Retranscription des premières minutes :
- Midi 14h, Sud Radio, la France dans tous ses états, le face-à-face.
- C'est chic, le fric. Guillaume Bigot, merci d'être sur Sud Radio. Aujourd'hui, je ne pense pas que ça vous fasse violent.
- Comment ? Bien sûr, bien sûr, bien sûr. Et je vous ai invité parce que vous avez, on va l'écouter tout à l'heure, une superbe tirade sur les gaspillages de sommes publiques, j'allais dire conséquentes, pour des projets qui sont quelquefois hallucinants d'absurdité. Tout d'abord, Guillaume Bigot, je vous dis merci d'être là. Merci pour votre invitation.
- Nous nous connaissons. Je vous ai connu vierge de tout engagement politique. Vous étiez aux côtés d'une personne que nous vénérions qui était Jean-Claude Barraud à l'université, au Pôle Léonard de Vinci à Nanterre. Jean-Claude Barraud qui avait été président de l'Université de Paris. Oui.
- Prêtre ouvrier qui, ensuite, a fait de l'air insertion de jeunes drogués et délinquants, introduit à l'Élysée avec son épouse Ségolène, pas royale, Ségolène Barraud. Donc un homme, un saint homme, si je puis dire, qui nous a quittés l'an dernier, dont vous étiez très proche. Est-ce qu'on peut dire un petit mot de Jean-Claude Barraud ? Oui, oui, oui. On peut lui dire un mot. Je pense que je peux le reconnaître comme un maître. Lui-même avait des maîtres. Et il l'admettait volontiers. Donc chez Jean-Claude Barraud, le plus intéressant, le plus attachant, c'est la notion de transmission. Et Jean-Claude Barraud, toute sa vie, vous l'avez rappelé, Péricol et Gaze, dans des milieux sociologiques complètement différents, a eu à cœur de transmettre. Transmettre, d'abord, une culture immense. L'un de ses maîtres n'était autre que Fernand Braudel. Donc ça situe un peu le niveau du personnage. Et il était aussi cultivé, aussi fin et aussi intelligent qu'il était capable de parler absolument à tous les publics de manière extrêmement simple. Mais pas comme aujourd'hui le font certains politiques, c'est-à-dire en parlant aux vrais gens avec des éléments de langage. Pas du tout. Il avait d'ailleurs à cœur de ne jamais caricaturer, de ne jamais... Il adorait, disons, la vulgarisation. Mais c'était une vulgarisation exigeante. Et on a commis d'ailleurs avec lui deux bouquins qui s'appellent « Toute l'histoire du monde » et « Toute la géographie du monde ». Je l'ai dit d'autant plus facilement que j'ai tenu une petite plume.
- Et c'est lui qui a tenu la grande plume. Donc c'est vraiment un hommage que je lui rends aussi de conseiller à tous nos auditeurs ces livres, parce qu'il en a eu, il en a conçu l'idée. Et je pense qu'ils sont à son image, c'est-à-dire très forts.
- C'était un immense pédagogue. Et il avait l'air... Il avait l'art, j'allais dire, de démocratiser, de vulgariser des théories un peu complexes.
- Et quand on l'appelait, quand il y avait un enjeu de politique internationale, de géopolitique, il connaissait ce dossier par cœur. Il faisait une synthèse très pertinente.
- Synthèse remarquable. Et il avait cette idée, me semble-t-il, qui a été perdue. C'est-à-dire avant de juger, il faut comprendre. Pour comprendre, avant de juger, c'était aussi...
- Ça a l'air d'être un truisme, mais à l'époque du clash. Et il était quand même assez fort en matière de synthèse, et même de synthèse très frappante.
- Il avait des saillies parfois extraordinaires. Mais ça s'appuyait sur une longue réflexion.
- Et puis un fond chrétien, toujours dans la compassion, dans l'écoute de l'autre et dans la tolérance. Alors Guillaume Bigot, vous êtes un républicain, un patriote, c'est indéniable.
- J'allais dire quasiment fondamentaliste de la République. Pour qu'il en reste quelques-uns encore, oui. Gardez, gardez.
- Voilà, tout à fait. Engager.
- Engager, voilà, dans le monde universitaire, avec des ouvrages. Voilà.
- Le roi de l'Espire disait au début de la Révolution qu'il n'y avait pas deux républicains à Paris. Donc je pense qu'on est encore un peu plus nombreux que deux, Perricot.
- Tout à fait. Donc à mon avis, tous les espoirs sont permis pour la suite.
- Pour autant, vous avez choisi, on peut dire courageusement, même si vous vous exposez évidemment à la critique, vous avez choisi de franchir le rubicon de l'engagement politique.
- Et vous êtes aujourd'hui élu du Rassemblement national sur le territoire de Belfort. Je...
Transcription générée par IA