Par Françoise Degois
La France face à l'Iran
Manifestations en Iran : écoutez la chronique de Françoise Degois
Retranscription des premières minutes :
- Le Grand Matin Sud Radio, 7h-10h. Patrick Roger. Soyez libres avec vous, Françoise de Gouin. Bonjour, Françoise.
- Bonjour, mon cher Patrick. L'Iran, ce matin, on parle de centaines, voire... Mais alors bon, c'est à prendre avec précaution, mais de milliers de morts parmi les manifestants qui ne désarment pas. Bien sûr, on voit, malgré l'interdiction et les coupures d'Internet... Mais il y a Starlink, par exemple, aussi pour relayer là-bas des vidéos. Il y a un véritable bras de fer face à une forme, notre forme d'impuissance.
- Oui. Et d'abord, on ne dira jamais assez ce matin, Patrick, le courage, la détermination, la force de ce peuple iranien qui brave les tirs de Kalachnikov, des sinistres basils, vous savez, ces milices parallèles aux gardiens de la Révolution, constitués de têtes brûlées, qui tirent désormais en rafale pour tuer le maximum de manifestants. Et d'ailleurs, dans les images qui nous parviennent, grâce à Starlink, filer des familles dans les morgues improvisées de Téhéran, venues reconnaître leurs proches. Mais, vous le disiez, ils ne désarment pas et veulent en terminer avec leurs bourreaux, la théocratie islamique qui les persécute et a placé le pays sous son joug depuis 1979.
- Et cette fois-ci, Patrick, chacun se dit « Est-ce que c'est la bonne ? ». Vous savez peut-être qu'avant le retour de Roménie en Iran, le 1er février 1979, eh bien les Iraniens, écoutez bien, avaient manifesté tous les jours pendant 5 mois pour renverser le Shah.
- Tous les jours pendant 5 mois. C'est dire la détermination de ce peuple.
- Face à un régime plus isolé que jamais.
- Oui, parce qu'il y a l'épreuve de force, mais il y a la réalité du régime iranien. Et c'est d'ailleurs pour ça qu'on peut penser que cette fois-ci, c'est peut-être la bonne.
- L'Iran, bien sûr, est isolé sur le plan international avec les sanctions qui la frappent durement.
- Mais elle l'est aussi sur le plan régional, après le démantèlement du Hezbollah et de sa structure de projection de terreur, après la guerre et les frappes israélo-américaines qui ont fortement ébranlé.
- Le régime de l'intérieur. Et puis, avec de fortes dissensions, on le sait, entre les dirigeants.
- Mais isolé ne veut pas dire vaincu. Et c'est pour ça d'ailleurs, vous l'avez dit tout à l'heure, que Donald Trump, pour le moment, évite une posture totalement vatanguère.
- Il annonce qu'il négocie une intervention américaine. Pourquoi faire ? À part détruire les stocks de munitions pour éviter qu'elles ne servent à abattre les manifestants.
- Mais ce serait également un prétexte que prendraient les Mollahs pour démontrer que cette révolution en marche n'est que la suite de manipulations extérieures.
- Étant américain et de son acolyte israélien.
- Voilà pourquoi il est urgent plutôt de négocier pour tenter de calmer un régime aux abois qui a déjà à peu près tout perdu et n'a donc plus rien à perdre.
- Et de toute façon, l'histoire nous montre, et vous le savez bien Patrick, que rien ne se change depuis l'extérieur.
- Les expériences douloureuses, nous les avons de l'Irak, de l'Afghanistan ou de la Libye.
- Et puis, plus prosaïquement, il faut quand même en dire un mot pour nos auditeurs.
- Les U.S.A. marchent sur des oeufs. Pourquoi ? Parce que le Golfe Persique, ça reste tout de même la plaque mondiale.
- Pétrole, précipiter l'Iran dans le chaos, pourrait signifier une crise pétrolière sans précédent avec notamment la hausse brutale du baril qui est assez bas aujourd'hui à 53 dollars.
- Le business n'est jamais loin.
- Oui, on est plutôt quand même timide en France et en Europe dans les réactions, non ? Oui, bien sûr, mais vous savez, la France d'abord, elle a une priorité comme nous le confiait un conseiller de l'Elysée hier.
- Il faut d'abord sécuriser le sort de Cécile Collère et de Jacques Maris.
- Je rappelle quand même qu'ils ont été libérés de prison, mais qu'ils sont encore aux mains.
- Deux anciens otages.
- Deux anciens otages, et puis c'est la même chose pour les autres pays européens qui doivent sécuriser leur personnel d'ambassade.
- Et par ailleurs, à part augmenter les sanctions, le rôle de l'Union Européenne est assez limité.
- Pour le moment, c'est donc l'opinion publique qui soutient profondément...
Transcription générée par IA