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Jean-Marie Le Guen, secrétaire d'Etat aux relations avec le Parlement.

Jean-Marie Le Guen, secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement, a défendu ce matin la fusion d'Alcatel Lucent avec Nokia, fustigeant "la vision capitulatrice" de ses détracteurs.

Invité politique de Sud Radio, le socialiste a estimé que "la France ne perd pas" un fleuron industriel avec Alcatel, mais elle fait un "mariage" de raison pour affronter les marchés mondiaux. Pour cela, elle trouve "une alliance", "regardez PSA qui s'est allié avec un chinois, et qui est reparti, et Renault qui s'est marié avec un Japonais et qui a survécu", illustre Le Guen.

"On ne perd pas un fleuron, on développe un acteur européen"

Selon le secrétaire d'Etat français, mieux vaut être "vigilant" au contraire, "pour que la France développe et ne perde pas" ses fleurons industriels. "Il faut avoir confiance dans la France pour développer la partie française d'Alcatel. On ne perd pas un fleuron, on développe un acteur européen" affirme-t-il. Par ailleurs, le secrétaire d'Etat ne veut pas que l'on "parte battu". "Nous avons des ingénieurs, de qualité, la taille des entreprises justifient de consolider aujourd'hui nos entreprises, c'est à dire de créer de géants mondiaux. Ainsi nous serons toujours compétitifs. Si nous regardons passez les trains, on restera sur le quai !" s'insurge-t-il. "Alcatel est présent en Chine, Nokia est présent sur d'autres marchés, donc il y a un intérêt à ce mariage. Je n'ai pas cette vision négative, d'abord parce que la direction de Nokia s'est engagée vis-à-vis du gouvernement français, et puis nous avons une série d'armes offensives et défensives aujourd'hui. Le fait par exemple que nous ayons le crédit "impôt recherche" fait que nous sommes l'un des pays les plus attractifs au monde en terme de recherche et développement. Nous avons tout un tas de moyens d'interventions, avec des entreprises françaises parmi les clients de ce nouveau géant, comme Orange (…) Et puis nous avons un rôle à jouer dans la bataille des réglementations mondiales", autant de leviers sur l'avenir du groupe selon Jean Marie le Guen. "Pourquoi voulez-vous que le site français soit moins compétent que les sites finlandais ou britannique ? interroge-t-il enfin. Nous avons des ingénieurs, des salariés français de très grandes qualités, compétents, des institutions de formation puissantes, un marché qui existe. S'il n'y avait pas ce mariage, peut être qu'un jour Alcatel n'aurait plus la taille pour affronter les marchés (...) Tous ceux qui croient que l'on peut rester à l'intérieur des frontières hexagonales, que ce soit pour les entreprises ou pour l'économie nationale – le discours par exemple du Front national qui veut sortir de l'Europe – ce sont des illusions et des perdants, c'est une vision capitulatrice de l'économie" termine le secrétaire d'Etat.
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