Retranscription des premières minutes :
- Midi 14h, Sud Radio, la France dans tous ses états, le face-à-face.
- Vous êtes bien sur Sud Radio. Et Perico Légas reçoit Thierry Lenz, l'historien Thierry Lenz, directeur général de la Fondation Napoléon.
- Vous pouvez nous appeler au 0 826 300 300. Emmanuel Galasso attend vos appels, parce que je pense que l'échange qui va suivre sera non seulement d'intérêt, mais suscitera en vous beaucoup de questions, parce que Thierry Lenz n'est pas qu'un historien.
- C'est un observateur de notre époque, de notre temps. Et je vais aborder avec lui. On va élargir un petit peu.
- On va d'abord parler du patrimoine français un peu maltraité, de cette histoire un peu oubliée.
- On pourra étendre cette réflexion à d'autres sujets. Thierry Lenz, je suis très heureux de vous recevoir.
- Merci de me recevoir. Flatté, parce que j'avoue que j'ai une grande estime littéraire et historique pour vous.
- Vous êtes un des historiens français.
- Qui nous apprenait... Il y a eu Jean Tullard, bien sûr, l'éternel Jean Tullard.
- Mais vous êtes aujourd'hui celui qui portait le souvenir et qui décryptait l'époque napoléontienne.
- Je voudrais surtout préciser que vous n'avez jamais été un fan idéologique. Vous êtes un historien qui observe.
- Vous avez écrit un ouvrage sur le diable sur la montagne, Hitler au Berghoff, qui est passionnant, où l'on apprend beaucoup de choses.
- Et là, aujourd'hui, je vous reçois pour vous faire un tour d'horizon sur la façon dont la République traite sa mémoire, son histoire, son patrimoine historique.
- Je voudrais d'abord, Thierry Lenz, parler de vous, dire que vous êtes l'exemple même de la réussite républicaine.
- Vous êtes le fils d'un ouvrier métallurgiste, Yvan-Eugène Lenz. On est en Moselle, dont on prend Lorraine.
- Donc on est en culture germanique autrefois, Lenz. Votre papa est ouvrier à l'usine sidérurgique de Agondange.
- Donc vous avez grandi à Agondange, cette grande usine qui a été fondée par la famille Thyssen et que Louis Renaud avait reprise ensuite pour compléter.
- Tout ça est mort, évidemment. Ça a été éradiqué comme...
- Il existait.
- Et votre maman, Blanche Rossi, probablement d'origine italienne.
- Oui, oui, oui.
- Donc on est vraiment dans la configuration classique d'une migration polonaise ou des pays de l'Est ou italienne.
- J'ai même une information exclusive pour vous.
- Allez-y. Ma grand-mère maternelle est née à Arcole.
- Oh ! Donc c'est vous dire que j'ai de qui tenir.
- Bon, ben on va faire le pont, justement. Ça tombe très bien.
- Et donc voilà, Thierry Lenz, fils d'Yvan et de Blanche. Et vous faites cette carrière universitaire.
- Et vous devenez l'historien que l'on connaît.
- Et ça veut donc dire que quand la République décidait de jouer à l'ascenseur social, eh bien les institutions marchaient bien, ce qui n'est peut-être pas toujours le cas aujourd'hui.
- Et on en reparlera.
- L'actualité nous rattrape. Le Louvre encore en grève.
- Thierry Lenz, comment une nation comme la France, une république aussi solennelle et prodigieuse, dotée d'un patrimoine historique, que ce soit architectural, monumental, culturel, aussi glorieux...
- Et l'on connaît le souci.
- Depuis André Malraux, ministre des Affaires culturelles, on sait que c'est un trésor.
- Comment est-ce qu'on peut arriver au point où on maltraite, on oublie, on néglige ? C'est stupéfiant.
- Écoutez, en effet, on aimerait bien le savoir.
- Alors il y a des enquêtes qui sont en train d'être menées, y compris par des parlementaires.
- On a découvert, finalement stupéfait, l'état dans lequel se trouvait ce soi-disant plus grand musée du monde.
- Du monde.
- Toujours appelé comme ça par ceux qui n'ont visité ni le Prado ni le Met à New York, etc.
- En surface, en quantité, en qualité, je suppose.
- Écoutez, enfin, en tout cas...
- Vous le connaissez, vous, le Louvre ? Oui, bien sûr.
- Oui, oui, oui, j'y vais assez souvent.
- J'y vais d'ailleurs demain voir la magnifique exposition David.
- Enfin, si le personnel veut bien nous laisser entrer...
- Est-ce que Napoléon est bien traité au Louvre ? Il me semble que oui, de mémoire.
- Oui, il est très, très bien traité.
- Il y a beaucoup d'objets d'art décoratif datant de l'époque napoléonienne.
- Puis il y a les grands tableaux, dont évidemment le couronnement de Notre-Dame le 2 décembre 1804 par...
- Alors, David...
- Oui.
- Donc...
Transcription générée par IA