Retranscription des premières minutes :
- Le Grand Matin Sud Radio, 7h-10h, Patrick Roger. Soyez libres, Elisabeth Lévy. Bonjour, Elisabeth.
- Bonjour, Patrick. Bonjour à tous. On va revenir sur le général Mandon, le chef d'état-major, dont on a entendu les propos, là, à l'instant, dans le journal.
- Est-ce que nous devons nous préparer à voir nos enfants mourir à la guerre, comme il l'a dit ? Tout le monde a retenu cette phrase, Patrick, parce que le mot « enfant » empêche de penser. Mais le CEMA, le chef d'état-major des armées, le plus haut gradé de notre armée, n'a fait que développer, alors certes très brutalement, l'idée que pour avoir la paix, il faut préparer la guerre.
- C'est un vieil adage, tout le monde le connaît. Et ça s'appelle la dissuasion. Appliquée au présent, cela signifie quoi ? Eh bien cela signifie que si l'Europe est faible, eh bien Poutine pourrait, après l'Ukraine, attaquer frontalement des pays membres de l'OTAN, en particulier les pays baltes, qui sont quand même très inquiets. Et en tout cas, ça, c'est ce que disent les services de renseignement allemands.
- Peut-être qu'ils se trompent, mais il semble qu'ils s'y préparent pour l'horizon 2030. Et dès lors que nous appartenons à cette alliance, l'OTAN, qui est la manifestation, qui est la traduction militaire de la solidarité occidentale, eh bien si cela se produit, nous devrions être automatiquement en guerre.
- C'est ça, un traité d'alliance. Et une guerre, ça demande des soldats.
- C'est un traité de rétablir le service militaire sur une base volontaire et de moderniser nos armées.
- En tout cas, ce scénario, Patrick, est suffisamment plausible pour que plusieurs pays européens, comme la Belgique et l'Allemagne, songent eux aussi à rétablir la conscription. Et tout le monde l'avait supprimée en tournant du XXIe siècle.
- Rappelez-vous la fin de l'histoire. On croyait, si vous voulez, que la grande victoire de la démocratie libérale et du marché, eh bien c'était la fin de l'histoire.
- Mais est-ce que nous devons être prêts à mourir, comme il l'a dit hier, et nos enfants, et notamment pour Kiev ? Vous savez, c'est écrit, le groupe de Philippot a mis des pancartes autour d'ici, où il y a écrit « Nous ne mourrons pas pour Kiev ».
- Franchement, il n'y a pas de quoi s'en vanter entre nous. Mais enfin bon, de toute façon, il ne s'agit pas de le craigner de Kiev, il s'agit de savoir si nous pouvons tolérer qu'une puissance menaçante et impériale dicte ses volontés au continent.
- Si nous sommes prêts aussi, il s'agit aussi de savoir si nous sommes prêts à prendre le relais des Américains pour assurer notre sécurité.
- Car le plus, la Russie n'est pas la seule menace. Je vous rappelle que le djihadisme, qui notamment gangrène l'Afrique, tout ce qui se passe de l'autre côté de la Méditerranée, est sacrément menaçant aussi.
- Alors le général Mandon s'inquiète, et il a raison à mon avis, que nous n'ayons plus la force d'âme pour nous défendre.
- Il parle d'esprit de défense, il parle d'esprit de combat.
- Et bien quand j'entends Philippot et Mélenchon dénoncer ce discours anxiogène qui viserait à nous faire peur pour mieux nous faire servir, ou comme l'a dit Françoise, pour permettre à Emmanuel Macron de rester au pouvoir, et bien je me dis que le SEMA a raison, comme tous les pacifistes, ces capitulards pensent que c'est eux qui choisissent l'ennemi.
- Ils se trompent lourdement, c'est toujours l'ennemi qui vous choisit.
- Alors Patrick, ce qui se passe c'est qu'en fait nous n'avons nos générations, nous avons de la chance, nous sommes des privilégiés, nous n'avons connu que la paix, si bien que nous pensons qu'elle est la norme et surtout qu'elle est un dieu.
- Nous avons oublié que la guerre existe, qu'un pays souverain doit être prêt à se défendre, donc oui, à voir mourir certains de ses enfants.
- Et d'ailleurs, on oublie tous ceux qui sont déjà morts, les légionnaires, les soldats qui sont morts dans les opérations françaises au Mali ou ailleurs.
- Alors ceux qui se demandent aujourd'hui s'il faut mourir pour Kiev ne sont en réalité prêts à mourir pour rien, ni pour la France, ni pour rien, sauf peut-être pour...
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