Par Périco Légasse avec Rodolphe Cart
Jean-Luc Mélechon, l'histoire d'une imposture
Mélenchon, le bruit et la fureur. Portraits d’un révolutionnaire. On en parle avec Rodolphe Cart, auteur de "Mélenchon, le bruit et la fureur" éd. La Nouvelle Librairie
Retranscription des premières minutes :
- Midi 14h, Sud Radio, la France dans tous ses états, le face-à-face.
- Mais oui, vous êtes sur Sud Radio. Nous sommes le mercredi 7 janvier 2027. Il neige à foison sur le nord de la France.
- Et moi, je reçois Rodolphe Cartes pour parler d'un personnage, d'une grande personnalité française qui est Jean-Luc Mélenchon.
- Rodolphe Cartes est l'auteur de « Mélenchon, les bruits et la fureur, portrait d'un révolutionnaire ».
- C'est un portrait, enfin c'est un très très beau document. Alors c'est le quatrième ou cinquième biographie que je lis sur Mélenchon.
- On n'en sort pas forcément rassuré, mais on est interpellé quand même par le personnage.
- Rodolphe Cartes, vous êtes journaliste, vous êtes analyste. Bon, sur les réseaux sociaux, on ne vous épargne pas.
- Vous êtes marqué très à droite. Oui, j'assume totalement.
- Vous avez de mauvaises fréquentations, vous pensez mal. À un moment donné, j'ai même vu que vous étiez plus ou moins morassien.
- Enfin, on a tout... Et pourtant, il vous est arrivé d'écrire dans des médias et dans des revues où vous côtoyez Michel Onfray, par exemple.
- Front populaire, exactement.
- Donc voilà. Donc on est bien dans une distribution caricaturale un petit peu des étiquettes politiques.
- Malheureusement. Aujourd'hui, c'est le problème. Sur Sud Radio, nous recevons tout le monde.
- Nous parlons avec tout le monde. Et moi, je me réjouis de vous recevoir. Et en plus, votre ouvrage est intrinsèquement vraiment intéressant.
- On commence par l'actualité. Il y a le Venezuela. Les États-Unis sont allés capturer, entre guillemets, je ne sais pas quel terme il faut utiliser.
- On est prudents. Ils sont allés se saisir de la personne du président du Venezuela, Nicolas Maduro.
- On sait qu'il y a des liens.
- Il y a des liens anciens entre Mélenchon, la France insoumise, le Venezuela de Chavez, qui était un symbole, la continuité du guévarisme, du castrisme par le Venezuela.
- Aujourd'hui, où en est-on ? Ce sont des liens qui sont maintenus ? Ce sont des liens qui sont concrets, matériels ou seulement idéologiques ? Avec Jean-Luc Mélenchon, c'est déjà des liens, on pourrait dire, sentimentaux. Dans cette biographie, je reviens notamment sur sa naissance, à Jean-Luc Mélenchon, qui est né à Tangier.
- Tout à fait.
- Au Maroc, en 1951. Et c'est un enfant de la décolonisation. Alors de la décolonisation du Maroc. Mais par contre, c'est quand même une indication.
- Parce que déjà, à l'époque, vous savez, la fameuse phrase de Peggy « Tout est décidé avant qu'on ait 12 ans ». Ça marque une enfance, quand même.
- Et à l'époque, Mélenchon se construit contre sa famille, qui est une famille d'Européens, donc au Maghreb et partisans de l'Algérie française.
- À Tangier, où il y a beaucoup d'hispanophones.
- Exactement, exactement.
- D'ailleurs, Mélenchon, je crois, est un patronyme d'origine...
- Il est d'origine à la fois italienne et espagnole.
- Et espagnole.
- Donc il n'a pas de sang français. Et il ne l'est pas dans le territoire historique. Ça, c'est quelques indications aussi pour sa passion.
- Alors lui, il est vraiment créolisé, pour le coup. D'accord. Il est à savoir la colonisation.
- Et puis d'ailleurs, quand il revient dans des...
- Réussi. Créolisation aboutie. Parce que c'est en plus quelqu'un de cultivé et profondément...
- Ah bah oui, oui. Et d'ailleurs, quand il revient sur ce passé, souvent, il va vous parler des odeurs de cette société multiculturelle pacifiée.
- Alors c'est un peu une image idyllique, peut-être.
- On va y revenir. On va y revenir.
- Exactement. Et donc oui, ce tropisme sud-américain, il est vraiment ancien chez Jean-Luc Mélenchon.
- Quand il commence à s'investir au Parti socialiste, on est dans les années 70, il ne faut pas oublier que Jean-Luc Mélenchon va, comment dire, s'enraciner en Essonne sous les ordres de Claude Guermont, qui est un ancien baron féodal PS, comme on en faisait avant dans ces époques.
- Et à l'époque, déjà, Jean-Luc Mélenchon noue des liens avec la diaspora chilienne, qui a dû partir justement du continent sud-américain.
- Et il faut aussi comprendre que, vous l'avez très bien dit, le mythe...
- Le mythe sud-américain, dans les années 60, 70, 80, c'est un des mythes mobilisateurs de la gauche.
- Il y a des figures comme Che Guevara, des figures...
Transcription générée par IA