Retranscription des premières minutes :
- Midi 14h, Sud Radio, la France dans tous ses états, le face à face.
- C'est une nouvelle force économique qui vient de naître à Bruxelles, une Europe à 11 pays qui ont choisi une seule devise, l'euro.
- Ces pays sont l'Allemagne, l'Autriche, la Belgique, l'Espagne, la Finlande, la France, l'Irlande, l'Italie, le Luxembourg, les Pays-Bas et le Portugal.
- Puisqu'ils rentrent dans les critères que leur impose la bannière étoilée, la liste a été officiellement enterrinée par le Parlement européen et les chefs d'État.
- Vous êtes bien sur Sud Radio. Maud Coffler et Perico Légas reçoivent l'excellent Charles Gave.
- On va parler d'un sujet quasiment passé inaperçu qui s'appelle l'euro.
- Vous savez, cette monnaie unique dont on nous avait dit qu'elle était la panacée du bonheur, de l'opulence et de l'enrichissement des peuples et des nations.
- Ce 30 ans est le financier.
- Tout à fait. Donc l'euro, on va en parler avec Charles Gave qui, déjà depuis longtemps, les premiers avaient eu des doutes.
- Mais aujourd'hui, on se rend compte que même en haut lieu et auprès d'économistes patentés, raisonnables, dans le camp de la bien-pensance, on commence à émettre un doute sur la pertinence de l'euro.
- Non pas sur le principe d'une monnaie unique, voire d'une monnaie commune comme M. Schmitt et M. Giscard d'Estaing l'avaient envisagé un temps.
- Mais on se dit que quelque part, est-ce qu'elle aurait été? Mal pensée, mal conçue, mal adaptée et qu'elle ne correspond pas aux attentes des peuples.
- Mais avant de parler de l'euro, Charles Gave, merci d'être aujourd'hui dans ce studio sur Sud Radio pour partager avec nos auditeurs ce débat, partager leurs inquiétudes et leurs interrogations qu'ils nous appellent, bien entendu, au 0 826 300 300.
- Nous répondrons à leurs questions et à leurs attentes.
- Vous êtes né à Alep. Je voudrais donc que vous êtes né en Syrie, à l'époque du mandat français.
- Une question, on va faire juste une petite digression.
- De quelques minutes, c'est un territoire confronté à la tragédie depuis des siècles, le Liban.
- Est-ce que vous pensez que la France a manqué son devoir par rapport aux chrétiens d'Orient, par rapport au rôle qu'elle aurait pu avoir? On l'appelait ça le Levant et que là aussi, on a démissionné alors qu'on aurait dû être présent.
- Oui, vous savez, le Levant, il a été sous la coupe des Turcs pendant un grand moment.
- Et les Turcs avaient une façon de gouverner, ils n'avaient pas une armée très, très forte.
- Les Ottomans.
- Les Ottomans, oui.
- C'est-à-dire qu'ils étaient assez tolérants.
- Donc il y avait, par exemple, quand je suis né à Alep, il devait y avoir à peu près 30% de la population qui était chrétienne, 10% qui était juif.
- On vivait ensemble, on vivait côte à côte.
- On vivait côte à côte pour une raison très simple, c'est que dès qu'il y en avait un qui faisait des bêtises, les Turcs arrivaient et tuaient tout le monde.
- Ah.
- Ce qui était une façon de calmer les ardeurs.
- Punition générale.
- Punition générale, ils ne cherchaient pas qu'il y avait raison, qu'il y avait tort, ils tuaient tout le monde.
- Et donc Bagdad était plutôt une ville juive, d'ailleurs.
- Vous aviez comme ça des...
- Et la thèse de mon grand-père qui était gouverneur des Alaouites à l'époque, il disait qu'il voulait donner l'indépendance aux Alaouites.
- Oui.
- Il disait, il faut faire toute une série de petits états partout en Asie, là-bas.
- Au Proche-Orient.
- Et il y aurait eu un état kurde, un état juif.
- Un état chrétien.
- Il était visionnaire.
- Il y a le Front Populaire qui a été élu et qui a décidé que pas du tout, il fallait faire une grande république laïque syrienne.
- Et ben, on en paye...
- Aujourd'hui, les conséquences.
- On en paye aujourd'hui les conséquences.
- Avec le Parti Basque et la famille Assad qui s'est emparée.
- C'est quelque chose qui m'a toujours frappé, c'est quand des erreurs historiques sont faites, on voit les conséquences 50-100 ans après.
- Et la plupart des gens ne sont même plus au courant de l'erreur de départ.
- Et quelquefois, on les recommet, d'ailleurs.
- On sait que c'est une erreur et on continue dans...
- Et on continue, par...
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