Retranscription des premières minutes :
- Le Grand Matin Sud Radio, 7h-10h, Patrick Roger. Soyez libres avec vous, Françoise de Gouin. Bonjour, Françoise.
- Bonjour, mon cher ami. Bonne année à toutes et à tous et à vous surtout, mon cher. Oui, absolument. Et aux auditeurs et aux auditrices.
- Et on reste en Amérique latine, mais pas au Venezuela, Françoise. Et pourtant, ce qui s'annonce le 12 janvier... Le 12 janvier, notez bien cette date, est certainement aussi grave pour l'Europe que la capture de Maduro. Expliquez-nous. Oui, retenez bien la date. Vous le disiez, Patrick, le 12 janvier.
- Et retenez bien ce pays, le Paraguay. Pourquoi ? Car c'est bien le 12 janvier, c'est-à-dire lundi prochain, au Paraguay, que l'Union européenne paraffra le traité du Mercosur.
- Une signature repoussée in extremis. Vous vous en souvenez, le 19 décembre dernier, par Emmanuel Macron, qui avait mis tout le poids de la France, première puissance agricole européenne, dans la balance, alliée à Georgia Mellon.
- Pour repousser ce paraff en pleine crise de la dermatose nodulaire contagieuse. Il y avait le feu dans les campagnes françaises.
- Il y avait aussi le feu, vous vous souvenez de ces images, littéralement devant la Commission européenne à Bruxelles.
- La signature avait donc été repoussée in extremis, mais repoussée pour mieux sauter. A l'évidence, oui, si on en croit la multiplication des initiatives du gouvernement français depuis 48 heures, qui ressemble furieusement à une sorte d'airbag que l'on sortirait avant la collision.
- C'est d'abord Annick Gennevard, la ministre de l'Agriculture, qui a annoncé hier l'interdiction d'entrer sur notre territoire des denrées alimentaires contenant des résidus de substances interdites en Europe. Mellon, pommes, abricots, cerises, fraises, raisins, pommes de terre ne seront plus commercialisées en France s'ils présentent la moindre trace de résidus. Ça, c'est la ministre de l'Agriculture. Et dans la foulée hier soir, c'est le Premier ministre en personne, Sébastien Lecornu, qui s'est fendu d'une lettre aux agriculteurs.
- « Je vous demande de croire à des mots, je vous demande de croire à des actes. Ça ressemble furieusement à une opération de caninothérapie. » Bon, mais sauf que c'est un peu à côté de la plaque, disent certains, non ? Vous savez, Patrick, ça s'appelle l'anticipation et la mauvaise anticipation, parce que c'est très bien d'évoquer les fruits et légumes, mais le Mercosur ne porte essentiellement pas là-dessus. Il porte sur la viande et la menace directe sur l'élevage français, à éprouver par la dermatose nodulaire. La lettre de Sébastien Lecornu, aussi bien tournée soit-elle, ne donne, elle non plus, aucune solution, aucune réponse à ce que va engendrer la signature de ce tristé. Ça ressemble plus à une opération « sauf qui peut » qu'à une boîte à outils suffisante pour lutter contre une concurrence aujourd'hui, par certains aspects, parfaitement déloyale, et une concurrence parfaitement faussée, Patrick.
- Que peut-il se passer, Françoise ? Écoutez, les esprits optimistes peuvent se dire qu'il reste cinq jours utiles pour tenter de déclencher, dégager à nouveau une minorité de blocage. C'est ce que va tenter de faire Emmanuel Macron.
- Mais la tâche s'annonce encore plus difficile. Pourquoi ? Parce qu'en ce début d'année, le président de la République a encore perdu des plumes sur la scène internationale.
- Sa déclaration et sa non-condamnation du coup de force militaire de Trump au Venezuela s'expliquent aussi parce qu'il a voulu préserver le dossier ukrainien.
- En gros, j'ai changé l'inscrit contre Maduro, mais cette volonté d'apaiser les relations avec Trump pour en faire un allié sur l'Ukraine est sévèrement critiquée, pas seulement par ses opposants.
- Et puis, Patrick, deux personnalités d'âme désormais le pion à Macron en ce début d'année.
- Pedro Sánchez, le socialiste dont le minaracle économique espagnol est salué par la presse internationale et qui est d'ailleurs l'un des rares à avoir critiqué frontalement Trump sur l'opération Caracas.
- Et Giorgia Meloni, regardez cette revanche des pays du Sud, l'Espagne et l'Italie, à la tête de l'Italie qui vient de passer devant le Japon et devient le quatrième exportateur mondial derrière la Chine, les Etats-Unis et l'Allemagne. La France, elle, pointe au septième rang.
- C'est donc en fait une France et un président en berne qui vont tenter de renverser la table dans les sept jours...
Transcription générée par IA