Par Périco Légasse avec Stephan Bureau
Trump à Davos, la France à la ramasse ?
Au sujet du fait du jour, Trump à Davos, symbole d'une France à la ramasse ?
Retranscription des premières minutes :
- « Midi 14h, Sud Radio, la France dans tous ses états, le fait du jour. » Donald Trump n'a oublié personne hier lors de son discours à Davos.
- L'Europe en a largement pris pour son grade et la France en particulier que Donald Trump estime ne plus reconnaître.
- Pour le président américain, l'Europe ne fait que des mauvais choix et prend la mauvaise direction.
- Il a également confirmé sa volonté de conquérir le Groenland.
- On fait le point avec Stéphane Bureau, journaliste québécois et fondateur du podcast Contact. Bonjour.
- Bonjour Stéphane Bureau, merci d'être à l'antenne de Sud Radio aujourd'hui.
- Bon, les choses vont vite, l'actualité est bousculée.
- Vous, en tant que journaliste canadien québécois, déjà je voudrais votre avis sur ce qui se passe.
- Vous êtes inquiet, vous êtes interpellé ou vous êtes un peu habitué au facétier du président des États-Unis ? Un peu de tout ça. On est surtout aux premières loges.
- On est les voisins immédiats et premiers des États-Unis.
- Donc les Mexicains, les Canadiens goûtent beaucoup à la méthode Trump.
- Alors évidemment, il faut être inquiet, sinon lucide, parce que le président ne fait pas toujours ce qu'il dit qu'il fera, mais il le fait à l'occasion.
- Les Vénézuéliens, ou à tout le moins M. Maduros l'a appris à ses dépens.
- Et puis il faut aussi relativiser tout ça, parce qu'on connaît la méthode maintenant de mieux en mieux d'ailleurs.
- Alors il négocie en larguant une grenade et une fois qu'il a pris la mesure des dégâts, il poursuit la conversation.
- C'est un peu ce qu'il a fait ce week-end avec ces menaces tous azimuts de droits douaniers imposés.
- Qui a la France ? Qui a huit pays européens ? Qui avait eu l'idée saugrenue d'envoyer des soldats au Groenland ? Et on voit aujourd'hui, sinon hier, que c'était une menace, mais qui pour autant ne sera pas au rendez-vous, puisqu'il dit, nous laisse comprendre, qu'il a obtenu ce qu'il cherchait.
- Mais c'est d'ailleurs la méthode Trump.
- Il est toujours difficile, même en amont, de savoir exactement ce qu'il veut.
- Donc il est facile pour lui aussi, derrière, de dire, ben j'ai gagné.
- Stéphane Bureau, est-ce qu'il n'est pas tout simplement en train d'appliquer le principe de la force de dissuasion nucléaire à la force de dissuasion verbale ? Voilà, je vous pulvérise, je vous écrase, je vous ruine.
- Il sait qu'il va s'avoir un impact, puisqu'on sait qu'il est capable d'eux, sans aller jusqu'au bout.
- Et finalement, beaucoup d'observateurs ont fait remarquer ici, mais pourquoi est-ce qu'on n'a pas tout de suite trouvé une solution du côté de l'OTAN ? On dit aux États-Unis, le Groenland reste le Groenland, mais on met les bases de l'OTAN.
- De toute façon, ce que vous essayez de protéger, finalement, il a gain de cause.
- Vous êtes d'accord, ce n'est pas si absurde comme méthode.
- On peut la critiquer, mais ce n'est pas si absurde.
- Mais je n'ai pas parlé d'absurde, je vous dis simplement que c'est une méthode qui est à géométrie variable.
- Des fois, il va au bout de la menace, d'autres fois, moins.
- Je vous rappellerai, mais vous l'avez sans doute déjà souligné, qu'à plusieurs reprises, on le traitait de débile, sinon de demeuré en 2017, quand il suggérait aux Européens d'augmenter leurs dépenses de défense en disant, vous pardonnerez ici le détour, « Daddy ».
- « Daddy ».
- Parce que c'est comme ça que M. Rutte l'appelle dans ses SMS.
- Le papa américain n'a pas vocation à payer toutes les dépenses, y compris pour les alliés européens.
- C'est un peu ce que disait Donald Trump en 2017.
- Aujourd'hui, il est admis de tous, particulièrement dans le contexte de la guerre en Ukraine, que l'augmentation des dépenses ou des dépenses militaires est au menu.
- Mais quand il a commencé à en parler, on disait, « Non, de quoi se mêle-t-il ? » Il se mêlait déjà un peu de ses affaires, parce que les Américains, depuis longtemps, sont surpris de la générosité avec laquelle les citoyens en Europe et ailleurs ont accès à des programmes sociaux que les Américains n'ont pas, alors qu'ils paient en partie pour la défense.
- Alors, sur l'opération Groenland,...
Transcription générée par IA