
- Nom : Retailleau
- Prénom : Bruno
- Date de naissance : 20 novembre 1960
- Fonction : Président des Républicains
Jeunesse et origines
Bruno Retailleau naît le 20 novembre 1960 à Cholet, dans le Maine-et-Loire. Fils d'un négociant en grains, il est l'aîné d'une famille de quatre enfants. Il grandit à Saint-Malô-du-Bois, une commune du bocage vendéen située à quelques kilomètres du Puy du Fou. Son histoire familiale est profondément liée à ce territoire : son grand-père Lucien, puis son père Michel, ont tous deux exercé la fonction de maire dans son village d'enfance. Passionné d'équitation depuis l'âge de 10 ans, il s'intéresse très jeune au dressage ainsi qu'au cheval ibérique.
Études et formation
Il effectue sa scolarité secondaire au lycée Saint-Gabriel de Saint-Laurent-sur-Sèvre en Vendée, un établissement imprégné de la spiritualité montfortaine et mariale. Entre 1982 et 1983, il réalise son service militaire à Saumur en tant qu'élève officier de réserve au sein de l'École d'application de l'arme blindée cavalerie, y accédant au grade d'aspirant. Il obtient ensuite une maîtrise de sciences économiques à l'université de Nantes. Il complète sa formation à l'Institut d'études politiques de Paris (Sciences Po), dont il sort diplômé en 1985 (section service public).
Vie privée
Bruno Retailleau est marié à une femme médecin et est père de trois enfants. Catholique pratiquant, il est inspiré par des valeurs catholiques traditionalistes. Surnommé « Le Cardinal », il n'a aucun lien de parenté avec Sylvie Retailleau, l'ancienne ministre de l'Enseignement supérieur.
Premiers engagements et débuts professionnels
À sa sortie de Sciences Po en 1985, il prend la direction générale adjointe de la radio locale Alouette aux Herbiers, puis assume la direction générale de l'école de communication Sciencescom à Nantes de 1987 à 1994.
Parallèlement, dès l'âge de 17 ans, il est repéré par Philippe de Villiers alors qu'il participe comme cavalier bénévole à La Cinéscénie du Puy du Fou. Philippe de Villiers en fait rapidement son second et lui confie en 1987 la mise en scène de La Cinéscénie, une fonction qu'il occupera pendant vingt-deux ans. En 1989, il prend la présidence de la société anonyme du « Grand Parc ». En 1994, il adhère au parti de Villiers, le Mouvement pour la France (MPF). Son parcours au Puy du Fou est toutefois marqué par une controverse en 1997, lorsqu'il est impliqué dans un scandale de tricherie lors de l'émission télévisée Intervilles afin de faire gagner l'équipe du parc. Fin 2009, en raison de dissensions politiques croissantes avec de Villiers, il est brutalement exclu du Puy du Fou par le comité directeur, ce qui le conduit à rompre définitivement avec le MPF en 2010.
Carrière politique
- 1988-2015 : Conseiller général de la Vendée (canton de Mortagne-sur-Sèvre), réélu systématiquement au premier tour.
- 1994-1997 : Député de la Vendée (4e circonscription), siégeant parmi les non-inscrits en tant que suppléant de Philippe de Villiers.
- 1998-2004 : Vice-président du conseil régional des Pays de la Loire.
- 2004-2024 : Sénateur de la Vendée.
- 2010-2015 : Président du conseil général de la Vendée, succédant à Philippe de Villiers.
- Depuis 2012 : Adhère à l'UMP (puis Les Républicains) et prend la tête de la fédération de la Vendée.
- 2014-2024 : Président du puissant groupe UMP puis Les Républicains au Sénat.
- 2015-2017 : Président du conseil régional des Pays de la Loire.
- Depuis 2017 : Président du club de réflexion Force républicaine, succédant à François Fillon.
- 2024-2025 : Ministre de l'Intérieur au sein du gouvernement de Michel Barnier, reconduit avec le titre de ministre d'État dans le gouvernement de François Bayrou et le premier gouvernement de Sébastien Lecornu.
- Depuis mai 2025 : Président national du parti Les Républicains.
- Depuis novembre 2025 : Retrouve son siège de sénateur de la Vendée après son retrait du gouvernement.
- 19 avril 2026 : Désigné candidat officiel des Républicains pour l'élection présidentielle de 2027.
Temps forts de son parcours
Un conservatisme traditionaliste assumé et des polémiques régulières : Classé à l'aile droite ou libérale-conservatrice, il prône une « révolution pénale », s'est opposé à l'inscription de l'IVG dans la Constitution, au mariage homosexuel, et a voté contre l'interdiction des thérapies de conversion. Son parcours est jalonné de polémiques majeures, telles que ses déclarations sur une « régression vers les origines ethniques » lors des émeutes de 2023, ou encore sa consigne de vote polémique « pas une voix pour la gauche » lors d'une élection législative partielle en octobre 2025, interprétée par la critique comme un affaissement du front républicain face à l'extrême droite.
Une rupture radicale avec Philippe de Villiers : Longtemps bras droit de Philippe de Villiers au Puy du Fou et au MPF, il s'éloigne de lui face à la radicalisation du mouvement au milieu des années 2000. Son exclusion brutale du parc fin 2009 et son départ du MPF en 2010 marquent le début de son autonomie politique. Il rejoint l'UMP en 2012 et s'impose rapidement comme le chef de la droite sénatoriale de 2014 à 2024, puis comme le patron national de LR en mai 2025 en battant largement Laurent Wauquiez lors du congrès.
Un ministre de l'Intérieur de combat : Nommé Place Beauvau en septembre 2024, il y déploie une ligne d'une grande fermeté. Il multiplie les mesures de contrôle migratoire : circulaire durcissant les conditions de régularisation, prolongation de la rétention des étrangers "dangereux", accords de renvoi avec des pays tiers (Irak, Égypte), défense d'une loi contre le narcotrafic et relations strictes avec l'Algérie. Ses positions affirmant que « l'immigration n'est pas une chance » et que l'État de droit n'est ni « intangible » ni « sacré » provoquent d'intenses frictions politiques au sein de la majorité présidentielle.
Le "coup de sang" de 2025 et le retrait du gouvernement : Reconduit ministre d'État dans le gouvernement de Sébastien Lecornu I le 5 octobre 2025, il s'oppose avec virulence à la composition de l'équipe gouvernementale, reprochant au Premier ministre de lui avoir caché la nomination de Bruno Le Maire. En réaction, il refuse que son parti participe au gouvernement suivant et démissionne, provoquant la chute éclair du cabinet Lecornu en 14 heures et décidant de retrouver son siège au Sénat.
Candidat officiel de la droite pour l'Élysée en 2027 : Hostile à tout compromis avec le macronisme et partisan d'une droite qui « s'assume », il officialise sa candidature présidentielle en février 2026. Le 19 avril 2026, il remporte largement la consultation interne des militants LR avec 73,8 % des suffrages et devient le candidat officiel du parti pour 2027. Son programme s'articule autour de propositions migratoires radicales, incluant la suppression du droit du sol et la restriction du regroupement familial.