Retranscription des premières minutes :
- Midi 14h, Sud Radio, la France dans tous ses états, le face-à-face.
- Eh bien je suis très heureux, moi, Péricault Légas, petit et élèvre lecteur de Marcel Pagnol, de recevoir Nicolas Pagnol, le petit-fils de Marcel, fils de Frédéric, donc petit-fils de Marcel Pagnol et de Jacqueline Bouvier.
- Nicolas Pagnol témoigne, j'allais dire, de l'œuvre de son grand-père.
- Nous allons parler avec lui de cette époque, de cette certaine idée de la France, de cette sociologie, de cette culture.
- Oh, la littérature de Pagnol, elle a versé tous les élèves.
- Et moi, je sais que j'ai appris à lire le français, j'ai appris ce qu'était la France, j'ai appris ce qu'était l'âme française, avec, bien entendu, La gloire de mon père, Le château de ma mère, n'oublions pas le temps des secrets.
- Bien entendu, au cinéma, la trilogie marseillaise, Marius, Fanny, César, et puis Topaz, les autres films, La fille du puisatier.
- Voilà, toute une époque.
- J'allais dire, une vision de la France à laquelle on s'accroche, dont on voudrait la continuité, qui est malmenée, qui se bat pour survivre, mais aujourd'hui qui est portée encore dans les livres, heureusement qu'on a là, par cette littérature de Marcel Pagnol, qu'on encourage à redécouvrir, qu'on encourage à vivre.
- Il faut s'en imprégner pour comprendre quelle époque et en quoi la France, à l'époque, était un rêve, et pourquoi il y avait eu cette conscience de collectivité, de culture, de société.
- C'était ça, la République, et Marcel Pagnol est un des descripteurs.
- De la République que nous aimons, à laquelle nous sommes attachés.
- Nicolas Pagnol, merci d'être aujourd'hui à l'antenne de Sud Radio.
- Vous nous apportez ce souffle de la mémoire de Marcel Pagnol.
- Aujourd'hui, vous vous battez pour préserver cet impatrimoine.
- Est-ce que ce patrimoine se porte bien, ou de temps en temps, il a des signes de faiblesse ? Tout d'abord, merci de me recevoir.
- Et c'est toujours pour moi un grand plaisir de parler de l'œuvre de mon grand-père, de ce qu'il peut représenter aujourd'hui.
- Donc oui, j'administre.
- Le patrimoine de mon grand-père, qui est encore très vivant dans la mémoire des Français, ou à l'étranger.
- Alors, il se passe des choses magnifiques.
- Hier soir, j'étais à la centième de la représentation de Marius au Théâtre du Rhinelag.
- La pièce de théâtre.
- N'oublions pas que c'est des pièces de théâtre d'abord, la trilogie.
- Ensuite, Marcel Pagnol les met en cinéma.
- Exactement.
- Donc, la centième de Marius, mis en scène par mon ami Jean-Philippe Daguerre, c'était plein.
- À chaque fois que nous organisons des événements, c'est un guichet fermé.
- Toutefois, j'ai l'impression qu'aujourd'hui...
- Ça parle à une génération plus qu'à une autre.
- Peut-être que les toutes dernières générations...
- Voilà.
- Mon grand défi est de passer cette œuvre aux nouvelles générations, aux générations futures.
- J'ai l'impression que nous sommes sur une rupture civilisationnelle aujourd'hui.
- On fait table rase du passé.
- On veut un homme nouveau.
- On veut de nouvelles morales.
- Une espèce de révolution culturelle qui s'opère en Occident.
- Et moi, mon rôle, en tout cas, en passant cette œuvre, c'est aussi de nous inscrire dans une continuité, dans cette belle continuité de l'universalisme de la République française, de sa diversité, de son dynamisme.
- Pagnol nous parle bien souvent de petites gens, mais de petites gens libres, de petits commerçants, de paysans.
- Alors, aujourd'hui, c'est très important, en plus.
- Et il nous dresse...
- C'est le portrait d'une France plurielle, dans sa composition culturelle.
- Les Bretons, à l'époque, n'étaient pas...
- On peut parler de diversité.
- Bien sûr, bien sûr.
- Avec des diversités qui avaient gardé leur identité régionale et tradition.
- Exactement.
- Mais Pagnol est un universaliste, parce qu'il écrit en français, et non pas en provençal.
- Est-ce qu'il le parlait ? Je pense qu'il le parlait.
- Il parlait très bien en provençal.
- Oui, oui, il parlait très bien.
- Malgré le fait qu'il soit fils d'un instituteur, Joseph, dont on voit bien la rigueur républicaine, mais à l'époque, la République respectait la diversité culturelle locale.
- Pas du tout.
- Pas à l'école.
- Non, pas à l'école.
- Je dis que c'était dans la réalité.
- Et l'école, au contraire, les hussards noirs étaient là pour réprimer ceux qui ne parlaient pas le français.
- Exactement.
-...
Transcription générée par IA