Retranscription des premières minutes :
- 12h14, Sud Radio, la France dans tous ses états, le face à face.
- L'intégrisme musulman est-il en train de noyauter la société et l'État ?Faut-il se méfier, redouter et voir combattre certains réseaux islamistes qui aujourd'hui constituent probablement une sérieuse menace pour la République ?On en discute avec Florence Bergeaud-Blacker, vous êtes anthropologue, vous êtes une scientifique universitaire, vous n'êtes pas une militante politique, au CNRS, et vous travaillez notamment au laboratoire du groupe Société, Religion, Laïcité de l'EPHE.
- Vous avez commis différents ouvrages, Caché cet islam, je suppose qu'il faut finir la phrase, que je ne saurais voir, le djihad par le marché, aspect du problème assez intéressant, et puis le dernier c'est le frérisme par ses réseaux, donc il y aurait des réseaux des frères musulmans.
- Étonnante situation, il faut attendre les travaux d'une anthropologue, d'une universitaire, pour être informé de tout cela, ou vous avez totalement fabulé, il ne se passe rien, tout va très bien, vous avez du temps à perdre, vous avez décrété qu'il y avait des réseaux islamistes qui étaient en train de noyauter l'État.
- Oui, vous avez raison de préciser d'où je parle, parce qu'effectivement quand vous parlez de ces questions qui fâchent, de l'islam et en particulier de l'islamisme, du marché halal, tout ça entraîne un certain nombre d'agitation, et on vous suspecte d'être islamophobe, d'être raciste, d'être blanc, etc.
- Vous êtes controversée d'ailleurs, vous avez eu des attaques, on vous a reproché.
- La seule chose qui est vraie c'est que je suis blanche, et ça ne me pose aucun problème.
- Mais voilà où est-ce qu'on en est arrivé le niveau de ce débat.
- Je suis chargée de recherche au CNRS, je le suis toujours, je continue mes recherches sans problème, mais évidemment quand je dis sans problème c'est sans soutien, sans soutien de l'université où je ne peux plus aller maintenant depuis deux ans suite à l'apparition du frérisme.
- Le frérisme et ses réseaux c'était il y a deux ans, celui qui vient de sortir s'appelle le djihad par le marché.
- Alors j'ai beaucoup travaillé sur la question du halal et j'ai repris en fait les éléments de mes recherches après donc la publication du frérisme parce que j'avais une vision plus claire en tout cas de la partie que je n'avais pas développée avant qui était les raisons pour lesquelles les mouvements fréristes, les mouvements islamistes, je définirais peut-être le mouvement frérisme.
- On en a la précision ensuite.
- Et donc les attaques sont permanentes, le harcèlement et les menaces qui m'ont amené à être sous protection policière depuis deux ans.
- Est-ce qu'il y a un fait précis ou un élément factuel qui a attiré au départ votre attention en disant là il y a un vrai problème, ça commence à constituer un problème ? En fait non, c'est pas exactement ça.
- En fait je suis complètement dans ma discipline, l'anthropologie c'est une discipline qui étudie les cultures, leurs transformations, les normes sociales, etc.
- Donc je suis complètement dans ma discipline.
- Le fait que ce que je raconte soit politisé, ça ne dépend pas de moi malheureusement.
- Après c'est vrai que notamment après le frérisme et ses réseaux et encore plus peut-être avec le djihad aujourd'hui, je me positionne parce que je pense qu'il y a un vrai danger pour notre démocratie.
- Et moi je ne peux pas m'imaginer vivre ailleurs que dans une démocratie et je sais qu'on ne fera pas de recherche universitaire sans démocratie.
- Donc c'est vital, c'est existentiel pour moi ce combat-là.
- Mais ce n'est pas un combat que je mène avant d'avoir bien démontré ce sur quoi je m'appuie.
- Ce que j'écris ce sont des démonstrations, ce sont autant que possible des travaux qui s'appuient sur d'autres travaux.
- Donc tout ça donne à ma parole un certain crédit.
- Et évidemment ça ne plaît pas à tout le monde.
- Ça ne plaît pas à ceux qui depuis des années soutiennent le mouvement frérisme, le mouvement islamisme, mais je définirais plutôt le mouvement frérisme.
- Et tout ça la fiche.
- Vous êtes à Bordeaux,...
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