Par Laurie Leclère avec Dr Olivier Dubois
Les stations Thermales, le point en cette fin d’année
Les stations thermales sortent d’une période d’incertitude. Le maintien du remboursement par la Sécurité sociale rassure le secteur.
Retranscription des premières minutes :
- A 6h35 sur Sud Radio, on va parler de ce soulagement pour les stations thermales.
- Après des semaines d'incertitude, le remboursement des cures va être maintenu à la mesure prévoyant de diminuer.
- Ce remboursement par l'assurance maladie a finalement été retiré du budget de la Sécurité sociale.
- Budget qui a été adopté le 16 décembre dernier.
- Et nous sommes avec le docteur Olivier Dubois, directeur des termes de sojons en Charente-Maritime.
- Bonjour docteur.
- Bonjour madame.
- Alors, le maintien de ce remboursement des cures thermales à 100% pour les patients atteints d'une infection longue durée, 65% pour les autres patients, je le disais, c'est un soulagement pour vous ? Écoutez, c'est un soulagement pour nous.
- Très honnêtement, vous l'avez dit, je suis médecin.
- Et c'est un soulagement aussi pour les patients.
- Parce que nous, les patients que nous recevons, ce sont des malades, ce sont des vrais malades.
- Et on a cette image, vous voyez, qui est un petit peu triste, de penser que la cure thermale, c'est un...
- C'est une thalassothérapie, en fait, pour des gens qui vont bien.
- En fait, non, c'est une prise en charge médicale très structurée avec une durée de prise en charge qui est longue, c'est-à-dire trois semaines.
- C'est comme pratiquement le temps d'une hospitalisation, vous voyez.
- Mais c'est pour des gens qui ont vraiment des troubles en psychiatrie.
- Par exemple, moi, je suis psychiatre.
- Mais dans d'autres spécialités, c'est plus pour des douleurs ou d'autres symptômes.
- Eh bien, vous avez vraiment besoin de ce temps, cette régénération, pour que le corps s'améliore.
- Et on a de nombreuses études qui montrent bien qu'il y a des modifications considérables.
- Et qui sont obtenues généralement au bout de plusieurs semaines et qui durent longtemps.
- Mais c'est vrai que c'est une médecine qui n'est pas moderne, qui n'a pas l'image de la technicité moderne, de la médecine ancienne, qui a d'ailleurs fait ses preuves sur la durée, sur le temps, puisque depuis 4000 ans, on en parle.
- Mais voilà, il y a ce défaut qu'elle ne fait pas moderne.
- Et elle est concurrencée par le bien-être qui lui donne cette image d'une médecine un peu inutile ou d'une médecine de riche ou d'une médecine de gens qui se plaignent, du petit bobo.
- C'est totalement erroné.
- Et pour vous, ça a dû être d'autant plus un paradoxe total, puisque la santé mentale est grande cause nationale de 2025, de 2026.
- Et c'est votre spécialité, vous nous le disiez à Sojon.
- C'est un excellent argument que vous donnez et qui, moi, personnellement, me choque considérablement.
- D'ailleurs, on a fait d'ailleurs avec Boris Cyrulny, Christophe André, Marcel Ruffaut, on a fait une tribune qui est parue très récemment, je crois début novembre, et qui dit ça, qui dit que c'est dommage au moment où la santé mentale se...
- Il faut comprendre que la santé mentale, c'est quoi ? La santé mentale, ce sont des gens qui sont en plus grande plainte.
- On n'a pas plus de malades psychiatriques en 2025 qu'en 2000 ou qu'en 1950.
- On a toujours 1% de schizophrènes, 2% de bipolaires.
- Ce qu'on a, c'est des gens qui sont déséquilibrés, qui ont une vie qui se passe mal, qui ont des tensions, qui ont un stress au travail, qui ont un burn-out, qui ont des psychotraumatismes.
- Ces gens-là sont en énorme croissance.
- Et ces gens-là, ils n'ont pas...
- Ils n'ont pas besoin d'augmenter considérablement leurs médicaments ou leur durée d'hospitalisation.
- Ils ont besoin de lieux de prise en charge où on va leur proposer une thérapie où ils vont associer de la psychologie, de la mise à distance de leurs problèmes personnels, de l'anxiolise, de la balnéothérapie qui les détend et qui leur permet de lâcher prise dans une dimension extrêmement sédative et dont on sait que le résultat sera durable au-delà de 4 à 6 mois.
- C'est toute une méthode de prise en charge qui correspond parfaitement à l'ère du temps. C'est ça le paradoxe.
- On a une méthode très ancienne qui est parfaitement adaptée à l'ère du temps.
- À l'ère du temps où on est stressé, à l'ère du temps où on a pas mal de pression.
- Les femmes de 45 ans, voilà, je...
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