Retranscription des premières minutes :
- Le Grand Matin Sud Radio, 7h-10h, Patrick Roger.
- Il est 8h09, dans quelques minutes, l'invité politique, le député RN des Bouches-du-Rhône, Franck Alizio.
- Bah justement, tiens, on va s'intéresser à ce qui s'est passé à Marseille. Soyez libres avec vous, Françoise Degoy.
- Bonjour, Françoise. Bonjour, mon cher Patrick.
- Parce que vous revenez ce matin sur la fameuse marche blanche, en la mémoire de Mehdi Kessassi, qui a eu lieu à Marseille samedi.
- Oui, une marche bouleversante, d'abord parce que les mots de la maman de Mehdi, qui vient de perdre son deuxième enfant, ces mots étaient forts et sobres, comme les mots de son frère Amine.
- Et cela aurait dû suffire à faire taire toute polémique sur la récupération politique de cet événement.
- Que n'ai-je lu et entendu sur cette marche ? Mais de quelle récupération parle-t-on ? Amine Kessassi est un militant, compagnon de la gauche depuis des années à Marseille, malgré son jeune âge.
- Il milite depuis l'âge de 17 ans, travaille politiquement dans les quartiers avec les Verts, auxquels il appartient, avec le Parti Socialiste.
- Il n'y avait donc rien d'écœurant ou de déplacé, comme j'ai pu le lire, à voir Marine Tondelier, Olivier Faure ou Raphaël Guzman participer à cet hommage républicain aux côtés du président LR de la région, Renaud Muselier.
- Comme il n'y a rien de particulièrement choquant à voir Yann Lebrun-Pivet, la présidente de l'Assemblée nationale, ou Maude Bréjean, la porte-parole du gouvernement, assister à cette marche pour dire la solidarité contre le combat, contre le narcotrafic.
- Une seule ombre au tableau.
- En revanche, en la matière, c'était Éric Dupond-Moretti.
- Je rappelle pourquoi c'est une ombre, parce que Dupond-Moretti a été l'un des avocats des CAID, de la DZ Mafia, dont le chef a justement commandité l'assassinat de Médic et Sassi depuis sa prison.
- On peut se demander donc ce que l'ex-garde des Sceaux faisait là, mais après tout, il y était forcément, avec l'autorisation de la famille, dans tact.
- Oui, avocat d'un jour.
- Ça n'est donc pas la récupération politique qui vous a heurté ? Non, non, Patrick.
- Finalement, c'est le peu de monde.
- C'est le peu de monde.
- C'est le peu de monde de cette marche qui m'a heurté.
- Bien sûr, 6 000 personnes, Patrick, dans l'absolu, c'est beaucoup.
- Et elles étaient là pour faire corps.
- Mais c'est peu par rapport au choc dans la ville et à la tristesse qu'a provoqué l'assassinat sauvage du jeune Médic.
- L'explication de ce décalage, Patrick, elle est simple.
- Beaucoup de gens ont eu peur de participer à cette marche.
- Peur des représailles.
- Peur d'être assimilé par le réseau des narcotrafiquants à Amine Kessassi et à son combat.
- Peur d'être considéré comme une balance.
- Ce sont les mots d'un jeune homme des quartiers.
- Chien Nord, sous couvert d'anonymat, recueilli par nos confrères de la Provence.
- Peur d'être une balance.
- Comment la deuxième ville de France peut-elle être aussi fragile face à la DZ Mafia et la Mafia Yoda, sa concurrente, par la terreur, la sauvagerie de ces deux groupes ultra-violents qui impriment cette violence sur les quartiers pour régner sans partage ? Le fait politique, Patrick, c'était bien celui-là.
- Personne n'est prêt, en fait, à payer le prix du sang aussi lourdement que la famille Kessassi.
- On le comprend, car je ne sais pas moi-même, Patrick, si j'aurais ce courage.
- Mais cette peur sur la ville a quelque chose de très anxiogène, comme si, de toute façon, les narcos faisaient la loi en régnant sur les réseaux et les esprits.
- Et puis, vous posez la question, est-ce que les marches blanches françoises sont utiles ? Oui, car elles permettent une forme de catharsis, une forme de communion, une façon de faire le deuil.
- Mais la réalité, Patrick, c'est que Marseille a besoin, comme les villes gangrénées par les narcotrafiquants, de mesures fortes, qu'il s'agisse de moyens de lutte.
- Alors, la création d'un parquet narcotraficant, le trafic est déjà une réponse, mais il faut pouvoir frapper au portefeuille, il faut renforcer le statut de repenti pour donner la possibilité à des membres de vendre leurs réseaux.
- Et puis, il faut mieux gérer aussi l'application des peines.
- Vous en avez parlé tout à l'heure.
- Mais...
Transcription générée par IA