Retranscription des premières minutes :
- Midi 14h, Sud Radio, la France dans tous ses états. Vous êtes bien sur Sud Radio. Perico Légas reçoit Christophe Ehojduval.
- Nous discutons du fléau informatif, les informations normatives, qui est le titre de l'ouvrage de Christophe Ehojduval, qui est conseiller d'État, mais qui n'est pas là aujourd'hui en tant que conseiller d'État. Et nous décryptons avec lui les enjeux. Et je vais dire, c'est un démon qui prend, qui saisit la société française et l'inflation normative. Nous sommes en ligne avec Philippe, qui nous appelle d'Arventeuil.
- Philippe, vous êtes chef d'entreprise, il me semble, c'est ça ? Eh oui, c'est ça. Je suis chef d'entreprise depuis 10 ans, à part officier.
- Avant, j'étais officier dans une norme internationale. Là, je suis à mon compte. Effectivement, les normes, c'est toute une affaire.
- Aujourd'hui, il y a 400 000 normes en France. Et les entrepreneurs, ils sont un peu comme Bugs Bunny. Et l'administration, c'est un peu le chasseur avec un fusil.
- Et on nous tire dessus.
- Avec ces normes-là, on ne sait jamais si on est en sécurité, si ce qu'on fait, c'est bien, tellement il y a de normes.
- Humainement, c'est ingérable. C'est pas qu'on veut mal faire comme entrepreneur. C'est pas qu'on veut pas appliquer les normes.
- Mais simplement, il y en a tellement qu'on se dit toujours « J'ai oublié quelque chose ». Et il n'y a pas de possibilité réelle de savoir si on est pile Barnax ou pas.
- Vous êtes un peu assisté quand même. Vous sentez que vous avez une formation ou, j'allais dire, un mode d'emploi de la gestion.
- Vous êtes livré devant la norme. On se débrouille pour remplir les conditions de formalité administrative.
- Voilà. On fait au mieux. Moi, j'ai fait une école de commerce quand j'étais gamin. Donc je pense que j'étais formé sérieusement. Je travaillais à des postes importants.
- Mais même moi, qui ai fait une vraie carrière dans l'édition automobile, par exemple, je peux vous dire une chose. C'est que quelque normal, même moi, qui ai quand même fait un bon background, on se trouve complètement perdus là-dedans. C'est un vrai marais, quoi.
- Concrètement, vous avez une aberration à nous citer.
- Oui. Par exemple, au niveau des assurances, il y a tellement de normes. Moi, j'ai une entreprise qui multiplie, qui fait plusieurs segments d'activité, donc du tourisme, de la vente de jouets et autres. Ça m'oblige à prendre... Chaque fois qu'il y a des normes, ça implique des responsabilités.
- Ça m'oblige par exemple à prendre plusieurs assurances et responsabilités civiles par rapport aux segments d'activité que j'ai. Et même dans des activités touristiques, je suis obligé d'avoir plusieurs responsabilités civiles en fonction des prestations.
- Donc je fais tellement il y a de normes. Et c'est pareil pour le personnel. Je ne peux pas faire travailler des gens qui ont un profit de 360 pour faire un cadrement.
- Il me faut des gens qui soient soit maître nageur, soit compagnon vélo, soit professeur de canoë, etc. On n'en finit pas.
- Merci, Philippe, pour ce témoignage. Vous restez avec nous, puisque Christophe et Hoche-Duval vont vous répondre.
- La situation de Philippe, c'est une situation que vous connaissez, qui arrive de plus en plus fréquente.
- C'est une situation, évidemment... Vraiment, ce sont les chefs d'entreprise.
- Alors il faut mettre là-dedans les artisans, les commerçants, les agriculteurs, qui sont peut-être à la pointe du ressenti de cette pression normative.
- Mais encore une fois, elle touche tout le monde. Et malheureusement, elle touche souvent beaucoup de citoyens et d'administrés qui ne s'en rendent plus compte.
- Parce que comme M. Jourdain, on avale de la norme sans plus savoir qu'on boit de l'eau. D'accord ? Je voudrais juste rectifier un détail. C'est un détail. Ce monsieur a donné un témoignage très fort, très important. Philippe, je le salue.
- Il a dit « La France aux 400 000 normes ». Alors ça, c'est une farce. Mon livre démontre que c'est une farce médiatique.
- Dans quel sens ? Ça n'existe pas. Voilà. On ne peut pas les compter, les normes. Et si on les comptait une par une, ce qu'on ne peut pas faire...
- Je vous mets au défi. Et... Donc c'est une...
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