eh bien, de même qu'on ne peut pas avoir une industrie française et payer nos iPhones au prix du travail en Chine, on ne peut pas exiger une alimentation à bas prix et une agriculture de qualité.
- Si on veut des poulets qui gambadent en France, des vaches qui broutent de l'herbe en France, il faut changer de téléphone ou de Nike moins souvent.
- Alors, les agriculteurs devraient aussi se...
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