Retranscription des premières minutes :
- Le Grand Matin Sud Radio, 7h-10h, Patrick Roger. 8h10, soyez libres, Elisabeth Lévy, bonjour.
- Bonjour Patrick, bonjour à tous. Marine Le Pen sera-t-elle interdite d'élection présidentielle ? Finalement, c'est la question à travers son procès en appel qui a démarré hier.
- Oui, eh bien c'est la Cour d'appel qui en décidera. Et c'est bien tout le problème.
- Trois magistrats auront une influence décisive sur l'élection présidentielle, donc sur l'avenir du pays.
- Alors ils peuvent, et à mon avis ils devraient, ramener l'inéligibilité de 5 ans prononcés en première instance à 2 ans, ce qui leur permettrait de sauver la face de l'institution sans se substituer aux électeurs.
- Mais ce n'est pas sûr qu'ils auront cette sagesse, parce que s'ils faisaient 2 ans, Marine Le Pen pourrait se présenter.
- Donc Marine Le Pen risque donc d'être écartée d'une élection dont elle est la favorite pour un délit que la plupart des partis ont commis en employant leurs assistants à d'autres stades, d'autres élections.
- D'autres tâches, pardon, que celles stricto sensu du Parlement européen, ce qui devrait d'ailleurs être autorisé, ça s'appelle faire de la politique.
- Bah oui, mais il y a des règlements.
- Oui, oui, enfin bon.
- Mais c'est un délit, d'accord, mais François Bayrou, poursuivi pour les mêmes pratiques, a été relâché.
- C'est car, selon les juges, il n'avait pas l'intention de commettre un délit.
- L'intention, c'est le mot important.
- Justement, Marine Le Pen reconnaît désormais avoir fait une faute, mais elle affirme qu'elle n'en avait pas conscience, comme Bayrou.
- Elle devrait donc être relaxée, comme Bayrou, à moins, évidemment, que les juges estiment qu'en tant que Le Pen, elle doit avoir un traitement spécial.
- Alors, normalement, Elisabeth Lévy, les juges ne font qu'appliquer la loi.
- Oui, oui, la bouche de la loi, mais on lui fait quand même un peu dire ce qu'on veut, parce qu'appliquer, c'est interpréter.
- Cependant, là où vous avez raison, cher Patrick, c'est que ce sont bien les politiques qui ont renoncé à leur pouvoir en faisant voter une peine d'inéligibilité quasi-automatique, pour les délits dits d'atteinte à la probité.
- Alors, c'était par pure démagogie.
- C'est tellement gratifiant, Patrick, de flatter l'opinion sur les thèmes.
- Regardez, ces gens sont des voleurs, mais nous, nous sommes honnêtes, nous sommes blancs.
- D'ailleurs, en 2017, Marine Le Pen n'a pas voté contre la mal nommée loi de confiance dans la vie politique.
- Elle s'est abstenue, creusant inconsciemment sa tombe politique.
- Alors, les juges, ou certains juges, bien sûr, mais ce sont souvent ceux qui incarnent l'institution, n'avaient pas attendu cette loi pour jouer les justiciers.
- Depuis longtemps, ils n'ont plus comme mission, on dirait qu'ils n'ont plus comme mission, de sanctionner les fauteurs de troubles ou de trancher les conflits, mais de purifier la démocratie.
- En pleine campagne, ils n'avaient pas hésité à poursuivre François Fillon pour un délit qui est très, très courant à l'Assemblée nationale, en tous les cas qu'il était à l'époque.
- Résultat, on ne saura jamais qui les Français auraient choisi sans ce coup de pression.
- En réalité, c'est l'inéligibilité, ça fait trois fois que je le dis sans me tromper quand même, qui est contraire au principe cardinal de la démocratie.
- C'est aux Français de choisir leur dirigeant, c'est aux Français de décider les entorses qu'ils tolèrent.
- Ils ont d'ailleurs souvent réélu des maires qui avaient été condamnés, qui avaient purgé leur peine.
- Ça veut dire que les électeurs, les Français, ne veulent pas de gens qui s'enrichissent à leurs dépenses, bien sûr, mais ils savent que les messieurs propres dans la vraie vie, ça n'existe pas, et surtout, ils ne veulent pas être gouvernés par des juges qu'ils n'ont pas élus, Patrick.
- Bon, voilà, d'accord, pas d'accord avec Elisabeth Lévy, on peut en parler aussi, tiens, j'aimerais bien que vous nous appeliez 0826 300 300, est-ce qu'elle a quand même commis une faute ? Vous dites que, bah non, c'est pas au juge, mais si elle a commis une faute, il faut la juger, Elisabeth Lévy.
- D'accord, la juger, mais pas lui interdire de se présenter, c'est pas pareil.
- Si, certains vont dire que si.
- Bah non, non, non, c'est à nous de décider.
- Je...
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