Retranscription des premières minutes :
- Midi 14h, Sud Radio. La France dans tous ses états. Le face-à-face.
- Vous êtes bien sur Sud Radio. Et Perico Léguin se reçoit. Pierre Lelouch, pour les très jeunes, je rappelle qui est Pierre Lelouch.
- Pierre Lelouch est une personnalité de la vie politique française qui pèse de plus en plus parce que vos avis s'avèrent de plus en plus pertinents.
- Vous avez été ministre. Vous avez été conseiller politique de Jacques Chirac. Vous avez été député de Paris.
- Vous êtes cofondateur de l'Institut français des relations internationales. Et vous avez présidé l'Assemblée parlementaire de l'OTAN.
- Donc vous êtes habilité pour donner votre avis sur les sujets qui, aujourd'hui, nous perturbent et défrayent la chronique.
- Pierre Lelouch, on vit une situation, je le disais tout à l'heure, chaque jour nous réserve des surprises de plus en plus désobligeantes ou affligeantes, notamment la publication d'un message du président de la République par tweet par le président.
- L'Américain qui révèle tout ça en se tutoyant, en disant je te fais un dîner, tu reviens.
- Vous qui avez connu la France grande, glorieuse et puissante du temps où vous étiez parlementaire et ministre, je vais vous poser une question directe.
- Vos prescriptions et vos prévisions se sont révélées, hélas, très souvent exactes. Vous auriez préféré vous tromper ? Oui. Oui.
- Malheureusement, le...
- La glissade, le déclin est ancien. Il a commencé, je dirais, avec la mort de Pompidou.
- Ah oui, ça remonte à...
- Ah oui, oui.
- 74, voilà.
- Je pense qu'on...
- Donc dès Giscard, ça commence à dégénérer.
- Depuis qu'on laisse filer nos comptes. C'est-à-dire que c'est depuis que la France n'est plus gérée.
- Vous liez ça aux comptes de la nation.
- Oui, bien sûr. Bien sûr, une nation...
- La caisse est importante.
- C'est-à-dire, dans votre foyer comme le mien, si vous ne contrôlez pas les dépenses, la sanction tombe assez vite.
- La France a laissé filer. Et puis après, il y a eu cette espèce de drogue qui a été l'euro.
- Mitterrand est passé à l'euro. C'est le rêve de Giscard, mais c'est la gauche qui a...
- Vous savez qu'un grand doute s'installe sur l'euro, y compris parmi les gens qui ont été des fervents défenseurs.
- Là, on commence à se poser la question. Les Allemands eux-mêmes disent qu'on n'est pas très contents.
- Non, on s'est drogués à ça, parce qu'implicitement, c'est toujours la même rengaine en France.
- L'Allemagne paiera.
- Ce qu'on ne peut pas, nous, faire quand on était tout seuls, on pouvait l'évaluer.
- Mais il fallait quand même faire attention au compte.
- S'il y a une monnaie commune, l'euro ne sera pas à s'en prendre à l'euro.
- Donc, on laisse filer à l'intérieur de la zone euro jusqu'au point où, maintenant, nous sommes devenus un problème pour l'Europe.
- L'Europe, c'est notre problème, mais la France est aussi le problème de l'Europe.
- Donc, on est à un moment de jonction de grandes faiblesses françaises, au pire moment.
- C'est-à-dire qu'on vit, comme je le dis dans mon livre, le basculement du monde, provoqué par la guerre d'Ukraine, amplifié encore par l'arrivée de Trump.
- Donc, on télescope tout ça à un moment de grandes faiblesses, où les comptes sont catastrophiques et où, de surcroît, Macron a fait exploser la politique française avec une assemblée qui est paralysée, un pays qui est paralysé et qui attend le bon vouloir du président.
- Le président de quitter son job.
- Mais tant qu'il ne quitte pas son job, vous avez vu que son premier ministre, qui a été choisi pour ça, n'a qu'un but, c'est que tout le monde reste là.
- Le président reste là, le premier ministre reste là, les députés, les ministres, tout le monde a son siège, tout le monde a son salaire.
- Ça va très bien jusqu'à la prochaine élection.
- Sauf que le pays est paralysé, que les entreprises françaises viennent prendre un coup de bambou terrible, qu'il y aura des conséquences qui vont encore aggraver la désindustrialisation du pays, où la reconfiguration du monde est en train de se jouer.
- Et la voie de la France a beaucoup, beaucoup de mal à porter, voire le Mercosur, où on s'est fait enfoncer un accord international, majeur, négocié depuis 25 ans, contre...
Transcription générée par IA